XX INTRODUCTION HISTORIQUE
cieose des iustrunients de chirurgie à son époque, mais ses œuvres ne prouvent pas qne la chirurgie ait alors accompli de grands progrès sur celle de Fépoque de Galien. La cautérisalîon avait pris un développement considérable, ainsi qu'on peut en juger par la lecture des livres sur les apostèmes ou abcès. Abulcasis ouvrait avec le fer rouge les abcès du foie. Cependant, la chirurgie n*a pas progressé par les Arabes; il semble même évident que la chirurgie des Arabes est inférieure à la chirurgie grecque, et que les notions pratiques et opératoires aient été affaiblies dans leur précision, en passant par les vulgarisateurs arabes.
Durant la période arabe, la médecine, en Occident, n'était pas entièrement dépourvue d'enseignement; Théodoric avait conservé les écoles impériales, et même s'occupait de la position civile des médecins en les favorisant (code lombard). Sous l'impulsion de Grégoire le Grand, des écoles étaient fondées en Grande-Bretagne. C'est d'Angleterre que vint l'instituteur de Charlemagne, Alcuin. Grâce aux recherches de Daremberg, on sait que dans les vii^, viii** et ix* siècles, Bippocrate, Galien, Oribase, étaient traduits et enseignés dans les écoles par les moines, les clercs, et même par des laïques. Sous Charlemagne, la chirurgie était séparée de la médecine, au moins dans la pratique. Mais c'est en Italie que florissait l'école la plus importante : Salerne était devenue le centre des études pour l'Occident; et, pendant plusieurs siècles, du vu* au xi% elle fut méthodique; elle traduisit et vulgarisa les classiques, puis elle se laissa peu à peu envahir par les traductions des livres arabes. Auparavant, la Civitas hippocratica avait été l'école detous les médecins enseignants de France, de Germanie, d'Angleterre et d'Espagne; elle fut l'inspiratrice des écoles de Paris et de Montpellier. Il faut avouer que cette époque si intéressante pour le médecin n'a pas produit d'œuvres chirurgicales nouvelles; cependant Salerne forma des chirurgiens, et les chirurgiens des armées venaient de cette ville, ou, comme Gilles de Corbeil, médecin de Philippe-Auguste^ avaient d'abord professé à cette école.
L'influence des Arabes fut considérable pendant tout le moyen âge, Salerne elle-même contribua à l'étendre; les traductions latines des livres arabes qui se répandirent vers le xi* siècle dans tout l'Occident acquirent assez de prépondérance dans l'enseignement pour faire désigner sous le nom i^Arabistes les nombreux vulgarisateurs de la science arabe.
§ YIII. — La ehirarsie du XIII au XV* «lécle.
Cette période, qui termine le moyen âge, peut être considérée dans son ensemble comme la préparation de la Renaissance; elle représente l'influence des universités qui, au moins en France, furent créées ou constituées dans les premières années du xiii* siècle; cependant, si, considérant l'histoire de la philosophie et des lettres, on a pu présenter le xiii*, le xiv* et le xv' siècle comme une première Renaissance, on ne peut, au point de vue de la chirurgie, envisager ces trois siècles que comme une période de transition on plutôt encore de retour vers les vrais classiques de la médecine grecque étudiés sur les textes anciens^ comparés aux imitations ou aux compilations des Arabes et des arabistes.
Dans cette période, l'enseignement de la chirurgie comme de la médecine s'établit en Italie, puis en France, à Paris et à Montpellier; en même temps, en Angloterre, en Espagne, puis se développe de nouveau en Italie.
Au XIII'' siècle, grâce aux édits de Philippe- Auguste, à la protection des ducs de