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APPAREILS A EXTENSION CONTINUE

Les appareils h extension continue sont destinés Si lutter contre les causes qni produisent le chevauchement des fragments dans les fractures et amènent le raccourcissement de Tos lorsque la consolidation est effectuée. De ces causes, la plus puissante est sans contredit la tonicité musculaire, et elle ne se fait sentir nulle part ailleurs d'une façx)n plus marquée que dans le traitement des fractures <1u fémur ; aussi la plupart des appareils h extension continue sont-ils destinés aux fractures de la cuisse. La multiplicité des moyens proposés pour arrivera obtenir la guérison sans raccourcissement, prouve l'extrême diflGculté du problème h résoudre, et malgré les nombreux moyens dont disposent aujourd'hui les chirurgiens, la solution ne parait pas avoir encore été obtenue.

Les appareils h extension continue doivent être divisés en deux classes. Dans la

première se rangent ceux dans lesquels, pour produire l'extension et la contre-

.^ extension du membre, on emploie des liens 5 peu près rigides qui n'agissent qu'en

. vertu du degré de tension qu'on leur donne au moment de l'application de l'ap-

g |)areil et qui se relâchent très-rapidement. Si l'on interpose en effet un dynamo-

.| mètre entre les liens extenseurs et le membre soumis aux tractions, quelle que soit

la force déployée primitivement, on voit bientôt l'aiguille revenir au zéro. Ces

^;)ppareils n'ont donc qu'une efficacité illusoire ; ils ne peuvent lutter contre l'action

..incessante des muscles; ce|)endant ils sont encore utiles et ne doivent pas être

^u:omplélcment rejetés, parce qu'ils immobilisent généralement mieux que les

*Mipparcils ordinaires le membre fracturé^ et qu'ils peuvent au moins lutter avanta-

;eusement contre les contractions musculaires irrégulières et spasmodiques, qui "^c produisent quelquefois et ajoutent au déplacement des fragments. A cette ^classe appartiennent les appareils de J. L. Petit, de Desault, de Boyer. ^ La seconde classe comprend les appareils combinés de telle sorte, qu'une force incessante agit pour produire les tractions; cette force est représentée tantôt par tin poids tirant sur le membre par l'intermédiaire d'une poulie, tantôt par l'élasticité de liens de caoutchouc convenablement distendus. Ces appareils, a prîon\ #fienib!craicnt devoir remplir toutes les condilioiis vooliMS, capciodait il «si bin iïcn être toujours ainsi ; il résulte, en effet, des cipérkaoa^ *

Jlcnr action est souvent insuffisante. Lorsque letliM

malades, comme dans le cas où elles ne dépassent pas 3 ou 4 kilogramii sont à peine suffisantes pour contrebalancer le poids du membre et le fn qu*il exerce sur les coussins qui le supportent; lorsqu*au contraire le moi soumise des tractions plus considérables qui tendraient alors réellemeut l Tune de l'autre les deux extrémités des fragments, elles deviciineot ra|: intolérables pour les malades. Les appareils qui appartiennent à celte cl; néanmoins intéressants à'connaitre ; nous eu dirons quelques mots; mais i pas oublier que dans le traitement des fractures, Tapplicatioii d*un appa movible rapidement solidiûable, comme le sont les appareils plâtrés, est ( meilleur moyen de s'opposer aux chevauchements des fragments.

Appareil de J. L. Petit. — J. L. Petit pratiquait pour les fractures i\ la contre extension au moyen d'un drap plié en cravate, dont les extrémité Gxées à la tête du lit et dont le plein, passant entre les cuisses du blessé^ s* sur l'un des ischions ; il variait le point d'appui pour ne pas fatiguer le L'extension était faite au moyen de liens ordinaires fixés au dernier segi membre et attachés au pied «du lit. Si, dans cet appareil, le sens des tracti( plus heureusement combiné que dans les appareils de Desault et de Boy( facile de voir que les liens avec lesquels l'extension et la contrc-extensioi pratiquées devaient se relâcher trop rapidement ; le blessé devait en ooii Immobile dans le lit pendant toute la durée du Iraitemeur.

