LE GLYCOGÈNE DU FOIE
Le dosage se fait comme la préparation ; — il convient toutefois de faire bouillir le tissu hépatique haché un grand nombre de fois avec une nouvelle quantité d’eau pour dissoudre la totalité du glycogène. Les extraits aqueux, réunis et concentrés à l’ébullition, sont débarrassés des substances protéiques qu’ils contiennent par la liqueur de Brücke et l’acide chlorhydrique ajoutés après refroidissement du liquide (car à chaud l’acide chlorhydrique pourrait transformer une partie du glycogène en sucre), et précipités par 2 volumes d’alcool à 95 p. 100. Le précipité est lavé à l’alcool à 60 p. 100, puis à l’alcool à 95 p. 100, puis à l’éther, desséché dans le vide jusqu’à poids constant, et pesé.
L’épuisement complet du foie par l’eau bouillante est une opération très longue ; il est même difficile de savoir si l’épuisement est complet. Aussi procède-t-on avec avantage de la façon suivante : on fait bouillir le foie avec 4 p. 100 de son poids de soude caustique dissoute dans l’eau : le tissu hépatique est ainsi complètement dissous : les substances protéiques sont transformées en alcalialbuminoïdes ouprotéoses; le glycogène n’est pas altéré. On précipite les alcalialbuminoïdes par neutralisation, et dans la liqueur obtenue par filtration, on détermine le glycogène, comme dans la méthode précédente, en achevant la précipitation des substances protéiques par la liqueur de Brücke chlorhydrique, puis précipitant le glycogène par l’alcool.
La quantité de glycogène contenu dans le foie des mammifères est très variable. Elle est ordinairement de 30 à 40 p. 1000, mais dans certains cas, notamment après un repas riche en hydrates de carbone, elle est beaucoup plus considérable et peut atteindre 100 à 120 p. 1000.
Lorsque le foie est en place sur l’animal vivant, il contient du glycogène; mais il ne contient pas
LE FOIE ET LA BILE
d’hydrate de carbone réducteur ; il ne contient pas de sucre, ou du moins il ne contient que de très petites quantités de sucre.
Lorsque le foie est séparé du reste de l’organisme et abandonné pendant quelque temps à la température ordinaire, ou mieux encore à 40°, une partie du glycogène contenu dans les cellules hépatiques se transforme : un sucre réducteur et fermentescible se forme à ses dépens. Au bout d’un temps variable suivant la quantité de glycogène du foie et suivant la température, la totalité du glycogène a disparu, s’est transformée en- sucre.
Lorsque le foie est bouilli, le glycogène ne se transforme plus en sucre : l’agent de la transformation est donc détruit par l’ébullition. Lorsque le foie est haché en présence d’une solution de lluorure de sodium à 1 p. 100 (qui lue les éléments vivants), il conserve la propriété de transformer son glycogène en sucre : l’agent de la transformation n’est donc pas la cellule vivante.
Cette transformation se fait dans le foie extrait du corps par l’action d’un ferment soluble amylolytique, analogue mais très vraisemblablement non identique au ferment que nous rencontrerons dans la salive, le suc pancréatique, et en général dans la plupart des liquides et tissus organiques.
Cette transformation qui s’accomplit dans le foie extrait du corps se produisait- elle pendant la vie ? Oui, répondent la plupart des physiologistes : le foie contient du glycogène, il contient un ferment soluble capable de le transformer en sucre : le sucre