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GUYON. "V

TRAITEUENT LOCAL. 579

I tte fait que tamponner la plaie et emprisonner le pus. Dans ces cas, la filasse fine ou, I ee qui est préférable, Toakum absorbent bien et enlèvent toutes les sécrétions de la I plaie qu*ils recouvrent

I L'oakum ne saurait être dédaigné ; nous croyons, pour notre part, qu'il doit figurer parmi les succédanés de la charpie et que sans en offrir les qualités, il peut f au besoin être employé aux mômes usages (1).

I Éponges. — Les éponges sont connues de tout le monde. Celles qui servent à , Tusage chirurgical doivent être fines et douces. Il est nécessaire qu'elles soient j complètement débarrassées des graviers, des coquillages et des corps étrangers , qu'elles renferment. Pour les opérations^ il faut même, comme on l'a proposé pour L'ovariotomie, les soumettre à une série de lavages avec l'ea^i bouillante, l'eau acidulée d'acide azotique, et, en dernier lieu, avec une solution de carl)onate de potasse. Dans tous les cas, une extrême propreté dans l'entretien des éponges est de rigueur. Pour plus de sûreté, les mêmes éponges ne devraient jamais servir à deux opérations, et surtout au pansement des malades et aux opérations. Nous exigeons toujours cette séparation absolue des éponges des salles de celles qui servent 5 Tamphithéâlre d'opération.

Les éponges servent surtout à laver les plaies et à étancher le sang a leur surface dans les opérations : c'est là leur usage principal et le plus indispensable. Elles peuvent, en elTel, être remplacées pour les pansements, mais ne peuvent Fêtre pour les opérations, dans lesquelles elles rendent de très-grands services. On les a aussi employées dans le pansement des ulcères; on les a même imprégnées de li(|uidcs émollients ou résolutifs pour les appliquer à la surface des plaies en guise de charpie ou de cataplasmes, mais ce sont là d'assez médiocres pansements.

Plus souvent, on utilise leur élasticité pour des usages spéciaux; c'est ainsi qu'on en fait des pessaires pour s'opposer à la chute de lutérus. On s'en sert également pour exercer une compression sur une plaie ou autour d'une articulation. Ce sont encore ià des modes d'application peu appropriés, et qui peuvent avec avantage être négligés.

Toile cirée. — Taffetas Kommé. — Pour préserver de la souiUurc des liquides les garnitures d'un lit ou les pièces d'un pansement, et, dans quelques cas aussi, pour empêcher l'évaporation trop rapide à la surface des plaies, on fait usage d'étoffes rendues imperméables à l'aide de certains vernis. Ce sont la toile cirée et le taffetas gommé.

La toile cirée sert ordinairement à garnir ks lits et à préserver les matelas : on la place de préférence entre le matelas et le drap, pour en éviter le contact toujours désagréable au malade. Cette toile cirée doit être souple autant que possible. Celle que Ton emploie dans les hôpitaux, à cet usage, est de couleur noii^e. Pour la nettoyer, il suffit d'y passer une éponge mouillée.

Depuis quelques années^ on substitue avec avantage à la toile cirée ordinaire, qui s'écaille et devient cassante à la longue, une toile vernie au caoutchouc, dont la souplesse est beaucoup plus grande et In durée plus longue.

Le taffetas gommé, plus mince que la toile cirée, est réservé pour garnir à l'intérieur les gouttières en fil de fer matelassées d'ouate, et pour recouvrir les pansements qu'on veut maintenir humides. Le taffetas gommé que Ion emploie ordinairement est d'un beau jaune foncé, transparent ; il est formé d'une gaze très-mince

fi) y oyez Readfera Dayis, Sur Coakum {Jhe Lanc«t» ^Vùsv V^^*iV

TBAnEUË^T LOCAL. 5Bï

f^ rauioii des lames tranchantes, sur le bord de ia pièce de sparadrap, en appuyant

Bi un peu fortement Les bandelettes sont très-rapidement coupées de cette manière^

et, avec un peu d'adresse, beaucoup plus régulièrement que par tout autre moyen.

■ Il ne faut pas déchirer le sparadrap pour le diviser en bandelettes, comme on le :f iiaiit quelquefois. Sans doute, on obtient ainsi, en suivant le ûl, des bandelettes de M largeur très-uniforme ; mais leurs bords sont toujours irréguliers et un peu écaillés.

