FIBRINE ET SERS DE CHAUX
modification sous l’influence du fibrinferment : le fibrinfer’ment n’agit sur le fibrinogène qu’en liqueur calcique, comme la pepsine gastrique n’agit sur les substances albuminoïdes qu’en liqueur acide. D’autre part les sels calciques prennent part à la constitution de la fibrine : la fibrine incinérée laisse toujours des cendres, et ces cendres contiennent toujours des sels de chaux, dont la proportion est sensiblement constante. La fibrine est un composé métalloorganique renfermant du calcium dans sa molécule.
Si donc la décomposition du fibrinogène par le fibrinferment est essentiellement un dédoublement, à côté de ce dédoublement prend place soit une combinaison, soit une substitution grâce à laquelle le calcium pénètre dans la molécule de l’un des termes du dédoublement.
En résumé, sous l'influence du fibrinferment , ferment soluble, dérivant des éléments de la couche des globules blancs hors des vaisseaux, le fibrinogène du plasma sanguin, en présence des sels calciques solubles du plasma, subit un dédoublement en deux substances, dont l’une, globuline coagidable à 64°, se retrouve dans le sérum, dont l’autre se précipite sous forme de substance organo-calcique, la flbrùie.
Toutefois cette conception du phénomène n’est pas universellement admise. Les uns ont pensé que le fibrinferment possède la propriété de fixer sur lui-même les sels calciques du sang pour les céder ensuite à une molécule protéique dérivant du dédoublement du fibrinogène et produire ainsi de la fibrine. Cette conception ne diffère pas essentielle-
LE SANG
ment de celle que nous venons de présente!'. Les autres admettent que les sels de chaux jouent un rôle inconnu encore dans la production du fibrinferment, mais une fois ce ferment formé, n’interviennent plus directement ou indirectement dans la formation de la fibrine, laquelle ne serait pas un composé albuminoïdo-calcique.
On ne peut pas encore se prononcer définitivement entre ces diverses conceptions.
Ces notions n’ont été acquises que lentement : plusieurs théories ont été successivement proposées. Nous ne voulons pas les décrire avec détails; nous voulons seulement indiquer les principaux faits successivement établis.
Denis {de Commercy ), traitant par le chlorure de sodium à saturation le plasma sanguin salé (plasma au sulfate de soude), détermine la précipitation d’une substance qu’il appelle plasmine. Cette plasmine se dissout dans l’eau, grâce au chlorure de sodium dont elle est souillée, et la solution ainsi obtenue possède la propriété de coaguler spontanément. Cette plasmine, dit Denis, n’est pas de la fibrine, puisqu’elle se dissout facilement et abondamment dans l’eau faiblement salée : la fibrine ne préexiste donc pas dans lé sang. La liqueur dans laquelle la plasmine a coagulé spontanément renferme encore une substance albuminoïde en solution; donc, dit Denis, par sa coagulation spontanée la plasmine se dédouble en fibrine concrète et en fibrine dissoute.
Nous savons aujourd’hui que la plasmine de Denis est un mélange de fibrinogène et de sérumglobuline ; — c’est cette sérumglobuline que Denis retrouve en solution après coagulation de la solution de plasmine. Elle ne résulte pas du dédoublement de la plasmine ; elle préexiste dans la plasmine.
Alexander Schmidt démontre que les liquides detranssudats ne coagulant pas spontanément, coagulent quand on les additionne de sang défibriné, de sérum ou de sé-