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EXAMEN DE L'ÉTAT ACTUEL

modificatîoii n*est possible qoe dans certaines régions déterminées. Ainsi poar les tumeors développées dans les bourses ; ce n*est qu'en étudiant ces tumeurs, que nous dirons ce que l'on est en droit d'attendre de cette exploration.

ChMgcmcMt» Mirvenii» dans la mobilité des jpartles. — Ils s'observent

principalement dans l'étude des lésions des os et des articulations. La mobilité anormale que Ton constate dans un membre, indique nécessairement une solution de continuité de l'os ou des os qui en forment la charpente. En pareil cas^ la mobilité devient un signe d'une haute valeur, réellement paibognomonique, qui, à lui seul, permet le diagnostic de la lésion. A lui seul, cependunt, il ne pourrrait établir au diagnostic suBSsamment précis. La possibilité d'imprimer à certaines articulations des mouvements anormaux révèle aussi, d'une façon non douteuse, des lésions traumatiques ou pathologiques de leurs moyens d'union, c*est-à-dire des ligaments. L'impossibilité de faire exécuter des mouvements normaux, est chose non moins importante à constater, pour arriver à se rendre compte des lésions ar* ticulaires.

Mais l'étude des changements survenus dans la mobilité, ne saurait s'arrêter aux points que nous venons de signaler. Dans l'examen d'une tumeur, par exemple, il est de toute importance de savoir si la peau est mobile sur la tumeur, ou si elle fait corps aVec elle, si les autres éléments constituant la région ou s'est développée cette tumeur, sont restés indépendants, s'ils ont été seulement écartés, repoussés, ou s'ils ont été englobés dans la production morbide; enfin, si la tumeur elle-même est mobile sur les parties qui répondent à sa face la plus profonde. Ces recherches fournissent au diagnostic des éléments d'une haute importance, non-seulement au point de vue de l'étude des rapports d'une tumeur donnée avec les éléments de la région où elle s'est développée, mais en* core sur la nature même des productions morbides. Celles-ci ne se comportent pas de la même façon, au vis-à-vis des tissus ou des organes, selon leur constitution anatomique. La mobilité du tégument externe peut encore avoir été compromise par des lésions qui, après leurs guérisons, laissent des cicatrices adhérentes aux os, ce dont le diagnostic peut inférer, dans la plupart des cas, qu'il y a eu maladie du tissu osseux ou de son périoste. Enfin, des adhérences peuvent diminuer la mobilité des organes, ainsi que nous aurons occasion de le signaler.

Presque entièrement dévolue à des manœuvres auxquelles les mains du chirurgien prennent surtout part, l'étude de la mobilité, dans les cas difficiles, est notablement aidée par la vue, qui, souvent, surprend le mouvement imprimé, quelque léger qu'il puisse être.

CÊÊmmfçcaaentm Mirvemui daim la couleur des parties. — Ils doivent toujours attirer l'attention du chirurgien. Cela est si vrai, qu'il est rare que dans l'exposé des caractères d'Une tumeur, on néglige de dire si elle est ou non avec changement de couleur à la peau. L'appréciation du changement de couleur des parties, fournit, en effet, des éléments précieux pour le diagnostic C'est surtout à l'étude des divers caractères de la rougeur, que le chirurgien devra s'exercer. La rougeur diffère selon les maladies qui la déterminent, la teinte de la peau varie dans l'érysipèle, le phlegmon, l'anthrax, la pustule maligne, l'inflammation des vaisseaux IjriDpItttiques, etc.

De pins, dans chacune des variétés de ces affiBCtions, la coloration peut différer, el sourent les diniciens exercés en dédoiseat des rmiiét/KmmiU d*iMe grande

iO CHIRURGIE CLINIQUE.

valeur. Il est vrai de dire, qu'à côté de ce signe, s'en rencontrent de plus démonstratifs encore pour le diagnostic Nais lorsque la gangrène menace les tissus, c*est souvent la modification survenue dans la coloration qui est le premier et le plus sûr indice.

L*examen attentif des plaies en suppuration fournit les renseignements les plus utiles et permet de juger de leur état, et de prévoir les complications. L*étude de la rougeur qui survient secondairement, alors que la peau est distendue et amincie par des tumeurs solides ou liquides, est encore importante. Les colorations, toute différentes de Tecchymose, ont aussi une véritable valeur diagno* stique ; enfin, la coloration du tégument externe dans les résorptions» dans la ca«> chexie cancéreuse, est chaque jour utilisée par le chirurgien.

Cbann^ementa «urTenaa dans la transparence des parties. — Ils peuvent fournir de précieux renseignements au diagnostic, mais ces renseignements sont assez limités. La diminution, dans la transparence, ne peut, en effet, être étudiée que dans les milieux parfaitement transparents de Tceil. Les autres parties du corps n*onl pas une transparence assez prononcée, pour que Ton puisse tirer un signe quelconque de leur plus complète opacité. Le phénomène de la transparence ne peut donc être développé que dans des conditions toutes particulières, qui résultent de la formation d'une collection de liquide clair dans une région du corps, peu profonde, peu épaisse, et située de telle sorte, qu'il soit possible de faire passer à travers elle des rayons lumineux. Il n*y a qu'un petit nombre de tumeurs qui réalisent ces conditions. Toutes les fois qu'une tumeur se laisse traverser par les rayons lumineux, on est presque en droit de conclure que cette tumeur est constituée par un liquide, que ce liquide est clair, et que les parois de la tumeur sont minces. Il faut cependant bien savoir que des tumeurs solides, les enchondromes par exeniple, peuvent être transparentes, qu'il en est de même pour certains lipomes. Ces exceptions ne sauraient infirmer la valeur très-grande de la transparence.

Changements survenus dans la température des parties affectées. — •

Ils aident encore au diagnostic. La rougeur et la chaleur sont, on le sait, caractéristiques de l'inflammation. La chaleur locale ne peut guère être appréciée qu'avec la main. L'emploi du thermomètre, dont nous aurons à parler^ est surtout utilisé pour l'élude de la température fébrile. Ce qu'il faut noter, c'est le sentiment exagéré que fournit la main, appliquée sur une région enflammée. On est surpris de voir à quelle faible élévation thermométrique peut correspondre une sensation acre et mordicante perçue par le toucher. On ne saurait contester, en règle générale, que si le toucher donne des sensations qui ont le défaut de ne pas être précises, il développe cependant des perceptions beaucoup plus délicates et plus nombreuses que celles que peuvent fournir les explorations faites à l'aide d'instruments empruntés à la physique. Les nuances saisies par le toucher sont intraduisibles, mais elles ont une valeur véritable pour celui qui les perçoit. Néanmoins, le thermomètre seul est capable de faire connaître l'évaluation rigoureuse de l'augmentation de la chaleur organique. On est revenu avec ardeur, dans ces dernières années, à l'emploi de ce mode d'exploration, et l'on peut dire qu'il se fonde une science nouvelle sous le nom de thermoscopie pathologique. Plusieurs des données fournies par l'élude thermométrique de la chaleur animale peuvent servir au diagnostic chirurgical. Nous aurons soin de l'indiquer, lorsque nous étudierons les affections chirurgicales qui s'accompagnent de fièvre.

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