CARBONISATION. — INCINÉRATION
sans être décomposé, et par suite sans dégager de vapeur d’eau à 100°, à 102°, à 10S°. L’expression dessiccation n’a par conséquent de signification précise que si l’on indique la température de dessiccation. L’eau dégagée dans la dessiccation peut, nous le répétons, provenir, pour une partie, de substances organiques décomposées à la température de dessiccation.
Le terme carbonisation n’a pas une signification bien précise : on dit eu général qu’une substance est carbonisée, lorsque, réduite par l’action d’une température croissante en une masse charbonneuse noire et sèche, elle ne dégage plus, sous l’influence de la chaleur, de produits condensables, comme sont les hydrocarbures, etc. La température de carbonisation varie considérablement d’une substance organique à l’autre, d’un tissu à l’autre. La carbonisation est un stade par lequel passent les matières animales soumises à l’action de la chaleur croissante, mais ce stade n’a rien d’assez important et surtout d’assez précis, pour qu’il convienne d’en tenir compte en chimie physiologique.
Il n’en est pas de même de 1 ’ incinération. Une matière est incinérée lorsque toute la matière organique est totalement brûlée, lorsqu’il ne reste plus qu’un résidu purement minéral. Il suffit en général de porter la matière organique au rouge naissant pour obtenir une incinération parfaite.
La dessiccation des liquides et tissus organiques qu’ont coutume de faire les physiologistes est une dessiccation soit à 105°, soit à 110°. Cette dessiccation se fait toujours
LES MATIÈRES MINÉRALES
en plusieurs temps. Si la matière étudiée est un liquide, on l’évapore au bain-marie à siccité; si cette matière est solide, on la dessèche au bain-marie. La matière est ensuite desséchée à l’étuve à air à 100°, puis à l’étuve à air à 110°, jusqu’à ce que son poids reste constant. Il convient, avant de peser le résidu, de le laisser refroidir dans un exsiccateur à acide sulfurique, afin d’éviter toute absorption de vapeur d’eau par ce résidu, qui souvent est fort hygroscopique. Le résidu ainsi obtenu est appelé résidu sec.
U incinération doit également se faire en plusieurs temps. Supposons que la matière à incinérer ait été desséchée à 110°. Cette matière introduite dans une capsule de platine est chauffée peu à peu jusqu’à la température du rouge naissant : en élevant lentement la température on évite soit la mousse, soit les projections que provoquerait un dégagement trop rapide des gaz résultant de la décomposition do la matière organique. Au rouge naissant la matière est carbonisée, elle n’ est pas véritablement incinérée. Pour achever l’incinération, il conviendrait d’élever encore notablement la température; mais on volatiliserait ainsi une partie des sels alcalins, notamment les chlorures alcalins, contenus dans le résidu de carbonisation. Si en effet les chlorures alcalins ne sont pas sensiblement volatils au rouge naissant, ils sont volatils à une température un peu supérieure. 11 convient donc d’épuiser par l’eau le résidu de la carbonisation afin de dissoudre les sels solubles qu’il contient. Cet extrait aqueux du résidu de carbonisation contient une partie des substances minérales de la matière analysée, mais n’en contient qu’une partie: en évaporant cet extrait aqueux, on obtient un premier résidu minéral a.
Le résidu de la calcination épuisé par l’eau ne contient plus de sels volatils: on peut alors l’incinérer eu élevant sa température jusqu’à ce que toute trace de charbon ait disparu. 11 reste un second résidu salin b. En réunissant les résidus salins a et b, on obtient la totalité des cendres de la substance étudiée.
11 est possible que dans cette incinération une partie