LE GLYCOGÈNE DU FOIE
constant la proportion du sucre répandu dans* tout l’organisme.
Ce qu’il importe de connaître, par conséquent, ce sont les hydrates de carbone du foie.
Le foie contient du qlycoçjène : on peut le démontrer, soit par une réaction histochimique, soit par une préparation chimique.
Le glycogène se colore en brun acajou par la liqueur iodo-iodurée de Gram (voir p. 55) : traitons par ce réactif un fragment de tissu hépatique ou des cellules hépatiques dissociées, nous verrons, en examinant au microscope ces éléments, autour du noyau de la cellule des globules très nettement brun acajou. Cette réaction montre que le glycogène se trouve dans l’intérieur de la cellule hépatique, constituant de petits granules, disposés autour du noyau, et répandus par zones irrégulières dans le protoplasma cellulaire.
Le glycogène, nous l’avons dit précédemment, est soluble dans l’eau, donnant des solutions opalescentes, et insoluble dans l’alcool ; transformé, à l’ébullition en présence d’acides dilués, en sucre réducteur et fermentescible.
Faisons bouillir le foie haché et broyé avec de l’eau, nous obtenons une liqueur très fortement opalescente. Cette liqueur, traitée par l’alcool, donne un précipité blanc floconneux abondant. Ce précipité lavé à l’alcool et desséché se colore en brun acajou par la solution iodo-iodurée ; épuisé par l’eau, ce précipité lavé et desséché donne des solutions qui, après ébullition avec l’acide chlorhydrique
LE FOIE ET LA BILE
dilue, réduisent la liqueur de Fehling et fermentent par la levure de bière : le précipité contient donc du glycogène.
Mais ainsi obtenu le glycogène est fort impur; l’alcool précipite non seulement le glycogène, mais encore les substances protéiques non coagulées contenues dans l’extrait de foie. Pour obtenir un glycogène pur, en se servant du foie comme matière première, il faut séparer, dans l’extrait aqueux du foie, le glycogène des substances protéiques. On y parvient en traitant cet extrait aqueux par la liqueur de Brücke et l’acide chlorhydrique : les substances protéiques sont précipitées : le glycogène reste en solution. Dans la liqueur ainsi débarrassée des substances protéiques, il suffît d’ajouter de l’alcool pour précipiter le glycogène. — Ainsi obtenu le glycogène ne contient pas de substances protéiques, mais il contient en général des sels métalliques, notamment du chlorure de sodium (provenant de la liqueur de Brücke chlorhydrique). Pour le purifier, on peut le dissoudre dans l’eau, et soumettre la solution à la dialyse en présence d’eau distillée : les sels métalliques dialysent; le glycogène, substance colloïde, ne dialyse pas. La solution débarrassée de la plus grande partie de ses sels est précipitée par l’alcool fort. On obtient ainsi le glycogène dont nous avons étudié les propriétés au chapitre III.
Le physiologiste doit pouvoir non seulement reconnaître le glycogène dans le foie, et l’en retirer, mais encore l’y doser.