Appareil de Desanit. — Desault imagina, pour remédier à cet incon son attelle externe, qui est encore assez souvent employée de nos joui attelle doit être assez longue pour qu'étant appliquée à la partie extcn cuisse, son extrémité supérieure remonte jusqu'à la ceinture, et son extré férieure dépasse notablement la plante du pied ; elle porte deux mortaise échancrure à chacune de ses extrémités. Pour faire la contre-extension, oi lespassantdansl'échancrure et la mortaise supérieures et en les nouant sol les deux extrémités d'un lac dont la partie moyenne est rembourrée et pa

FiG. 57. — Attelle de Desault.

le pli génito-crnral, en prenant un point d'appui sur l'ischion du côté L'extension est pratiquée au moyen d'une bande qui entoure la partie lui de la jambe et prend son point d'appui au-dessus des malléoles ; les deux cxt de cette bande sont fixées à l'extrémité inférieure de l'attelle et doivent une traction assez forte au moment où on les noue pendant qu'un aide tir pied. La cuisse et la jambe ont d'ailleurs été préalablement entourées d ui reil deScultetou d'un bandage roulé, et un long coussin a été placé entre et la face externe du membre. En fixant les liens extenseurs au-dessus d léoles, il est nécessaire de garnir le point où ils appuient de compresses coton pour éviter une pression douloureuse. Pour fixer la partie supérieure telle au tronc, ou entoure le bassin d'un bandage de corps qui recouvre L correspondante de l'attelle; quelquefois le bandage de corps est remplacé | ceinture bouclée, plus solide.

Primitivement l'appareil de Desault ne présentait pas d'attelle interne* nid antérieure; ces attelles ont été ajoutées depuis avec des coussins qui leur < pondent Gerd) a eu ouvre ^o\ou%ib «s&^x V^ttelle interne pour que am exi

TRAI'IEMfcNT LOCAL. 555

descende au mCMne niveau que celle de Taltelle externe; elle esl également munie d*une échancrure et d'une mortaise qui servent à Gxer le lac extenseur interne, pendant que Textrémilé supérieure de celle attelle convenablement rembourrée prend un point d'appui sur le périnée. Pour éviter que les deux attelles exercent une pression trop forte sur les malléoles, Gerdy ajouta plus tard une barre transversale réunissant les doux attelles au-dessous de la plante du pied, et il y fixa les lacs extenseurs.

^ Soit que l'on emploie l'appareil de Desaull tel qu'il existait primitivement, soit qu'on se serve de l'appareil modifié par Gerdy, il est facile de voir que la traction exercée par les liens doit se relâcher rapidement; la contre-extension se fait, en outre, très-ohliquement par rapport à l'axe de la cuisse, et la pression du lien rembourré dans le pli génito-crural est presque toujours très-douloureuse. Aussi se contente-t-on ordinairement dans le traiteme-nt des fractures de cuisse d'appliquer l'appareil de Scultet en donnant seulement à l'attelle externe une longueur égale à celle de l'appareil de Desault, et eu la fixant au bassin par un bandage de corps comme dans celui-ci; mais on supprime les lacs extenseurs et contre extenseurs.

Appareil de Boycr. — Royer conserva la disposition générale de l'appareil de Desault, mais le modifia heureusement; son attelle externe présente supérieurement un crochet auquel on fixe une courroie de cuir rembourrée dans la partie qui répond au pli génito- crural; inférieurement elle est munie d'uue vis sans fin que l'on manœuvre à l'aide d'une manivelle et qui sert à faire mouvoir une semelle recouverte de peau et rembourrée. Celle vis représeute la puissance cxtensive ; le pied du blessé est appliqué sur la semelle et y est fixé par deux longues courroies qui se prolongent sur la jambe^ jusqu'au-dessus du genou, de telle sorte que lorsqu'on fait mouvoir la vis, la semelle entraîne le pied ; on peut ainsi obtenir une extension assez énergique et qu'on rétablit, lorsqu'elle se relâche, par quelques tours de vis. Cet appareil esl bien conçu pour ce qui coucei*ne la puissance extensive, mais la contre-extension offre les mêmes inconvénients que dans l'appareil de Desault ; aussi u'est-il pas plus employé aujourd'hui que ce dernier, peut-être même y a-l-on moins souvent recours parce-qu'ii esl plus difficile à construire.

Appareil amériealn. — L'appareil dit américain dont M. Nélaton a fait souvent usage depuis 1858, ne présente pas les inconvénients des appareils à extension de Desault et de Boyer. 11 consiste essentiellement en une longue attelle que l'on place à la partie externe du tronc et du membre fracturé. Cette attelle doit, d'une part, remonter jusque dans l'aisselle, et de l'autre dépasser d'une assez notable longueur le pied du blessé. £lle porte à cette dernière extrémité une pièce de bois faisant angle droit avec sa direction et traversée par un pas de vis dans lequel s'engage une grosse vis en bois. Dans un certain nombre d'appareils, cette pièce de bois glisse dans une coulisse le long de la face interne de l'attelle et peut être fixée à la distance convenable pour la longueur du membre. La vis se termine par un gros crochet pivotant sur son axe et destiné à produire l'extension dont quelques tonrs imprimés à la vis peuvent faire varier l'intensité.

