IV. — étude particulière de quelques symptômes
Nous aurons successivement à passer en revue parmi les symptômes objectifs : Vécoulement du sang, la fluctuation, la crépitations, Vœdhne, les phlyctenes, r ecchymose; parmi les symptômes fonctionnels : la douleur, les bruits anor-maux.
Êcoviement du Muig. — L'écoulement du sang est sans contredit l'un des symptômes dont le chirurgien a le plus à se préoccuper. Il a plus ou moins de gravité et offre des caractères différents suivant qu'il est dû à la lésion ; des capillaires, des veines ou des artères. II est de toute importance que le chirurgien sache au premier coup d'œil reconnaître la cause d'une hémorrhagie, et rapidement faire le diagnostic de sa source, c'est-à-dire établir si elle est capillaire, veineuse ou artérielle. Ce n'est point à ce point de vue, cependant, que nous envisageons actuellement la question. Le diagnostic de l'hémorrhagie ne peut être établi que lorsque nous étudierons les plaies en général, et en particulier celles des veines et des artères.
Mais l'écoulement de sang est souvent un symptôme qui doit permettre de soup« çonner des lésions plus profondes, aider par lui-même à reconnaître leur existence et leur si^c, ou déterminer le chirurgien à pratiquer des explorations à l'aide desquelles la nature de la lésion, seulement soupçonnée par le fait de l'écoulement de sang, est nettement établie grâce à l'investigation qu'il a pour ainsi dire provoqué.
Ainsit un malade a reçu un coup violent sur la têtCi ou tfiâX^Qn^ i
lu CHIRURGIE CLINIQUE.
laquelle la botte crânienne a été fortement heurtée, un écoulement de sang par l*oreille s'est montré au moment de la chute et persiste. iMéme en Tabsence d'au* très symptômes, on doit admettre Thypothèse d'une fracture du rocher communiquant avec i'oreille externe. La certitude fait bientôt place à l'hypothèse si Técoulement de sang est quelque peu abondant, et surtout s'il dure pendant plu-^ sieurs heures, à plus forte raison pendant un, deux ou plusieurs jours.
Chez un adolescent^ des héniorrhagies nasales répétées et abondantes doivent faire craindre qu'un polype Gbreux naso^pharyngieu ne soit en voie de développement Le chirurgien consulté en semblable circonstance est donc dans l'obligation d'examiner attentivement les fosses nasales, et surtout les arrières-narines.
Chez une femme qui a cessé d'être menstruée, un écoulement de sang par les parties génitales doit faire penser à une lésion organique de l'utérus, et en particulier de son col ; chez une femme plus jeune il peut, dans des conditions déterminées, faire penser à une fausse couche, à une complication de la grossesse, à un corps fibreux de l'utérus, etc.
Chez un enfant, des pertes de sang répétées par l'anus indiquent souvent un polype du rectum.
L'écoulement de sang par l'urèthre, c'est-à-dire l'hématurie ou pissement de sang, doit, selon les circonstances, faire soupçonner une lésion uréthrale ou vésicale, indique souvent la présence d'un calcul ou une aflection rénale.
Nous pourrions multiplier ces exemples ; ceux que nous avons choisis suffisent pour montrer l'importance du symptôme : l'écouleitient de sang, au point de vue du diagnostic Sans doute ce n'est pas un symptôme pathognomouique, il n'est pas permis d'établir un diagnostic par le seul fait de l'écoulement du sang, mais le signe dont nous parlons n'en a pas moins une grande valeur.
ïl est certaines conditions qui concourent surtout à lui donner une importante signification ; ce sont sa continuité, sa 7'eproduction à intervalles plus ou inoins longs et dans les mêmes conditions, enfin son abondance. Si nous avons ainsi énuméré ces trois caractères, c'est que nous pensons que la continuité d'un écoulement de sang, sa reproduction dans les mêmes conditions, ont, au point de vue du diagnostic d'une lésion déterminée, plus d'importance t^ncore que l'abondance de la perte de sang. Nous ne voulons, bien entendu, parler que d'une perte abondante et unique, car l'abondance de l'écoulement du sang n'exclut ni sa durée ni sa répétition.
FiactiiaUoii. — La fluctuation est une sensation particulière que perçoit le chirurgien lorsqu'il explore méthodiquement avec les doigts une collection liquide quelconque. Pour que la fluctuation puisse être perçue, il faut que le liquide soit collecté, c'est-à-dire contenu dans une poche ou cavité à parois molles ou élastiques. C'est à travers la paroi que la sensation est perçue; on conçoit facilement qu'elle sera d'autant plus obscure que la paroi sera plus épaisse, c'est-à-dire que les doigts seront séparés de la collection liquide par une couche plus considérable de parties molles.
Ce ne sont cependant pas les conditions que présente le contenant qui seules peuvent rendre plus ou moins difficile la recherche de la fluctuation. La qualité et surtout la quantité du liquide contenu peuvent faire beaucoup varier les conditions de l'examen.
La fluctuation est d'autant pins nette que le liquide est plus fluide, mais elle e»t irès-complétement produite par des Mquides d'une certaine épaisseur, telle que le