■ Les bandelettes de diachylon ont une largeur et une longueur très-variables t suivant l'usage auquel on les destine. Pour la largeur, elle est habituellement de p 1 à 2 centimètres ; mais on en fait de plus étroites, et aussi de beaucoup plus

larges, dans quelques cas, car on leur donne parfois la laideur d'une bande de I toile ordinaire.

tf Les bandelettes de diachylon servent aux usages les plus variés en chirurgie. I Très-étroites, elles sont employées à réunir les bords d'une solution de continuité récente, et à favoriser la réunion d'une plaie par première intention. Sur une I plaie qui suppure déjà depuis longtemps, sur les ulcères de la jambe qui ne se f cicatrisent pas, les bandelettes convenablement imbriquées exercent une légère I compression et une excitation qui hâte souvent la guérison. Enfin, en formant, sur , une plaie récente, une cuirasse complète avec des bandelettes régulièrement entrecroisées, on établit Tocclusion d'après la méthode de M. Chassaignac.

I Les bandelettes plus larges servent à fixer les vésicatoires à la surface de la peau ; pour cela, il suffit de les entrecroiser en nombre suffisant par-dessus l'emplâtre, de façon que celui-ci soit exactement appliqué par tous ses points à la surface sur laquelle il doit agir.

Les bandes de diachylon de la largeur de deux à trois travers de doigt, et de longueur suffisante, peuvent servir à exercer sur le sein une compression énergique pour obtenir la résolution d'engorgements chroniques; dans ce cas, elles doivent entourer toute la poitrine en passant sur le sein malade et sur Tépaule du côté opposé, en se recouvrant régulièrement à moitié les unes les autres. Ces mêmes bandes servent tous les jours à maintenir, par quelques tours circulaires, les attelles dans les fractures de l'avant-bras et du bras; elles se dérangent moins que les bandes de linge, et ont l'avantage de laisser presque entièrement à découvert le membre fracturé.

C'est à Malgaigne que l'on doit l'idée d'employer les bandes de diachylon -à cet usage. Aujourd'hui, ou les utilise encore pour fixer autour d'un membre, en répartissant également la traction, les liens élastiques ou rigides qui servent à faire l'extension dans les appareils de fracture et pour la réduction des luxations.

Les morceaux de diachylon taillés en petits carrés et percés à leur centre d'une ouverture de la dimension voulue, servent à préserver les parties voisines de la peau de l'action de la pâte de Vienne^ lorsqu'on établit un cautère, et à donner à celui-ci la forme et le diamètre que Ton désire. Un morceau de diachylon en forme de croix de Malte, sert plus tard à recouvrir l'eschare ainsi obtenue avant qu'elle se détache, et pendant tout le temps qu'on entretient la suppuration du cautère.

Enfin, une large ceinture, constituée par une pièce de sparadrap tout entière enroulée autour du thorax, est un des meilleurs moyens d'immobiliser en partie la cage thoracique dans les cas de fracture de côte. Cette ceinture de diachylon remplace avantageusement le bandage de corps le mieux serré.

Nous n'en finirions pas si nous voulions mentionner tous les usages du diacli\-

OU un nrlcil que Ton voulait aneslhésicr. Le professeur Laugier a montré tout le parti que l'on peut tirer de la baudruche en grandes feuilles pour former un épiderme factice à la surface de la peau dans les brûlures au premier et au second degré, et con\me moyen d*occlusiun. Ce procédé |Xîut être utilisé comme moyeu adhésif, et être appliqué à la réunion de petites plaies. On |)eut s'en servir, comme le faisait Laugier, en fixant la baudruche avec une solution de gomme, ou en utilisant les baudruches adhésives fournies par le commerce.

Enduite d*une couche d*icbthyocolle sur une de ses faces, la baudruche constitue le taflctas français de Marinier. On peut aussi s'en servir en la fixant avec du collodion pour assurer plus exactement au début Tocclusion de certaines plaies, comme celles qui communiquent avec le foyer d'une fracture; il faut alors en appliquer plusieurs couches super[)osées.

