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DIAGNOSTIC CHIRURGICAL — MÉTHODES A SUIVRE POUR L'£\AM£M DU MALADE

§ I. — Principes et but du diagnostic.

Le diagnostic (1) d*one affection chirurgicale doit avant tout être anatomique. Dans i*examen du malade le chirurgien a pour but :

l"" De déterminer la nature et Télendue d'une lésjon ;

2'' De bien saisir les rapports de cette lésion, avec les diverses parties de la région, ou avec Forgane qu'il examine.

L'étude de Tanatomie normale et de Tanatomie pathologique sont donc la base du diagnostic^ La nature de la lésion ne peut en effet être déterminée qu*à Taide des connaissances analomo-pathologiques; elles permettent de rechercher l'analogie qui peut exister entre ce que Ton observe sur le vivant et ce que Ton voit sur le cadavre. Les rapports de la lésion avec les diverses parties de l'organisme ne peuvent être précisés que par la connaissance exacte de la disposition, de l'arrangement des parties qui composent une région déterminée. — C'est pour cela que l'anatomie chirurgicale, que l'on a souvent dénommée, avec juste raison, anato^ mie des chirurgiens^ a rendu les plus grands services à l'art du diagnostic. — En réalité, ce n'est que par l'applicalion^ bien entendue, de l'anatomie chirurgicale et

(1) Rostan, Cours élémentaire de diagnostic, de pronostic, d'indications thérapeutiques, ou Cours de médecine clinique, Paris, 1830, 3 vol. in-8. — Piorry, Traité de diagnostic et de séméiologie. Paris, 1837, 3 vol. in-8. — A, Bérard, Du diagnostic dans les maladies chirurgicales y de ses sources , de ses incertitudes et de ses erreurs, thèse pour le concoura de eliniqiie chirurgicale. Paris^ 1836. — A. Bérard et DenonviUiers , Compendium de chi" rvrgie. Paris, 1845, t. I, p. 1. — Vidal (de Cassis), Traité de pathologie externe, 1861, 5« édiU, 1. 1, p. I. — Racle, Traité de diagnostic médical, 3* édit., 1864.— Foucher, Traité de diagnostic des maladies chiturgicales, Paris, 1866. — WoiUeS| Dtctkma, de dioowMt^ médical, 1870, 2* édit.

cinroK.

de Tanatomie pathologique à Tétude des maladies chirurgicales, que Ton a pu perfectionner leurs descriptions et porter aussi loin que possible la précision de leur diagnostic.

En Tabsence des conditions que nous venons de déterminer, le diagnostic chinirçical ne saurait être précis, mais il faut ajouter que le diagnostic anatomique le plus rigoureux n'est pas, par cela même, un diagnostic complet

Il est incontestable que les caractères anatomiques, et en particulier ceux qui sont tirés de l'étude des lésions, doivent être considérés comme les caractères les plus constants de la maladie^ et par consé(|uent comme des caractères de premier ordre. Mais il demeure bien prouvé qu'un certain nombre de lésions peuvent être influencées dans leur apparition^ comme dans leur évolution, par des causes générales qu'il importe de bien connaître. Ainsi, l'hérédité, les dialhèses, les maladies acquises, la constitution du malade, son âge, son sexe, sa profession, etc.

Cette partie du diagnostic qualiûée Diagnostic étiologique peut, dans quelques cas, complètement primer, comme importance pratique, le diagnostic anatomique.

C*est bien souvent grâce à la saine appréciation des causes de la maladie que peut être formulé un traitement curatif, ou qu'une opération peut être évitée. Mais jamais le diagnostic étiologique ne saurait dispenser de la nécessité d'établir aussi complètement que possible le diagnostic anatomique.

Ces considérations nous permettent de rappeler combien est nécessaire pour tout chirurgien la connaissance approfondie de la médecine, combien est intime l'alliance de la pathologie interne et de la pathologie externe. Les limites qui séparent ces deux parties d'une même science sont d'ailleurs souvent difficiles à tracer, nous aurons plus d'une fois l'occasion de le montrer. Au point de vue du diagnostic qui seul nous occupe, cette proposition est d'une vérité absolue. Avant comme après l'opération se placent des problèmes d'ordre médical que le chirurgien doit être apte à résoudre. Ce serait commettre une faute grave que de pratiquer une opération sans avoir fait l'examen de tous les organes; le traitement d'un opéré ou d'un blessé ne saurait être bien dirigé si les complications, qui souvent ont pour siège les organes internes, n'étaient promptement reconnues.

Les moyens d'exploration qui servent à établir le diagnostic médical doivent être familiers au chirurgien. Nous n'avons pas à nous en occuper ici, mais nous ne pouvions trop nettement réclamer leur indispensable concours.

En médecine comme en chirurgie, le but à poursuivre est le même : il s'agit^ avant tout, de déterminer quel est l'organe lésé et quelle est la nature de la lésion. Les moyens d'arriver à ce but diffèrent seuls, mais la méthode est la même. En médecine, les symptômes sont bien comme l'a dit Broussais : le cri des organes souffrants. Il s'agit, pour l'observateur, de remonter du trouble fonctioimel à la lésion locale. Le problème ne peut être ainsi posé, en chirurgie, que dans quelques cas; presque toujours le chirurgien a l'avantage de voir et de toucher le mal. Aussi aura-t-il surtout à tenir compte de la valeur de certains caractères phys^iques tels que la coloration, la température, la forme, la consistance, le volunie^ la mobilité. Nous pouvons donc, à l'avance, faire pressentir que le meilleur chirurgien sera celui qui à une grande sûreté de coup d'œil joint un toucher délicat et exercé, et que les deux grands moyens d'exploration de la chirurgie pratique sont la vue et le toucher\

Pour procéder à un examen méthodique, le chirurgien, placé en présence d'un malade, doit suivre des règles générales que nous allons exposer ; il doit aussi

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