CHAPITRE VI
LE SANG
Sommaire. — Plasma et globules. Sérum et caillot.
Préparation du plasma : Cinq procédés : jugulaire, refroidissement, sels neutres, décalcifiants, protéoses.
Substances albuminoïdes du plasma : Sérumalbumine, sérumglobuline, fibrinogène.
Coagulation du sang : Pourquoi le sang coagule-t-il hors des vaisseaux ? Refroidissement, repos, contact de l’air, suppression du contact vasculaire. Comment le sang coagule-t-il hors des vaisseaux ? Fibrine de battage : propriétés de la fibrine. Substances albuminoïdes du sérum. La fibrine ne préexiste pas dans le plasma. Elle se forme aux dépens du fibrinogène du plasma. Relations entre le fibrinogène et la fibrine. La coagulation du sang est un phénomène de fermentation diastasique. Origine du fibrinferment. Rôle des sels de chaux dans la coagulation du sang. Quelques mots sur les principales théories de la coagulation du sang.
Le sucre du sang : Le sang contient une substance dextrogyre, réductrice, fermentescible. Dosage du sucre du sang : préparation de l’extrait du sang; titration de cet extrait. Glycolyse dans le sang — Le glycogène du sang.
Les globules rouges du sang. — Constitution et volume.
Matières colorantes d.u sang . i. Hémoglobine et oxyhémoglobine. Laquage du sang. Les oxy hémoglobines des sangs des différents animaux ne sont pas identiques, mais ne diffèrent pas profondément. Spectres d’absorption de l’hémoglobine et de l’oxyhémogiobine.
2. Dosage des matières colorantes du sang : méthode colorimétrique, méthode spectrophotométrique, méthode physico-chimique fondée sur la dissociation de l’ oxyhémoglobine, méthode chimique fondée sur la présence de fer dans les matières colorantes du sang.
3. Hémoglobines oxycarbonée et oxyazotée. 4. Produits de décomposition des matières colorantes du sang : a. Hématine et hémine. b. Hématoporphyrine.
Le sang circulant dans les vaisseaux est constitué par un liquide, le plasma sanguin, tenant en sus-
LE SANG
pension des éléments figurés qui sont de trois sortes : les globules rouges, les globules blancs et les granulations libres.
Retiré des vaisseauxet abandonné aurepos,le sang reste liquide pendant un temps variable suivant l’espèce animale, suivant les conditions physiologiques, etc., de b à 10 minutes en général chez les mammifères, il coagule alors assez brusquement, c’est-à-dire se transforme en une gelée cohérente, se rompant assez facilement en fragments irréguliers, sous la pression du doigt. Au moment de la coagulation, toute la masse est géli fiée, mais bientôt et spontanément cette masse se rétracte et expulse un liquide clair, de telle sorte qu’au bout de quelques heures la gelée sanguine. est remplacée par un bloc rouge assez ferme, rétracté, le caillot, entouré d’un liquide transparent, très légèrement jaunâtre, le sérum. Dans certains sangs dont la coagulation se fait lentement, et dont les globules ont une densité notablement plus grande que le plasma (par exemple le sang de cheval), le dépôt des globules est déjà partiel au moment où la coagulation se produit : les couches supérieures du caillot, ne contenant que fort peu de globules rouges, sont blanches ou jaunâtres, et constituent ce qu’on appelle la couenne du caillot.
Le caillot est constitué par les globules sanguins, englobés dans les mailles d’un réticulum dont les filaments sont constitués par une substance que nous apprendrons à connaître sous le nom de fibrine, substance qui n’existait pas en suspension dans le sang circulant.
le plasma sanguin.
Le sérum diffère donc du plasma par de la fibrine en moins. Nous verrons ultérieurement comment il faut modifier cet énoncé pour rester dans la vérité.
N’oublions pas que sérum et plasma ne sont pas des expressions synonymes : dans les vaisseaux il y a du plasma et non pas du sérum.
Pour obtenir du plasma sanguin, deux conditions doivent être réalisées : il faut empêcher le sang de coaguler, et il faut opérer la séparation des globules et du plasma dans lequel ils sont en suspension.
Différents procédés permettent d’avoir du sang non spontanément coagulable : il y en a b principaux :
1“ Procédé de la jugulaire.
2“ — du refroidissement .
3° — des sels neutres.
4“ — des décalcifiants.
5° — des protéoses.
1. Le sang est lluide et reste fluide dans les vaisseaux. Si donc on isole entre deux ligatures sur l’animal vivant un fragment de vaisseau rempli de sang, on pourra conserver ce sang liquide. Si on suspend verticalement ce fragment de vaisseau, les globules plus lourds se déposent au fond du plasma plus léger. L’expérience ne peut pratiquement être réalisée que sur la jugulaire du cheval, parce que Cbim. physiol. — 2° édit. 7