CoUodion. — La découverte du collodion est due à Mâynard (de Boston). C'est une dissolution de coton-poudre dans un mélange d'éther sulfurique et d'alcool. Il se présente sous l'aspect d'un liquide transparent avec une légère teinte opaline, ayant In consistance d'un sirop épais et l'odeur de l'éther qui sert ^ le fabriquer. Le collodion est fort employé en photographie. Lorsqu'on l'étend à l'aide d'un pinceau sur une surface exposée 5 l'air, la rapide volatilisation de l'éther laisse une pellicule mince, ordinairement transparente^ quelquefois blanchâtre, assez résistante, douée d'une rétraciiliié très-marquée et essentiellement constituée par le feutrage des fibres de la cellulose que l'éther avait gonflées et désagrégées sans les dissoudre complètement.

La grande rétractilité dont jouit le collodion en se desséchant est quelquefois un obstacle à son emploi en chirurgie: on lui donne alors plus d'élasticité en l'additionnant d'une certaine quantité d'huile de ricin ou de glycérine. Ce collodion est connu sous le nom de collodion riciné ou élastique; il n'est employé que pour l'usage chirurgical et sa formule donnée par le Codex est la suivante :

Poudre-coton 7

Éther à 0,720 64

Alcool à 90* 22

Huile de ricin 7

Le collodion, à cause de la grande volatilité de l'éther, doit être conservé dans des flacons bien bouchés.

Les applications du collodion en chirurgie sont assez nombreuses ; il s'en faut cependant qu'elles soient aussi étendues que pourrait le faire supposer le nombre des publications dont il a été l'objet.

C'est surtout comme agglutinatif et comme moyen d'occlusion qu'il est usité; on l'emploie aussi pour produire la compression en utilisant la propriété de rétraction énergique qu'il possède ; enfin, on l'a associé à quelques caustiques dont il rend l'application plus facile.*

Comme agglutinatif^ on se sert du collodion seul^ ou Ton en imprègne de unes bandelettes de linge qui remplacent le diachylon ou le taflctas d'Angleterre. Pour les piqûres ou les coupures peu étendues qui ont besoin d'une occlusion complète plutôt que d'une véritable réunion, on applique sur le point lésé, après avoir étanché le sang et rapproché les bords, une petite quantité de collodion avec un pinceau ; l'éther s'évapore rapidement en produisant une impression de froid et Uv^sa.

58/i CHIRURGIE CLINIQUE.

^ une pellicule mince et très-adhérente ; on ajoute une nouvelle couche de colkx&oi sur la première, s*il est nécessaire, jusqu'à ce que l*oo ait obtenu une peUiok assez épaisse. La petite plaie est abandonnée ensuite à elle-même sans avoir besdi| d'autre pansement, et au bout de quelques jours si elle ne s'est pas détachée d'dlM même, on l'enlève par le grattage ou en la déchirant; ou peut aussi, dit-OD, Ta-j lever en la dissolvant dans un mélange d'éther et d'alcool, mais comme elle es insoluble dans l'eau, elle résiste complètement aux lavages ordinaires.

Le collodion appliqué sur la peau y adhère fortement lorsqu'elle n'est ni humé ni grasse; il y produit quelquefois une légère irritation de l'érythème et mé» des phlyctènes^ mais ces effets sont moins marqués avec le collodion ricioé; m une surface excoriée le collodion cause une cuisson assez vive, mais roomn tanée.

Lorsqu'une solution de continuité est étendue, il est nécessaire, pour en résBir plus exactement les bords, d'employer de petites bandelettes de linge fin ayai 1 centimètre au plus de largeur, que l'on trempe dans le collodion au momeflt de les appliquer sur la peau, perpendiculairement à la direction de la plaie, cofflmr on ferait de bandelettes de diachylon ou de taffetas. Si l'on veut, en même temps que les bénéfices de la réunion des bords de la plaie, avoir, comme cela est iodépensable pour les fractures compliquées de petites solutions de continuiié à b peau, les bénéfices d'une occlusion complète, on imbrique plusieurs de cesbaod^ lettes imprégnées de collodion au-dessus de la plaie, ou mieux encore on appliqv plusieurs morceaux de baudruche trempés dans le même agglutinatif. Noos avoos décrit (p. 510) le procédé (|uc nous avons imaginé, et qui, grâce au méiange intime de flocons d'ouate et de collodion, donne sous toutes les formes et k tonte les épaisseurs désirables, un excellent moyen d'occlusion.