Pour appliquer l'appareil, on procède de la façon suivante : une bandelette de diachylon large de deux ou trois travers de doigt et longue d'un mètre environ, est appliquée le long des faces externe et interne de la jambe, de façon qoe sa partie moyenne forme une anse libre regardant par sa concavité la partie moyenne de la plante du pied ; c'est dans cette anse que doit s'engager le crocJiet de la fil destinée k produire l'extension . Pour fixer solidemenl celle bami» M ^licMiili. < onre;

la jambe d'un bandage roulé ordinaire ou mieux d'une série de bandelettes de du cliylon, un peu larges, que Ton imbrique comme celles d*uii appareil de Scollei. S'il s'agissait d'exercer une traction plus énergique, on pourrait substituer à ce revêtement de diachylon un bandage roulé, dextriné ou silicate, mais dans le plos grand nombre des cas^, le premier moyen de fixation sera suffisant. Grâce à celle disposition, la traction n'est plus, comme dans les autres appareils^ exercée sur on point limité du coude-pied où elle [)ourraît bientôt devenir insupportable ; elle est répartie sur toute la longueur de la jambe et s'exerce parallèlement à l'axe da membre; elle peut donc être continue et assez énergique sans devenir intolérable. Voilà pour l'extension. Pour la contre-extension, au lieu d'agir obiiquemeut sur le bassin et sur la racine du membre, comme dans l'appareil de Boyer, elle se trouie être à peu près parallèle h l'axe de ce dernier, grâce à la longueur de Faitellf externe. En eflct, une anse de cuir, bien rembourrée, embrasse le bassin en prenant un point d*appui sur les branches du pubis et sur Tischion et se continue par des courroies jusqu'à l'extrémité axillaire de l'attelle; la traction s^exerce ainsi presque parallèlement à l'axe do tronc, et le point d'appui, largement pris sur le bassin et sur le périnée, ne presse i)as d'une façon filcheuse sur la partie interne et la plus élevée de la cuisse. Deux grandes ceintures bouclées, l'une embrassant le bassin, l'autre le thorax et que Ton peut à la rigueur remplacer par des bandages de corps solides, assujettissent l'attelle externe au tronc ; cette dernière est garnie d'un coussin sur sa face interne de façon à ne pas presser douloureusement sur les parties saillantes. L'appareil est complété par une attelle que l'on place à la partie interne du membre avec un coussin et qui ne présente rien de particulier; le tout est fixé par des sangles à l)oncles ou par desimpies lacs, comme dans les appareils ordinaires pour la cuisse.

Lorsque la contre-extension est établie et que le crochet de la vis a été engagé dans l'anse de diachylon, on tourne la vis jusqu'à ce que l'on ait obtenu la traction nécessaire; cette traction est ordinairement bien supportée, mais comme dans tous les appareils de ce genre elle ne reste pas constante, et il faut une ou plasieurs fois par jour donner quelques tours de vis pour la rétablir dans son eflicacité primitive.

Nous pensons, en somme, que dans l'appareil américain, l'extension et la contre-extension sont établies d'une manière plus rationnelle que dans les autres appareils et qu'on peut en obtenir de bons effets ; cependant il ix*ste passible des mêmes reproches; la puissance de traction ne peut jamais y être absolument constante, et il arrivera bien rarement qu'on puisse le rendre assez énergîrine pour éviter tout raccourcissement. Le seul moyen de rendre cet appareil efficace est d'interposer des tubes de caoutchouc entre l'anse de diachylon et le crochet de b vis. La traction, grâce à cette disposition, s'exerce d'une manière plus continne.

Dans la seconde classe d'appareils à extension continue que nous avons admise, une force agissant d'une manière continue est employée à lutter contre la tonicité musculaire et le chevauchement des fragments qui en est la conséquence.

