BANDAGES DE LA TÊTE
Triangle. — Pour maintenir un pansement appliqué sur un point quelconqu' de la surface crânienne» et même sur le front, le moyen le plus simple consiste i' recouvrir la lètc d'un linge triangulaire. On en replie la base sur une largeur dedeoi! travers de doigts, et Ton place le milieu de cette base sur la partie moyenne do front. Le plein du triangle recouvre le cuir chevelu, et le sommet pend eo arrière sur la nuque. Les deux angles latéraux sont ramenés en arrière, eatrecroisés au-dessous de Tocciput, par-dessus le sommet du triangle, puis cuDdolu chacun vers la tempe, du côté opposé. On les fixe en ce point par des épiogb s ils ne sont pas assez longs pour revenir s'entrecroiser sur le front. Pour cooh pléter le bandage, il est bon de saisir le sommet du triangle qui est libre en arrière, de le relever par-dessus Tent recroisement des angles latéraux, et du le fixer alibi par quel(|ues épingles, f.e bandage, un peu serré, ne se dérange pas facileun'Ui et est d'une application très- simple.
Bandage croisé de la tête. — H peut servir à fixer un pansement sur un partie du cuir chevelu, sur le front^ sur la tempe, les oreilles et la région parolidienne. Pour l'appliquer, on prend une bande de 5 mètres environ ; on en pbcr le chef initial sur le front ou la tempe, et on le fixe par quelques tours de baixk circulaires ou même légèrement obli(|UGs, passant en arrière sur Pocciput. Pois, au niveau de l'une des tempes, on fait un renversé à angle droit que l'on lixe solidement avec une épingle; la bande est alors ramenée sous la mâchoire, puis conduite en remontant de l'autre côté, de façon h décrire un tour vertical complu! passant sur le sommet du crâne. Après quelques tours semblables, on fait on dudveau renversé au niveau de la tempe, et l'on termine par quelques circulaire horizontaux.
Ce bandage a l'inconvénient de comprimer et d'échauiïer les oreilles; il d'cn solide qu'à la condilion d'en fixer les tours en plusieurs points à l*aidc d*épingit^
monocle. — On décrit encore sous ce nom un bandage qui sert à fiitr 1^ pansements sur la région orbitaire. Comme ce bandage est assez difficile i eitcuter et se dérange facilement, on fera bien de lui préférer un simple bandeau Après Topéraiion de la cataracte, ce dernier est presque exclusivement emploi' aujourd'hui.
Pour appliquer le monocle, on prend une bande de 6 à 5 mètres; on la fixepv quelques circulaires horizontaux autour du front, de gauche à droite, poorrecoivrir l'œil droite et en sens inverse pour l'œil gauche, puis on fait no rcflTerv au-dessus de la racine du nez, en dirigeant la bande obliquement sor la jove,df
manière à recouvrir Toeil : la ;bandc est conduite derrière Tangle de la mâchoire, passe sur la nuque, puis remonte par-dessus Toreille, du côté opposé, pour revenir sur le front, où l'on recommence un nouveau renversé. La bande, dans ce second trajet, doit recouvrir aux deux tiers le premier tour. Après quatre renversés semblables, toute la région orbitaire et la joue se trouvent généralement recouvertes. On termine par quelques circulaires. Il est bon de fixei; par quelques épingles la bande au niveau des jets obliques et des renversas pour éviter le glissement de la bande; mais, malgré celte précaution, le bandage reste rarement sans se déranger d'un pansement à Taulre.
Le binocle^ que Ion appliquait soit avec une bande ordinaire, soit avec une bande <i deux globes, est plus compliqué encore ; il est inusité aujourd'hui, et peut toujours être remplacé par un bandeau.
nentoniiière. — S*il s*agit dc maintenir un pansement sur le menton, sur la région sus-hyoïdienne^ et même sur la joue et autour des oreilles, un simple triangle plié en cravate de la largeur de trois ou quatre doigts, et embrassant la mâchoire inférieure, est suffisant dans la plupart des cas. On le noue au sommet de la tête ou Ton en fixe les deux extrémités avec des épingles. Si on le fixe au bonnet du malade, il ne se dérange pas ; c'est donc un bandage beaucoup plus simple que le chevestre simple et le clicvestre double jadis employés; c'est surtout un bandage moins susceptible de se déranger.
Fronde. — S'il s'agit de recouvrir exactement la symphyse du menton ou d'immobiliser la mâchoire inférieure dans le css de fracture ou de luxation, on fait bien d'avoir recours «i la fronde, qui est presque aussi simple que le bandage précédent, et qui «igitplus eflîcacemeut. Pour la confectionner, on prend une pièce de toile large de cinq travers dc doigt et longue de 1 mètre ; on la fend par la moitié, suivant la longueur, en laissant seulement à la partie moyenne 10 centimètres de plein pour réunir les quatre chefs ainsi formés.
C'est ce plein que l'on applique sur la symphyse du menton. Les deux chefs supérieurs sont portés parallèlement à la branche horizontale du maxillaire, passent au-dessous des oreilles et s'entrecroisent sur la nuque où on les maintient provisoirement. Les deux chefs inférieurs sont conduits vers la tempe et croisés sur le sommet de la tOte où on les fixe par des épingles ; on ramène alors les extrémités des chefs supérieurs de la nuque vers le front en passant par-dessus le pavillon de l'oreille et on les fixe au-devant du front; ils croisent par conséquent à angle droit les deux chefs inférieurs auxquels on les assujettit au niveau dc la tempe.
La fronde embrasse bien le menton et peut rester assez longtemps sans se déranger; cependant, comme tous les bandages, elle se relâche assez vite; aussi, pour la contention des fractures du maxillaire inférieur, est-ce un moyen souvent insuffisant ; mais elle est excellente pour fixer un pansement sur la symphyse et même sur la lèvre inférieure.