Enfin, lorsqu'il s'agit de réunir les bords de plaies étendues et profondes, ii faot avoir recours à des procédés plus compliqués dans lesquels le collodion joue le rôle principal ; ce sont les sutures sèchos, parmi lesquelles nous signalerons a-Ues dt Mazier, de Vésigné et de Goyrand.

La fétraciilité du collodion peut être uiilisée \X)m combattre certaines cicatrice vicieuses comme l'entropion ; cependant ce moyen nous paraît devoir être sonveo' insuffisant dans ce cas. Il n'en est plus de même lorsque cette rétractililé agit de manière h produire la compression des parties sur lesquelles on l'applique. Pour s'en convaincre, il suffit de tremper l'extrémité de l'index dans du collodion et de laisser la couche liquide se dessécher ; si l'immersion du doigt a été rejeiée plssieurs fois de façon à donner à cette couche une certaine épaisseur, la compression produite sur le doigt est telle que la peau devient bientôt complètement exsangueet qu'il en résulte une sensation insupportable d'engourdissement et de coostriction.

Les applications de collodion à la surface des tumeurs, dans le but d*en dinuooer le volume, sont donc un moyen que l'on pourra utiliser. Dumas (de 5Jonipellier s'en est servi pour le traitement du céphalématome ; il fait des applications soccessives et quotidiennes de collodion non riciné sur la fumeur. M . Giraldés emploie le même moyen après les ponctions capillaires du spina àifida et des méningocèlA des enfants, qu'il pratique h l'aide d'une grosse épingle, fionafont, en badfgeonnafli le scrotum avec le collodion dans les cas d'orchite, aurait vu rinflammatioo do testicule céder plus rapidement que parles autres moyens ; mais la constrictioo exercée, diitis ce cas, sur l'organe enflammé est excessivement douloureuse. D'onc manière générale, le conUel &•& V^vtot ^\. uv^oie de l'alcool sur le scrotum od le>

TBAITEMENT LOCAL. 585

b organes génitaux détermine des sensations fort désagréables ; il faut donc l'éviter Il autant que possible.

■ Nous ne ferons que mentionner les applications de collodion sur Tabdonien dans

h le traitement de la péritonite. Préconisées par Robert de Latour, elles agiraient,

i d'après ce médecin, d*une façon spéciale comme antiphlogistiques. Il est difficile,

I cependant^ de voir autre chose dans Teiïet de celte couche rétraclile, qu'une con-

. striction exercée sur les capillaires les plus superficiels de la paroi abdominale. La

I soustraction au contact de l'air d'une certaine portion de la surface cutanée, peut

» aussi être pour quelque chose dans l'efficacité, contestée d'ailleurs, de ces applica-

I tions. Employées dans le traitement dcl'érysipèle de la face ou des membres, elles

I n'ont pas donné les résultats qui avaient été annoncés tout d'abord et elle^ ont

l'inconvénient d'être douloureuses et souvent irritantes. Recouvrir les parties

I malades d'une pellicule de baudruche que l'on colle avec une solution de gomme,

comme le faisait Laugier qui a appliqué ce moyen au traitement des brûlures

superficielles, de l'érysipèle et même de l'érysipùle phlegmoneux^ nous paraît bien

préférable aux applications de collodion conseillées dans ces cas.

Le collodion uni à une solution éthérée de cantharides, a servi à produire la vésication de la peau. Les vésicntoires que l'on obtient ainsi avec deux ou trois badigeonuages de ce collodion, donnent des phlyctènes au bout de six à huit heures et offrent l'avantage de n'avoir besoin d'aucun autre moyen de contention.

Uni au bichlurure de mercure, à des doses variables, le collodion peut servir comme caustique. A dose faible (Ob%50 pour 30 grammes de collodion), Devergie le recommande comme traitement abortif du zona. A une dose plus forte [k grammes pour 30 grammes), le docteur Macke l'a employé avec succès pour détruire des ' nœvi et des tumeui*s ércctiles de petites dimensions.

