SANG COAGULÉ
Plasma. .
Globules
Sérum. Sérum.
LE SANG
le sang de cheval est le seul dans lequel les globules soient notablement plus lourds que le plasma, et par conséquent le seul dans lequel les globules se déposent réellement bien. Le cheval ne possède de chaque côté du cou qu’une veine jugulaire très longue, très grosse, dans laquelle viennent s’ouvrir deux ou trois petites veines.
Par une incision cutanée, on met à nu la jugulaire, on pose des ligatures sur les quelques petites veines qui s’y ouvrent, on isole la jugulaire, en la disséquant, des tissus voisins, et on pose sur cette veine deux ligatures, l’une à la base du cou, l’autre au voisinage de la tête. On sectionne au delà des ligatures, et on suspend la veine verticalement par l’une de ses extrémités. Les globules se déposent rapidement, et, après quelques minutes, on voit, par transparence à travers les parois vasculaires, les deux cinquièmes ou la moitié inférieure du vaisseau occupés par les globules rouges, surmontés d’une petite zone de globules blancs, — les trois cinquièmes ou la moitié supérieure du vaisseau occupés par un liquide translucide, fortement coloré en jaune, le plasma. En posant sur le vaisseau une ligature au niveau des couches profondes du plasma, on peut isoler un segment de jugulaire rempli de plasma.
Ainsi obtenu, le plasma est pur, mais il est instable. Dès qu’on le retire du vaisseau, il coagule.
2. Si l’on refroidit le sang rapidement au moment ou il est extrait du vaisseau, jusqu’à une température voisine de 0°. on peut le maintenir liquide. Si
LES PLASMAS SALÉS.
le sang refroidi est du sang de clieval, les globules se déposent rapidement, le plasma refroidi surnage. On obtient de bons résultats en employant 3 vases métalliques cylindriques, à parois minces, de diamètre croissant, introduits les uns dans les autres. Le vase intérieur est rempli de glace; l’espace annulaire qui existe entre le vase intérieur et le vase moyen, espace qui doit être très réduit, est laissé vide; l’espace annulaire qui existe entre le vase moyen et le vase extérieur est rempli de glace. On fait arriver le sang dans l’espace annulaire compris entre les deux enceintes de glace. Si cet espace est suffisamment mince, le sang peut être rapidement refroidi et la coagulation empêchée. Avec le sang de cheval, les globules se déposent : le plasma occupe les parties supérieures.
Gomme le précédent, ce plasma est pur, mais il est instable. Dès qu’il est réchauffé, vers 10° à 12°, il coagule.
Les procédés qui nous restent'à décrire fournissent des plasmas impurs, mais stables.
3. Lorsqu’on reçoit le sang, au sortir du vaisseau, dans une solution de sel neutre ( chlorure de sodium , sulfate de soude, sulfate de magnésie, etc.) suffisamment abondante et suffisamment concentrée, on obtient des mélanges salés, des sangs salés non spontanément coagulables.
On recevra, par exemple, le sang dans un égal volume d’une solution saturée de sulfate de soude, dans un égal volume d’une solution à 10 p. 100 de chlorure de sodium, dans un quart de son volume
LE SANG
d’une solution saturée de sulfate de magnésie. Dans le sang de cheval ainsi salé les globules se déposent assez rapidement, mais bien plus lentement que dans le sang refroidi; on le comprend d’ailleurs sans peine, -l’addition d’une forte proportion de sel au sang ayant notablement augmenté la densité du plasma.
Dans le sang salé de chien abandonné au repos, les globules ne se déposent plus d’une façon sensible : au bout d’un temps très long, il n’y a qu’une couche très petite du plasma. On doit alors soumettre ce sang salé à l’action de la force centrifuge. Lorsqu’on soumet à une rotation rapide autour d’un point un liquide tenant en suspension des éléments figurés un peu plus denses que ce liquide, ces éléments sont chassés vers la partie du vase la plus éloignée du centre de rotation. Si donc on imagine que du sang soit placé dans un tube disposé dans le plan de rotation, suivant un rayon du cercle de rotation, par la rotation les globules se rendront au fond du tube, se séparant du plasma. 11 existe des machines dites centrifuges qui permettent d’opérer facilement et assez rapidement cette séparation.
