LES ALBUMINOÏDES DU PLASMA
Substances albuminoïdes du plasma. — Le plasma tient en solution une très forte proportion de substances albuminoïdes : 70 cà 80 p. 1000 chez l’homme, le cheval, le bœuf, etc.
Le plasma renferme 3 substances albuminoïdes :
1 Albumine.
2 Globulines
La sérumalbumine.
La sérumglobuline .
La substance fibrinogène.
Dans le plasma humain la proportion de ces substances oscille autour des nombres suivants :
45 parties sérumalbumine, )
30 — sérumglobuline, l pour i 000 de plasma.
4 — fibrinogène, J
et comme on peut admettre, au moins d’une façon sensiblement exacte, que le sang humain normal contient, pour 1 volume de plasma, 1 volume de globules, on peut admettre qu’il y a
22 parties sérumalbumine, )
15 — sérumglobuline, 1 dans 1000 de sang.
2 — fibrinogène, )
La sérumalbumine présente les propriétés générales des albumines (voir chap. IV, p. 71). Il suffira d’ajouter que la sérumalbumine coagule à une température voisine de 73° et présente un pouvoir rotatoire gauche.
Les globulines du plasma, la sérumglobuline et le fibrinogène présentent les propriétés générales des globulines (voir chap. IV, p. 71). Elles se
lOi
LE SANG
distinguent l’une de l’autre par les caractères suivants :
La sérum globuline (appelée aussi paraglobuline, substance fibrinoplastique) coagule à une température comprise entre 68° et 75° : lorsqu’on élève progressivement la température d’une solution de sérumglobuline, on constate que cette solution reste transparente jusqu’à 68°; à cette température, apparaît un louche qui augmente avec la température jusqu’à 75° en se transformant en flocons; la liqueur débarrassée des flocons produits à 73° peut alors être bouillie sans précipiter ni louchir. On résume ces faits en disant que la sêrumglobuline coagule à 68°-7S°.
Les solutions de sêrumglobuline peuvent être additionnées de sel marin à la température ordinaire jusqu’à en contenir 15 p. 100 sans précipiter. Loi’squ’elles sont saturées de sel marin à la température ordinaire, elles précipitent une partie, mais seulement une partie de leur sêrumglobuline.
Le fibrinogène coagule à 56°. Lorsqu’on élève progressivement la température d’une solution de fibrinogène jusqu’à 55°, la liqueur reste claire ; — on voit un louche apparaître vers 55° et augmenter rapidement pour une augmentation de quelques dixièmes de degré. A 56° il se forme de volumineux flocons : séparons par filtration ces flocons du liquide dans lequel ils ont pris naissance et continuons à élever la température de la liqueur audessus de 56° : la liqueur reste claire jusqu’à 64°; — à 64° apparaît un nouveau trouble qui augmente
FIBRINOGÈNE ET SÉRUMGLOBULINE. i OS
jusqu’à 72° environ. On résume ces faits en disant que le fibrinogène est dédoublé à 55° en deux substances : une coagulée à cette température, l’autre coagulable à 64°-72°.
Les solutions de fibrinogène sont précipitées, mais seulement en partie précipitées, lorsqu’à la température ordinaire elles sont additionnées de 15 p. 100 de chlorure de sodium. Elles sont au contraire totalement précipitées par le chlorure de sodium dissous à saturation à froid.
Si une liqueur contient à la fois du fibrinogène et de la sérumglobuline, on peut en retirer facilement du fibrinogène pur et de la sérumglobuline pure. Ajoutons 15 p. 100 de chlorure de sodium à la liqueur : il se produit un pi'écipité uniquement composé de fibrinogène. — Saturons de chlorure de sodium, il se produit un précipité comprenant la totalité du reste du fibrinogène et une partie de la sérumglobuline; — la liqueur débarrassée de ce précipité ne contient plus que de la sérumglobuline qu’on précipitera par exemple par le sulfate de magnésie dissous à saturation à froid.
On peut avoir intérêt à savoir si une liqueur renferme du fibrinogène, ou si ce fibrinogène est pur ou mélangé de paraglobuline.
Une liqueur contenant du fibrinogène coagule en général (1) à 56°. Supposons une telle liqueur; saturons-la de chlorure de sodium ; séparons par filtration le précipité :si la liqueur filtrée précipite par saturation de sulfate de magnésie, elle renferme de la sérumglobuline (non totale-
(i) Il faut dire en général et non pas toujours, parce que certains liquides qui contiennent du fibrinogène, ne coagulent pas à une température inférieure à 60°-6l°. Tels sont la plupart des liquides de transsudats. Cela tient à la présence dans ces liquides de certaines substances mal définies, qui ont la propriété d'augmenter la température de coagulation du fibrinogène.
LE SANG
inent précipitée, nous l’avons dit, par le chlorure de sodium à saturation); — si elle ne précipite pas par saturation de sulfate de magnésie, elle ne renfermait que du fibrinogène (totalement précipité, nous l’avons dit, par le chlorure de sodium à saturation).
On peut démontrer la présence de fibrinogène dans le plasma sanguin contenu dans les vaisseaux. Si une jugulaire de cheval, isolée pleine de sang, est suspendue verticalement, et si, après dépôt des globules, elle est chauffée, on voit se produire à 56° un précipité floconneux dans le plasma, précipité qui témoigne de l’existence de fibrinogène dans ce plasma.
Coagulation du sang. — 1. Le sang extrait des vaisseaux coagule. Pourquoi coagule-t-il?
Ou a cherché autrefois la cause de la coagulation du sang dans l’une des conditions nouvelles dans lesquelles se trouve le sang :
a. Le refroidissement ne peut expliquer la coagulation du sang. En effet, si l’on maintient le sang à la température du corps, la coagulation se produit, et se produit plus rapidement que dans le sang abandonné au refroidissement naturel. — Si au contraire on refroidit rapidement le sang à une température voisine de 0°, il ne coagule pas, ou ne coagule que tardivement.
b. Le repos ne peut expliquer la coagulation du sang. Sans doute, lorsqu’on agile le sang vigoureusement pendant quelques minutes après son extrac-
Suppression du contact vasculaire.