E. Des bandages. — Les bandages, d'après la définition de Gerdy, sont constitués par « l'arrangement qui résulte de rapplicationjraisonnée à une partie » du corps soit de plusieurs bandes, soit d'une ou de plusieurs pièces de linge » séparées ». On voit par-là que les bandages orthopédiques et les bandages herniaires ne rentrent pas dans cette définition ; en elTet, ils ne sont pas formés par des pièces de linge et sont construits à l'avance par le fabricant; le chirurgien ne fait qu'en surveiller l'application.

Les appareils diiïèrent aussi des bandages parce que des pièces rigides cintrent toujours dans leur composition et quc^ généralement destinés à maintenir réduites des fractures ou des luxations, ils ne sont renouvelés que rarement

Le bandage, au contraire, est presque toujours confectionné de toutes pièces par le chirurgien et ordinairement il doit être réappliqué au bout de peu de temps. Il y a trente ans, les bandes méthodiquement roulées étaient à peu près exclusivement employées à l'exécution des bandages ; on avait varié à l'infini la manière de les appliquer, et des traités volumineux étaient consacrés à la description des bandages. Le livre de Gerdy est l'ouvrage le plus complet que nous possédions sur ce sujet, et sur bien des points il est resté classique. Cependant on ne tarda pas à s'apercevoir que les bandages les mieux appliqués étaient loin de donner toujours les résultats qu'on en attendait; ([u'ils étaient trop susceptibles de se déranger et que souvent les malades ne pouvaient les supporter. L'étude des bandages fut peu k peu négligée; on cessa de consacrer autant de temps et de soins à leur application, on en vint même à les rejeter presque complètement. Deux hommes surtout contribuèrent à jeter la défaveur sur les bandages classiques, ce furent QiUx<^t (^^

586 CniRURGIE CLINIQUE.

Lausanne) et Rigal (de Gailiac), auxquels la chirurgie contemporaine doit on gnd nombre de perfectionnements ingénieux.

L*nu et l'autre proposèrent de nouveaux systèmes de déligation, Mayor sortotl chercha à remplacer, dans tous les cas, la bande classique par des linges pldi carrés et triangulaires et notamment par ceux, comme le mouchoir, que leclirurgien est toujours sûr de trouver sous la main. Rigal ajouta à l'usage des lio^ pleins qu'il adoptait également, celui de liens en caoutchouc qui serraient ils maintenir exactement appliqués sur toutes les parties du corps.

Aujourd'hui, ni l'un ni l'autre de ces deux systèmes n'est exclusivement adopté; celui de Rigal, en particulier, n'est pas passé dans lapratique, mais on fait toœis joui^ de nombreux emprunts au système de déligaiion de Mayor. L'emploi à$ linges pleins simplifie heureusement, dans un grand nombre de cas, Tapplicalia des bandages, au grand avantage du chirurgien et du blessé. Mais Fasagedeb bande n'a pas été, pour cela, bannie de la pratique moderne; on y a tonjooR recours, et bien souvent rien ne saurait la remplacer. Seulement son rôle a été réduit à la simple contention dans la plupart des cas ; fréquemment encore oo s*ci sert pour exercer une compression régulière à hi surface des membres. Lesasciennes divisions des bandages en bandages expulsifs, unissants, divisifs, rMoctifc, n*ont plus aujourd'hui la même importance ; nous nous contenterons de b rappeler.

Réduite h la simple contentiondes autres pièces d'un pansement ou àla compression d'un membre, l'application des bandages méthodiques exige encore une asseï grande habitude et une certaine dextérité. Le chirurgien ne doit pas négliger d'arquérir cette habitude et cette dextérité, car dans le public il est souvent ji^ sv la manière dont il s'y prend pour appliquer le bandage. Il faut donc qu*il s'exem de bonne heure au maniement de la bande; qu'il répète souvent, et en y apportai tout le soin possible, les bandages le plus ordinairement employés, ftoorpoaTiHT ensuite en varier l'application et les modifier suivant les circonstances.

Gerdy a divisé les bandnges en simples et composés. Les bandages simples ft font avec une bande ou une seule pièce] de linge. Les bandages composés soit formés de plusieurs pièces de toile ordinairement cousues les unes aux autres (t aflectant une disposition déterminée.

Les bandages simples étaient subdivisés par Gerdy en bandages drcolaires, oblicfues, spiraux, croisés^ noués, récurrents, pleins et invagioés. Les bandages composés comprenaient aussi plusieurs subdivisions, suivant leur forme et kfti usages.