En abandonnant au repos du sang de cheval salé, ou en centrifugeant un autre sang salé, on obtient des plasmas salés stables , mais impurs, et ti’ès impurs, car la proportion de sels ajoutés est très grande.
4. Lorsqu’on ajoute au sang sortant des vaisseaux une proportion convenable d’un sel d’alcali capable de précipiter les sels de chaux, on rend ce sang non spontanément coagulable ; le sang est alors dit décul-
LES SANGS DÉCALCIFIÉS.
ci fié. Les sels à employer sont les oxalates neutres d'alcalis, les fluorures d’alcalis et les savons d’alcalis. 11 convient d’employer surtout les oxalates neutres (1).
Faisons arriver dans un vase, contenant 1 volume d’une solution d’un oxalate neutre d’alcali à lp. 100, 10 volumes de sang; ou faisons arriver dans un vase contenant 1 partie en poids d’oxalate neutre d’alcali pulvérisé, 1000 parties de sang sortant du vaisseau, et agitons vigoureusement pour dissoudre rapidement le sel; nous obtenons des sangs non coagulés : les sangs oxalatés à 1 p. IOuO ne coagulent pas spontanément. De même, les sangs fluorés à 1,5 ou 2 p. 1000 sont non spontanément coagulables. Les savons permettent également d’obtenir des sangs non spontanément coagulables, mais la quantité de savon qu’il faut ajouter est grande, en tous cas assez grande pour rendre le sang visqueux. Il convient dès lors d’employer seulement les deux premières sortes de sels, fluorures et oxalates, surtout les oxalates.
Les sangs décalcifiés, abandonnés au repos, laissent déposer leurs globules. Avec le sang de cheval, la séparation est terminée en un quart d’heure ou une demi-heure; — avec le sang de chien, la séparation se fait aussi en général rapidement; cependant, quelquefois il est nécessaire de favoriser la
(I) On peut employer également les citrates d’alcalis à la dose de 2 à 3 p. 1000. Ces sels ne précipitent pas les sels de calcium, et par suite ne peuvent pas être à proprement parler considérés comme décalcifiants; toutefois il est probable qu'ils agissent à la façon des sels décalcifiants en fixant les sels de calcium.
LE SANG
séparation par la centrifuge. On obtient ainsi un plasma décalcifié (oxalaté ou fluoré) impur, mais stable. Ce plasma présente sur le plasma salé le double avantage d’être peu chargé d’impuretés puisqu’il suffit de 1 p. 1000 de sel décalcifiant, — et d’avoir une densité sensiblement égale à la densité normale, ce qui facilite le dépôt rapide des globules.
b. Lorsqu’on injecte dans le système veineux du chien une solution de pi'otéoses (1) (par exemple, le produit obtenu par digestion gastrique de la fibrine, notamment le produit commercial connu sous le nom de peptone de AVitte) on rend le sang non spontanément coagulable.
On injecte, en général, 3 décigrammes (2) de protéoses pesées sèches par kilogramme de chien, ces protéoses étant dissoutes dans une solution de chlorure de sodium à 7 p. 1000, à raison de 1 partie de protéoses pour 10 parties de solution; l’injection se fait par la veine jugulaire vers le cœur, en une seule fois, et en 2 à 3 minutes. Cinq à dix minutes après l’injection on recueille le sang qui n’est plus spontanément coagulable. En soumettant ce sang à la centrifuge, on en sépare les globules et le plasma peptoné.
(1) Parmi les protéoses, les liéléroprotéoscs et les protoprotéoscs seules sont actives; les deuléroproléoses et les peptones n'ont pas d'action sur la coagulation du sang. Les protéoses dérivées de la fibrine peuvent être remplacées par des caséoses ou par des gélatoses ; toutefois ces dernières doivent être employées, surtout les gélatoses, à une dose notablement supérieure.
2) Ce nombre convient lorsqu’on emploie la peptone de Witle.