‹ Eléments de chirurgie cliniqueChapitre 26 sur 62 · B. — EXAMEIV FONCTIONNEL. SIGNES FONCTIONNELS · texte numérisé non relu

B. — EXAMEIV FONCTIONNEL. SIGNES FONCTIONNELS

Les troubles fonctionnels que le chirurgien peut avoir à observer sont trèsvariés. Ils sont plus ou moins marqués, plus ou moins durables, mais, en définitive, toutes les fonctions peuvent éprouver des troubles sous rinfluence de iésioas organiques, qui, cependant, relèvent de la chirurgie. Leurs troaUfift \

effet, être dircclement produits ou indirectement provoqués; c*est-à-dire qu*ils peuvent être rattachés à une lésion de Torgane, dont la fonction est troublée ou n'être que l'expression sympathique d'une lésion p(us ou moins éloignée, mais étrangère à l'organe dont le fonctionnement est anormal.

Ainsi, le vomissement peut être occasionné par un obstacle au cours des matières intestinales, être le signe d'une lésion encéphalique, marquer le début d'un érysipèle ou d'une angioleucite. C'est à la fois par l'étude attentive du trouble fonctionnel et par la recherche directe de la lésion que le chirurgien pourra juger de la valeur diagnostique du signe qu'il doit interpréter.

Dans l'exemple choisi, la fréquence des vomissements » leur durée, leurnature^ pourront déjà lui permettre d'établir des hypothèses en faveur de telle ou telle lésion ; mais il n'arrivera à la certitude, ou tout au moins ne sera sur la voie du diagnostic que lorsqu'il aura recours à l'examen direct. En chirurgie, plus encore qu'en médecine, la constatation du trouble fonctionnel appelle impérativement la recherche de la lésion, et celle-ci^ ainsi que nous l'avons déjà répété plusieurs fois, peut habituellement être directement explorée, lorsque l'affection est chirurgicale.

Cependant, le chirurgien peut aussi se trouver dans la nécessité de déterminer la nature de la lésion d'après la seule interprétation des troubles fonctionnels. Ainsi^ un malade vomit abondamment, il vomit d'une façon continue depuis plusieurs heures, les vomissements après avoir été muqueux ou alimentaires sont devenus bilieux puis fécaloldes, il y a concurremment absence de garderobes. Un obstacle au cours des matières intestinales, telle est la supposition la plus probable. L'examen direct de toutes les régions où se font habituellement les hernies, permet de constater qu'il n'existe pas de lésion de cette espèce. Le toucher rectal ne fait reconnaître aucune cause d'obstruction ; la palpation de l'abdomen ne révèle aucune tumeur ; les purgatifs et les lavements échouent; les vomissements persistent, plusieurs heures se sont cependant écoulées depuis ces tentatives. Considérant alors la continuité des accidents, la nature des vomissements, l'absence de toute évacuation alvine, on diagnostiquera, en interprétant les seuls troubles fonctionnels : un étranglement interne.

Il en est de même encore lorsque le chirurgien est appelé à se prononcer sur la nature d'accidents de suffocation attribués à la présence d'un corps étranger dans les voies aériennes. Les signes sensibles, tels que le grelottement, font si souvent défaut, que ce n'est que par l'interprétation rationnelle des troubles de la fonction, que l'on peut se prononcer sur la nature de la lésion et établir les indications du traitement.

Dans d'autres circonstances, l'étude des troubles fonctionnels met si bien sur la voie du diagnostic, qu'avant tout examen direct on peut considérer que la nature de la lésion est déjà déterminée. Ainsi les troubles de la miction sont assez différents dans les cas de rétrécissement ou d'engorgement prostatique, pour que la nature de l'obstacle soit déjà devinée avant l'exploration méthodique de l'urèthre. Mais celte exploration seule peut apprendre quel est le degré et la nature du rétrécissement, le volume de l'engorgement prostatique, etc.

L'examen fonctionnel ne saurait donc en aucune circonstance dispenser le chirurgien de l'examen anatomique. Ce qui contribue à donner au diagnostic cbirtrgical le caractère de certitude et d'évidence qu'on lui reconnaît généralement, c'est qu'il nous est habituellement donné de pouvoir successivement pratiquer Texamen anatomique et l'examen fonctionnel.

ÈTOftE PARTICULIÈRE DE QUELQUES SYMPTÔMES. iS

Il est cependant de toute importance de savoir juger de V opportunité dt Texploration directe. Ce mode d'examen peut, en effet, être douloureux, n'être pas sans inconvénient, ou être redouté par les malades. Ainsi, il n'est pas toujours possible de procéder immédiatement à un cathétérlsme de l'urèthre, de pratiquer le toucher vaginal ou rectal^ d'appliquer le spéculum. Il laut donc que l'étude des troubles fonctionnels puisse guider le chirurgien, lui permettre de juger sil'exploration directe est immédiatement nécessaire, si elle est sans inconvénients, s'il doit surmonter la répugnance des malades et procéder à un examen plus approfondi.

Pour passer en revue les désordres variés de l'organisme qui peuvent être constatés par l'examen fonctionnel, nous devrions examiner successivement : les troubles de la digestion, de la respiration, de la circulation, de la calorification, des sécrétions, de r intelligence, du mouvement.

Nous avons pensé qu'une semblable énumération ne pouvait avoir que peu d'utilité. Chaque trouble fonctionnel ne répond pas^ tant s'en faut, à une lésion déterminée. L'exemple du vomissement tout à l'heure cité suffit à le démontrer. Il faut donc ou se résoudre à une énumération incomplète, ou passer en revue, à propos d'un trouble fonctionnel, toutes les lésions qui le peuvent déterminer. Cette étude embrasserait presque toute la séméiotique, tandis que nous n'avons c»! ce moment pour but que d'indiquer quels sont les éléments du diagnostic, quelle est leur importance relative.

Il est cependant un certain nombre de symptômes, les uns objectifs, les autres fonctionnels, qu'il est nécessaire d'étudier dès maintenant. Leur connaissance exacte fait à la fois partie des éléments du diagnostic et des éléments de l'éducation chirurgicale.

Page 1