Ne devant pas écrire ici un traité des bandages, nous pouvons nous passer oe ce divisions. Après avoir donné des indications sommaires sur les bandes et la B^ nière de les rouler, nous décrirons par régions les bandages le plus souvent eoployés, à quelque catégorie qu'ils appartiennent Nous passerons ainsi sucoesiT^ ment en revue les bandages de la tète, du tronc et des membres.

Des BAHDBS.

Les bandes sont des pièces de linge dont la longueur varie de 1 mètre à 10 mètres et dont la largeur ne dépasse pas habituellement 5 à 6 centimètres. Elles setvent, en s'enroulant autour des dillérenies parties du corps, à Gxer les aairs

Épiècesde pansement ; on les emploie aussi à quelques autres usages et elles entrent

notamment dans la confection des bandages inamovibles, h Les bandes sont faites de toile, le plus souvent ; les bandes de coton sdnt peu lîusitées, bien qu*elles soient beaucoup plus économiques. Les bandes de tarlatane (fiie servent que pour les appareils plâtrés. On fait encore usage, surtout en Ânglefilerre^ débandes de laine ; enfui, dans certains cas, pour produire une compression ■énergique et continue, on a recours aux bandes de caoutchouc.

Les bandes ordinaires de toile sont taillées d'avance dans de vieux draps ; on a gsoin de les couper exactement dans le sens de la trame ; si pour les avoir suffisarail ment longues on est obligé de coudre bout à bout plusieurs bandes, il faut le faire l^sans ourlet et rendre la couture aussi peu apparente que possible. Les bandes ^1^ laites de toile demi-usée sont les meilleures ; elles sont souples et s'appliquent très- ^ bien; le seul inconvénient qu'elles présentent c'est de s'effiler sur les bords. On a K cherché à remédier à ce défaut en fabriquant des bandes spéciales pourvues d'une ^ lisière sur chaque bord, mais ces bandes ont moins de souplesse que les autres et g leurs bords sont plus coupants; il est préférable de les faire surfiler. Dans les g hôpitaux de Taris, les bandes sont de toile écrue; lorsqu'elles servent pour la g première fois elles sont dures, peu souples et un peu coupantes sur les bords; ce g n'est qu'après quelques lavages qu'elles acquièrent une souplesse suffisante pour s'appliquer régulièrement. En somme, on devra toujours préférer les bandes faite de toile demi-usée, ou celles qui ont déjà subi plusieurs lavages.

Les bandes de flanelle, beaucoup plus usitées en Angleterre qu'en France, présentent une souplesse que n'ont pas les bandes de toile; elles s'appliquent trèsexactement aux parties sous-jacenies et les compriment doucement. On leur a reproché leur prix assez élevé ; on a dit aussi qu'elles échauflcnt trop le membre qu'elles entourent et qu'elles se salissent trop facilement. Malgré ces reproches, nous croyons qu'elles peuvent être, dans quelques cas, employées avec avantage. Les bandes de caoutchouc vulcanisé sont réservées pour quelques circonstances spéciales; leur application a besoin d'être surveillée de près, car elles produisent ' facilement une compression insupportable.

Pour conserver les bandes et bien les appliquer, il faut qu'elles soient roulées en ' forme de cylindre dont le diamètre varie nécessairement avec la longueur de la* bande. On distingue les extrémités de la bande par les expressions de chef initial et de chef terminal ; le plein de la bande est la portion intermédiaire aux deux chefs. Autrefois on faisait usage de bandes dont les deux extrémités étaient roulées isolément et simultanément, on les appelait bandes à deux globes; elles sont presque inusitées aujourd'hui.

Bien rouler une bande n'est pas chose aussi facile qu'on pourrait croire; c'est cependant un talent que le chirurgien ne doit pas dédaigner. Voici comment on procède pour rouler régulièrement une bande : un des chefs est replié plusieurs Ibis sur lui-même, et fortement serré, de manière à former un petit cylindre qui •constituera Taxe autour duquel est enroulé le reste de la bande. Ce petit cylindre est saisi entre le pouce et l'index de la main gauche, et tenu à peu près horizontalement, la partie libre ou plein de la bande placée en dessous et pendant verticalement, du côté de la main droite. Entre le pouce et le bord radial de l'index de la main droite, le pouce étant situé au-dessus, on fait passer le plein de la bande, de telle sorte que le cylindre qui sert d'axe repose dans la paume de la main et dans la concavité formée par les trois autres doigts. C'est par des mouvements alternatifs de pronation et de supination du poignet droit qu'on arrive à

