LES PIGMENTS DU MUSCLE
remplit les nombreux vaisseaux compris entre leurs fibres, partie à l’hémoglobine de leur propre tissu. La fibre musculaire est en effet colorée en rouge comme le globule rouge du sang par l’hémoglobine et par l’oxyhémoglobine : en faisant macérer clans l’eau un muscle débarrassé de sang par lavages intravasculaires, on obtient une liqueur présentant à l’examen spectroscopique les raies de l’oxyhémoglobine.
On a décrit dans le muscle une autre substance colorante, la myohématine, caractérisée par son spectre d’absorption : il y aurait même une myohématine et une oxÿimy ohé mâtine dérivant l’une de l’autre par oxydation ou par réduction, comme l’hémoglobine et l’oxyhémoglobine. On a contesté l’existence de ces substances qui n’ont jamais été préparées, et qui ne sont connues que grâce à leur spectre d’absorption : on a dit que ces substances sont des produits de transformation de l’hémoglobine du muscle par les réactifs employés. La question n’est pas encore définitivement résolue : cependant nous admettrons l’existence de cette substance, parce que sa présence a été constatée dans les muscles des insectes, lesquels, on le sait, ne possèdent pas d’hémoglobine : donc, au moins chez ces êtres, la myohématine ne provient pas d’une transformation de l’hémoglobine par les réactifs*
Les matières extractives du muscle sont les unes ternaires, les autres azotées, les autres minérales*
Les substances minérales du muscle sont les
LE MUSCLE
substances minérales de tous les tissus, chlorures et phosphates, sels de potassium, de sodium, de calcium et de magnésium. Mais il convient de signaler la richesse du muscle en phosphore et en sels dépotasse, sa pauvreté relative en sels de soude et en chlorures. En voici un exemple :
1000 parties de muscle contiennent:
Potasse 4,65
Soude 0,77
Chaux et magnésie 0,50
Acide phosphorique 4,64
Chlore 0,67
Parmi les substances ternaires du muscle, signalons le glycogène, l’inosite, la glucose, l’acide lactique.
Le muscle contient du glycogène en quantité variable, de 1 à 10 p. 1000. En étudiant le foie, nous décrirons les procédés de préparation et de dosage du glycogène du foie: ces procédés sont applicables au muscle ; nous ne les développerons pas ici. Disons seulement que le procédé le plus généralement employé pour démontrer la présence de glycogène dans le muscle, et doser cet hydrate de carbone, consiste essentiellement à dissoudre totalement, à l’ébullition, le muscle dans une solution de soude caustique, à raison de 4 parties de soude pour 100 parties de muscle, et dans cette liqueur qui contient des alcalialbuminoïdes, des protéoses, du glycogène non altéré (car le glycogène, nous l’avons dit précédemment, n’est pas altéré par la soude caustique, même à l’ébullition), etc., à pré-
l’actde sarcolactique.
cipiter les alcalialbuminoïdes par neutralisation, les protéoses par la liqueur de Brücke et l’acide chlorhydrique, et le glycogène par l’alcool.
L 'ùwsite est un hydrate de carbone répondant à la formule des glucoses, C6H120G. C’est une substance soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool fort, insoluble dans l’éther. Cette substance cristallisable ne possède pas de pouvoir rotatoire, elle n’est pas réductrice, elle ne fermente pas par la levure de bière, caractères qui la séparent profondément des glucoses que nous avons étudiées : glucose, lévulose et galactose. — L’inosite peut subir la fermentation lactique.
La préparation et le dosage de l’inosite sont des opérations délicates que nous négligeons de décrire. Le muscle contient de 0,1 à 0,3 p. 1000 d’inosite.
Le muscle vivant et reposé ne contient que fort peu de sucre ; le muscle séparé du corps contient un peu de sucre. On sait que ce sucre est un sucre réducteur, fermentescible, dextrogyre, mais on ne sait pas si ce sucre est de la glucose ou de lamaltose.
Le muscle vivant et reposé a une réaction neutre ; le muscle vivant et fatigué et le muscle mort et rigide ont une réaction acide. Cette réaction acide est due à la présence d’un acide lactique. L’acide lactique qu’on trouve dans le muscle porte le nom d’acide sarcolactique : il diffère de l’acide lactique qui .se forme dans le lait abandonné à l’air, aux dépens de la lactose, ce dernier portant le nom d’acide lactique de fermentation. L’acide sarcolac-
LE MUSCLE
tique est dextrogyre, l’acide de fermentation est inactif sur la lumière polarisée ; leurs sels de chaux et de zinc diffèrent par leur solubilité et par leur teneur en eau de cristallisation.
Ces acides lactiques préparés purs sont des liquides sirupeux, fortement acides au goût et aux papiers réactifs, solubles dans l’eau, dans l’alcool, dans l’éther.
Parmi les substances extractives azotées du muscle, citons la créatine et des substances de la série urique ou xanthique.
La créatine est une substance quaternaire, composée de carbone, hydrogène, oxygène et azote. C’est une substance cristallisable, soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool et dans l’éther. La créatine, que nous n’avons pas à connaître d’une façon détaillée, présente deux réactions importantes à connaître pour le physiologiste. — Bouillie avec de l’eau de baryte caustique, elle se décompose en fournissant divers produits, parmi lesquels se trouve l’urée. — Bouillie avec les acides dilués, elle perd de l’eau et se transforme en créatinine, substance qu’on trouve en très petite quantité dans le muscle, et en quantité assez grande dans l’urine.
C*H"Az302 = H*0 + OWAzSO Créatine. Créatinine.
Le muscle contient une assez grande quantité de créatine, 2 à 4 p. 1000: la créatine peut être considérée comme un produit de désassimilation des substances albuminoïdes du muscle. On ne retrouve