Les nucléoalbuminoïdes et les paranucléoalbu
téoses est alcaliniséc par l’ammoniaque et le carbonate d'ammoniaque, puis saturée de nouveau par le sulfate d'ammoniaque à la température d'ébullition, abandonnée une seconde fois au refroidissement, débarrassée par fdtration des dépôts qui se sont formés; enfin acidulée par l'acide acétique, et saturée une dernière fois de sulfate d'ammoniaque à la température d’ébullition.
80 LES SUBSTANCES PROTÉIQUES.
minoîdes, résultant delà combinaison de substances albuminoïdes et de nucléines ou de paranucléines.
L’hémoglobine sera étudiée en même temps que le sang. Nous nous bornerons ici à faire rapidement l’histoire des murines et des nucléoalbuminoïdes et paranucléoalbuminoïdes.
a. Les mutines. — Les mutines sont des substances colloïdes dont les solutions sont filantes et mousseuses. Bouillies avec un acide minéral étendu, elles se décomposent en substances albuminoïdes transformées (acidalbuminoïdes et protéoses) et hydrate de carbone.
Les mucines les mieux étudiées sont :
La mucine sécrétée par l'escargot.
La mucine des tendons.
La mucine de la glande sous-maxillaire.
Ces mucines présentent les propriétés suivantes :
Elles donnent les réactions colorées des substances albuminoïdes , réaction xanthoprotéique, réaction dubiuret, réaction de Millon, etc.
Elles sont insolubles dans l’eau ; mais elles peuvent se dissoudre dans les solutions alcalines très étendues en donnant des liqueurs à réaction neutre.
Ces solutions neutres de mucines ne sont pas coagulées à l’ébullition. Elles sont précipitées par l’alcool, si elles contiennent une petite quantité de sels minéraux (si elles sont absolument débarrassées de matières salines, elles ne sont pas précipitées par l’alcool).
L’acide acétique précipite les mucines de leurs
LES NUCLÉOALBUMINOÏDES.
solutions neutres, et le précipité est soluble dans un excès d’acide. L’acide chlorhydrique et l’acide nitrique, ajoutés en petite quantité, précipitent également les mucines, mais le précipité est soluble dans un excès d’acide.
Le chlorure de sodium ou le sulfate de magnésie dissous à saturation précipitent les mucines de leurs solutions neutres.
Ces notions permettent de caractériser une mucine contenue dans une liqueur.
1° La liqueur est filante et visqueuse :
2° La liqueur est 'précipitée par V alcool : le précipité obtenu, lavé, est insoluble dans l’eau, insoluble dans l’acide acétique, soluble dans l’acide chlorhydrique, soluble dans les alcalis dilués.
3e La liqueur est précipitée par l'acide acétique : le précipité est insoluble dans l’acide acétique ajouté en excès, mais soluble dans l’acide chlorhydrique, soluble dans les alcalis dilués.
4° Le précipité obtenu par l’alcool, ou par l’acide acétique, ou les solutions de mucines dans les alcalis ou les acides, donnent les réactions colorées des substances albuminoïdes.
5° Les solutions de ce précipité dans les acides minéraux sont décomposées par une ébullition prolongée : elles renferment alors une substance appartenant au groupe des hydrates de carbone et en général capable de réduire la liqueur de Fehling.
b. Les nucléo albuminoïdes et les paranacléoalbuminoïdes. — Ces substances peuvent être considérées comme résultant de la combinaison d’une substance
Uliim. physiol. — 2° édil.
82 LES SUBSTANCES PROTÉIQUES.
albuminoïde et d’une nucléine ou paranucléine, corps phosphorés.
Les nudéoalbuminoïdes sont insolubles clans l’eau, insolubles ou peu solubles dans les solutions salines neutres étendues; elles sont solubles dans les solutions diluées d’alcali, donnant des liqueurs à réaction neutre pourvu qu’on n’ait pas employé un excès d’alcali. Ces solutions neutres plus ou moins visqueuses de nudéoalbuminoïdes ne coagulent pas par la chaleur à la température d’ébullition.