imprimer à l'axe de la bande un mouvement de rotaiicn à peu près régoUer; pouce et rindex de la main gauche ne fout que maintenir les deux cxlrémilàij l'axe; le pouce et Tindex de la main droite retiennent plus ou moins la portiooi bande qui s*cnroule pour permettre d'en serrer convenablement les toun; autres doigts de la môme main exercent en même temps uue pression tionnéc sur le cylindre qu'elles font tourner.

Lorsque le globe de la bande a déjà un certain diamètre, il est bien plus de le faire tourner régulièrement; il est bon même, pour s'exercer, de praèl une bande à moitié déroulée seulement, et d'achever de la rouler^ afin d*avoir,è| le début, un axe d'un certain diamètre. Après quelques essais, on arrÎTe à Tvà\ régulièrement une bande; il faut cependant une certaine habitude ponroblair une bande dont les tours soient bien serrés; enfm, ce n'est qu'après un long exercice qu'on peut parvenir à rouler régulièrement et rapidement une bande. Ii{ perfection absolue n'est d'ailleurs jamais absolument nécessaire.

Manière d'appiiqvtir les bandes. — L'application d'une bande se lait lot- 1 jours en l'enroulant autour des parties qu'elle doit recouvrir et sur lesquelles dk| est destinée le plus ordinairement à maintenir les autres pièces d'un pansecmsi

Mais pour enrouler une bande autour d'un membre, on peut procéder de dillérentes façons : tantôt les tours de bande sont circulaires et se recouvrent complètement les uns les autres, c*est le cas le plus rare; tanlôt ils sont obliques oocb spirale, et ne se recouvrent qu'incomplètement; d'autres fois, enûn^ ils s'eutncroisent en X ou en forme de 8, et ne se recouvrent plus qu'en certains points.

Dans le plus grand nombre des cas, c'est au bandage à tours obliques que roo> recours : il constitue le bandage roulé ou spiral des membres.

Plusieurs précautions sont nécessaires pour bien appliquer une bande : il Int d'abord en fixer avec soin le chef initial, de manière qu'il ne puisse glisser sarb peau. Pour cela, saisissant le globe de la bande roulée entre le pouce et l'index à la main droite, on laisse pendre d'une certaine longueur le chef initial, etonk fixe avec l'index de la main gauche, par sa face externe, un peu au-dessus à point où doit commencer le bandage^ pour que les premier tours de bande qie l'on fait à peu près circulaires le recouvrent en passant plusieurs fois sor lai Nous supposons que l'on applique le bandage, comme cela se fait ordinairemest. de l'extrémité vers la racine du membre. Si les tours de bande devaient descendre de la racine vers l'extrémité, le chef initial devrait être placé un peu au-desso0 de la limite supérieure du bandage.

L'enroulement d'une bande se fait toujours de gauche à droite, et par sa âof externe, c'est-à-dire celle qui correspond à la surface du globe que l'on déroule. Il arrive quelquefois qu'après un nombre impair de renversés, on est forcé de continuer l'enroulement par la face interne de la bande, mais cela est toajoon moins commode.

De la traction exercée sur le globe de la bande pendant qu'on l'enroule dépeod la pression plus ou moins grande que subira le membre une fois le bandage torminé. Cependant, il faut savoir que celte traction restant constante, la presios supportée par les parties sous-jacentes augmente en raison du nombre de (ooi^ qui se superposent en un même poinL C'est ce qui résulte d'expériences faiie par Bérard en mesurant la pression à l'aide d'un dynamomètre. Avec un gran^ nombre de tours modérément serrés, on peut donc arriver à exercer une pressioi assez forte : c'est ce qu'il ne faut jamais oublier dans l'application d'un band^- *^i début, il esl8oaveiiVass«id\ff\c\V^dft^veudie compte du degré de consirictioi

ae Ton produit avec la bande; il faut alors s*en rapporter aux sensations éprou-

ées par le malade, bien que la susceptibilité des individus soit trës-diiïérente. H

a, en eiïet, des malades qui ne se plaignent jamais. Chez ceux-là, l'application

■■l4*un bandage trop serré peut déterminer des accidents, et, en dernier lieu, la

pHgangrène; on Ta vue survenir chez les enfants surtout Un chirurgien exercé

arrive d'ailleurs à apprécier et à connaître très- bien le d^ré de constriction qu'il

K j^ut exercer, et n'a pas, en général, d'accident à redouter.

