‹ Eléments de chimie physiologiqueChapitre 98 sur 137 · LAC1DE CL1L0RHYDR1QUE LIBRE · texte numérisé non relu

LAC1DE CL1L0RHYDR1QUE LIBRE

l'acide chlorhydrique libre. Le suc gastrique ne contient pas d’acide chlorhydrique libre.

Cependant la plupart des auteurs considèrent dans le suc gastrique Y acide chlorhydrique libre et Y acide chlorhydrique faiblement combiné. — Nous ne pouvons admettre ces distinctions, nous avons dit pourquoi ; d’ailleurs ce qu’un auteur appelle acide chlorhydrique libre, tel autre ne le considère pas comme acide libre.

Tel auteur admet que le suc gastrique contient de l’acide chlorhydrique libre, quand il fait passer au bleu le violet de méthyle ; tel autre, quand il fait passer au vert le vert brillant; tel autre, quand il bleuit le rouge congo ; tel autre, quand il décolore la fuchsine ; tel autre enfin quand, évaporé à consistance sirupeuse, il dégage des vapeurs chlorhydriques.

L’acide chlorhydrique ainsi considéré comme libre ne l’est pas réellement. D’ailleurs il arrive souvent qu’un suc gastrique examiné avec l’un des réactifs que nous venons d’indiquer, le rouge congo, par exemple, contient de l’acide chlorhydrique dit libre, et examiné avec un autre réactif, le violet de méthyle, par exemple, n’en contient pas.

Accessoirement le suc gastrique contient des phosphates acides: lorsqu’une liqueur contient des phosphates et présente une réaction acide, une partie au moins de l’acide phosphorique est à l’état de phosphates non saturés.

Accidentellement le suc gastrique contient de Y acide lactique, qui provient d’une Iransformation

LE SUC GASTRIQUE

des hydrates de carbone de l’alimentation par le microorganisme connu sous le nom de ferment lactique.

Cet acide lactique peut être mis en évidence par la réaction d’Uffelmann. L’acide lactique possède la propriété de décolorer la liqueur violette obtenue en mélangeant une solution étendue de perchlorure de fer et une solution étendue de phénol.

Lorsque le suc gastrique contient de l’acide lactique, ou, en général, des acides organiques, il est possible d’extraire ces acides par l’éther. Lorsqu’on agite avec de l’éther une solution aqueuse d’un acide minéral, tel que l’acide chlorhydrique, la presque totalité de l’acide reste en solution dans l’eau. Lorsqu’on agite avec de l’éther une solution aqueuse d’un acide organique, tel que l’acide lactique, la presque totalité de l’acide passe en solution dans l’éther. — Les composés chlorés organiques acides du suc gastrique se comportent vis-à-vis de l’élher comme les acides minéraux : ils restent en solution dans l’eau.

Étant donné un suc gastrique, on peut se proposer de déterminer l’acidité totale, l’acidité due aux acides organiques, l’acidité due aux composés minéraux (sels acides et composés organiques chlorés), la quantité des composés organiques chlorés.

Pour doser Yacidité totale , il faut faire une détermination acidimétrique du suc gastrique en présence du tournesol, c’est-à-dire déterminer la quantité d’une solution alcaline titrée, capable de neutraliser la liqueur.

Pour doser Yacidité due aux acides organiques, le suc

l'acidité du suc gastrique.

gastrique est agité avec de l’éther qui dissout les acides organiques. La liqueur éthérée est évaporée, le résidu dissous dans l’eau et la solution aqueuse dosée acidimétriquement.

Pour doser V acidité due aux composés minéraux (sels acides et composés organiques chlorés) il faut, en agitant le suc gastrique avec de l’éther, le débarrasser des acides organiques qu’il peut contenir, et en déterminer l’acidité en présence du tournesol.

Pour déterminer la quantité des composés organiques chlorés , ce que plusieurs auteurs appellent Yacide chlorhydrique libre , un grand nombre de méthodes ont été proposées ; on peut les ranger en trois groupes principaux.

Les méthodes du premier groupe consistent essentiellement à neutraliser le suc gastrique par une solution alcaline titrée, en présence de réactifs indicateurs convenablement choisis, tels que la fuchsine, le rouge congo, l’éosine etc. On admet que la solution alcaline ajoutée neutralise tout d’abord les composes chlorés organiques acides, à l’exclusion des sels acides du suc gastrique : les réactifs indicateurs permettent de saisir le moment où cette saturation est terminée. — Ces méthodes sont mauvaises , parce que rien ne prouve que les combinaisons chlorées organiques acides sont exclusivement saturées par la soude avant les autres substances à réaction acide du suc gastrique, notamment les phosphates acides ; — parce qu’aussi les réactifs indicateurs employés peuvent indiquer que la saturation des composés organiques chlorés acides est terminée alors qu’elle ne l’est, en réalité, pas encore.

Les méthodes du second groupe consistent essentiellement à doser le chlore total du suc gastrique d’une part, et le chlore des composés qui ne sont pas détruits à la température d’incinération d’autre part. La différence des deux nombres obtenus représente le chlore des composés organique chlorés. — Le dosage du chlore total se fait après incinération en présence du carbonate de soude qui retient l’acide chlorhydrique mis en liberté; — le dosage

LE SUC GASTRIQUE

(lu chlore dit minéral se fait après incinération du suc gastrique. Les cendres, dans l'un et l’autre cas, sont dissoutes dans l’eau acidulée par l’acide nitrique ; les chlorures dissous sont précipités par l’azotate d’argent ; le précipité de chlorure d’argent est lavé, desséché et pesé. — On en déduit le poids de chlore correspondant. — Ces méthodes sont mauvaises, parce que, pendant la dessiccation et surtout pendant l’incinération, une partie de l’acide chlorhydrique provenant de la dissociation des composés chlorés organiques acides peut être retenue par les phosphates monométalliques d’alcalis contenus dans le suc gastrique; — inversement, par suite d’une action des phosphates dimétalliques alcalino-terreux du suc gastrique, une partie des chlorures métalliques est décomposée et de l’acide chlorhydrique est mis en liberté. Il y a ainsi deux causes d’erreur en sens inverse, ne se compensant pas nécessairement l’une l’autre. Il y a donc une erreur, soit en plus, soit en moins, dont il est impossible de déterminer une valeur approximative et même le sens.

Les méthodes du troisième groupe consistent à transformer les composés organiques chlorés acides en chlorure de baryum, par addition au suc gastrique de carbonate de baryum, dessiccation et incinération du mélange. Le résidu est formé de carbonate de baryum non transformé, — de phosphate de baryum résultant de l’action des phosphates acides du suc gastrique sur le carbonate de baryum, — de chlorure de baryum et des sels du suc gastrique. Parmi ces différentes substances, un seul sel de baryum est soluble dans l’eau : c’est le chlorure de baryum, provenant de l’action des composés organiques chlorés acides sur le carbonate de baryum. Dans l’extrait aqueux de ces cendres, il suffît donc de doser le baryum pour en déduire la quantité de chlore des composés chlorés organiques acides du suc gastrique. Ce dosage du baryum se fait en précipitant par le sulfate de soude en présence d’acide chlorhydrique :1e précipité de sulfate de baryum insoluble est lavé, desséché, calciné et pesé.

Ces méthodes ne présentent pas les causes d’erreur

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