Les par anudéo albuminoïdes sont également insolubles dans certaines solutions salines neutres étendues. Elles donnent avec les alcalis des solutions qui peuvent avoir une réaction neutre. Ces solutions sont en général beaucoup moins visqueuses que celles des nudéoalbuminoïdes.
Soumises à l’action du suc gastrique les nucléoet paranucléoalbuminoïdes sont décomposées : il se forme aux dépens de la substance albuminoïde qui entre dans la constitution de leur molécule des protéoses solubles ; — et il reste un résidu insoluble dans le suc gastrique ; résidu constitué soit par une nucléine, soit par une paranucléine, corps phosphorés.
Les nucléines et paranucléines sont des corps insolubles dans l’eau, dans l’alcool, dans l’éther, dans les acides minéraux étendus ; elles ne sont transformées ni par le suc gastrique, ni par le suc pancréatique. Elles sont solubles dans les alcalis dilués, et précipitées de ces solutions par l’acide acétique.
LES ACIDES NUCLÉINIQUES. 83
Traitées par les alcalis, les nucléines et les paranucléines se dédoublent en substance albuminoïde d’une part, en acides nucléiniques et paranucléiniques d’autre part.
Les acides nucléiniques sont des composés phosphorés, mais nullement sulfurés. Les nucléines au contraire sont à la fois phosphorées et sulfurées. Ils contiennent de 9 à 10 pour 100 de phosphore ; les nucléines n’en contiennent que 3 à 4 pour 100. Ils sont facilement solubles dans les alcalis étendus ; mais ne sont pas précipités de leurs solutions par l’acide acétique comme le sont les nucléines ; ils en sont seulement précipités par les acides minéraux étendus, un excès d’acide minéral redissolvant le précipité.
Les acides nucléiniques en solution acide possèdent la remarquable propriété de précipiter les albuminoïdes de leurs solutions sous forme de composés qui rappellent les nucléines par toutes leurs propriétés.
Soumis à l’action des acides minéraux étendus à la température d’ébullition, les acides nucléiniques sont décomposés, et parmi les produits de décomposition se rencontrent des corps basiques de la série xanthique, appelés par suite de leur dérivation possible des acides nucléiniques, les bases nucléiniques , l’adénine, la guanine, la xanthine, l’hypoxanthine, — de l’acide phosphorique — etc. On tend à admettre aujourd’hui que les acides nucléiniques et les nucléines dont ils dérivent sont des mélanges de corps correspondant respective-
84 LES SUBSTANCES PROTÉIQUES.
ment à l’une des bases nucléiniques : il y aurait un acide adénylnucléinique, un acide guanylnucléinique, etc.
Les acides paranuclèiniques sont également des composés riches en phosphore : ils en contiennent 8 p. 100 environ; les paranucléines n’en contiennent que 2 à 3 p. 100. Leurs produits de décomposition ne sont pas bien connus ; on sait seulement que parmi ces produits ne se trouvent pas les bases nucléiniques. C’est pour cette raison qu’au point de vue purement chimique il faut nettement séparer les acides paranuclèiniques des acides nucléiniques, et les paranucléines des nucléines.
Parmi les nucléoalbuminoïdes ileonvient de ranger un grand nombre de substances encore presque inconnues qui entrent dans la constitution des cellules des organismes vivants. Ces cellules ou tout au moins certaines d’entre elles contiennent outre des nucléoalbuminoïdes qui siègent surtout dans le protoplasma cellulaire, des nucléines qui se rencontrent plus particulèrement dans les noyaux. Enfin on rencontre même, dans la tête des spermatozoïdes, de l’acide nucléinique libre (1).
Parmi les paranucléoalbuminoïdes citons les caséines et les vitellines, dont il sera parlé à propos du lait et de l’œuf.
(i) On a malheureusement désigné sous e nom de nucléines bien des corps très différents. Ce mot a été appliqué aux nucléoalbuminoïdes, aux nucléines el même à l’acide nucléinique. C’est ce dernier composé qui, le premier de cette série de corps, a été préparé et étudié parMiescher qui l’avait appelé nucléine.