Si un bandage n'était pas assez serré, en mouillant la bande, on pourrait, sans ile défaire, augmenter notablement la pression produite sur les parties sousiijacentes; mais c'est là un assez mauvais moyen, car, en séchant, les bandes se relâchent de nouveau.

■il Généralement, plus on rapproche les tours de bande les uns des autres, plus P f le bandage a de solidité. Dans le bandage spiral, chaque tour recouvre à peu près

la moitié du tour précédent; mais on peut rapprocher beaucoup plus les tours, et ■yi faire, par exemple, qu'ils se recouvrent aux quatre cinquièmes. Pour être à la ■il fois élégant et solide, un bandage doit s'appliquer exactement à tontes les saillies ^ des parties qu'il recouvre, et ne former aucun pli nuisant à la régularité du coup ^ d'œil et pouvant exercer sur la peau une pression incommode. £n rapprochant ^ beaucoup les uns des autres les tours d'un bandage spiral, il est quelquefois pos- ^t sible d'arriver à recouvrir complètement un membre sans qu'il se forme de pli ^ notable; il est cependant très-difficile de les éviter tout à fait par ce moyen. La ^ forme conique des membres fait qu'il se produit presque toujours des godets aux m0 points où les changements de volume sont un peu brusques. Pour obvier à cet

inconvénient, il faut exécuter des renversés avec la bande, c'est-à-dire la plier I obliquement sur elle-même, de sorte que son bord supérieur devienne inférieur, ^ et que sa face interne devienne externe.

g Les renversés se font de haut en bas, lorsque le volume de la partie à recouvrir ff^ va en augmentant, et de bas en haut, dans le cas contraire. Voici la manière gl d'exécuter un renversé de la première espèce : deux doigts de la main gauche, ^1 rindex et le médius, sont appliqués sur la bande, et la fixent au point où l'on veut gf faire le renversé. La main droite tend un peu la bande, et, par un mouvement ^ brusque de pronation, fait exécuter au globe qu'elle tient un demi-tour qui porte en bas le bord supérieur de la bande, et en dehors sa face interne. Il en résulte un pli oblique que l'on eOace autant que possible avec les doigts de la main gauche. Ce pli constitue le renversé. Sans changer la situation que l'on a donnée au globe, I on continue à rouler la bande, dont la direction seule a été un peu modifiée. I Pour exécuter les renversés de bas en haut, il est facile d'imaginer quelle sera la ^ manœuvre.

r Lorsqu'on a fait une série de renversés, on s'arrange de manière qu'ils se superposent régulièrement sur une même ligne, soit à la partie antérieure, soit sur un des côiés du membre, ce qui donne au bandage un aspect uniforme et une certaine élégance.

Le bandage achevé, on doit eu fixer le chef terminal ; on le fait ordinairement avec une ou deux épingles piquées de telle sorte que leur pointe soit bien cachée ei ne puisse blesser le malade. Quelquefois on coud l'extrémité de la bande aux tours qui sont au-dessous d'elle. Si le baudage doit rester longtemps appliqué, on fait même bien de coudre également ces différents tours les uns aux autres par ^eqrs bords, au moins de distance en distance, pour prévenir le glissement. Dans

ni

ce cas, on préfère souvent solidifier le bandage avec la dextnne ou tout soir moven.

Une autre 'manière de fixer le chef terminal d'une bande, d'ailleurs très-^aI^' menl employé aujourd'hui, consiste à fendre ou à déchirer par la moîiié, suri certaine longueur, Textrémité libre de la bande, et à nouer ensemble ces dcci> moitiés, après avoir fait passer Tune en avant et l'autre en arrière du membre. li»] le bandage de la saignée, on laisse pendre, comme nous le savons, le chef inib à la partie externe du bras, de manière à pouvoir le nouer par une roseite ao cl» terminal, lorsque le bandage est achevé.

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