Déjà du temps d'Hippocrate on avait utilisé l'élasticité de baguettes flexibles courbées en arc, pour produire l'extension continue, mais c'est à Guy de Clianliac que l'on attribue la première idée de se servir d'un poids suspendu à une corde qui se réfléchit sur une poulie. Cette dis|)osition se trouve ré|>étéc dans on grand nombre d'appareils : une petite poulie est raéc à demeure au pied du lit, un poids de qudqui^s kilogrammes est suspendu à une corde ; la corde se réfléchit sur la poulie et vienl Virer \>aiT «oti e\\t^\xv\v^ ^>\v uti éirier ou «ne sorte de goélre

T11AIT£MËNT LOCAL.

f|ui transmet Ja traction au pied et an fragment inférieur. Le membre fracturé est, dans ce cas, entouré d'un appareil ordinaire de Scultet. Mais il faut peu compter rur une scMnblable traction : en effet, un poids de deux ou trois kilogrammes pour les fractures de jambe et de quatre à cinq pour les fractures de cuisse, contrebalance h peine la résistance opposé*? par les frottements du membre contre le coussin qui le supporte et, par conséquent, ne saurait agir efficacement sur le chevaucliement des fragments. D'autre part, dès que Ton applique des poids plus considérables, les nialades ne {Meuvent plus supposer la traction.

C'est un semblable système de poids extenseurs et contre-extenseurs qu'employait Seutin pendant la dessiccation de ses appareils amidonnés, mais sans doute, ainsi qu'on l'a fait remarquer, le bandage lui-mÔme supportait la plus grande partie des tractions sans grand profil pour la position récipi^ue des fragments osseux.

l'n des premiers, M. Grésely (1) a utilisé la force produite par la rétraction d'une bande élastlifue dans son a|)pareii à extension continue que Velpeau a décrit en 1832. Cet appareil se compose d'une ceinture de cuir embrassant le bassin et retenue par deux sous-cuisses. Elle est fixée d'une part au dossier du lit et d'autre part, en bas, aux traverses latérales. Une guêtre embrassant le pied permet de répartir la traction sur une large surface. L'extension est produite par une forte bande élastique, attachée à la guôli-e et rixée par son extrémité h une tige métallique perpendiculaire solidement établie au pied du lit.

M. Gariel a utilisé aussi l'élasticité dp caoutchouc pour produire la traction; il dispose ses liens extenseurs et contre -ex tenseurs comme le faisait Petit. Le lien contre-extenseur est un long tube de caoutchouc renflé à sa partie moyenne, pour embrasser la racine du membre inférieur par une plus large surface au niveau du pli génito-crural et dont les deux extrémités s'attachent à la tête du lit. I^ lac extenseur fixé au pied du lit est représenté par un autre tube de caoutchouc embrassant l'extrémité inférieure de la jambe au-dessus des malléoles, par une espèce de collier, que l'on insnflle en l'appliquant et dont la pression est rendue, par là, aussi douce que possible.

La disposition de l'appareil Gariel semble parfaitement rationnelle; il parait cependant que les tractions deviennent très -rapidement insupportables pour le malade dès qu'elles sont assez énergiques pour lutter contre la tonicité musculaire.

C'est h l'élasticité des tubes de caoutchouc que l'on a eu le plus souvent recours, dans ces dernières années, pour opérer des tractions continues. MM. Legros et i h. Anger ont proposé ce moyen pour la réduction des luxations.

Nous avons nous même quelquefois employé les tractions élastiques avec les licnr» de caoutchouc, dans le but de corriger par une extension continue certains dè))lacemcnls de l'articulation tibio-tarsienne de date déjà un peu ancieime. Pour cela, nous entourions d'abord le pied d'un bandage solidifié an moyen de la dextrine ou du silicate de potasse ; par-dessus ce bandage et après dessiccation, nous fixions des tubes de caoutchouc de la grosseur du petit doigt par quelques tours de bandes de diachylon, en ayant soin de rabattre les extrémités des tubes ?>ur les premiers tours et de les recouvrir ensuite par de nouvelles bandelettes pour les empêcher de glisser. Ces tubes étaient par leur antre extrémité attachés au pied du lit. La partie supérieure de la jambe était également entourée d'un bandage

(1) Grésely, Mémbtre sur un nouvel appareiipoHr guérir fet fraetwren dueai dn fémur et 4/u corps (le cet o$^ lu è l'Académie de mèdeciie, le 13 cvril ISSf .

636 CUiUUR<;iE CLINIQUE.

solidifié, auquel nous fixions de la même manière les lubes destinés à produire!) conlre-exlenston. La force de traction était en raison du nombre des lubes employés et de l'élongalioa à laquelle ils étaient soumis.

Sans pouvoir nous prononcer sur Tefficacilé de cet appareil, nous pensons quf grâce aux bandages solidifiés qui répartissent les pressions sur «le larges surfaces, il est possible de soumettre les deux segments d*un membre fracturé à des tractions en sens inverse, plus énergiques qu*a%'cc les autres appareils, sans fatiguiTlc malade. Pour faire l'extension continue dans le cas de fracture de la jambe, noa<i conseillerions d'entourer d'abord le membre fracturé d'une couche d'cuaie «t d'un bandage roulé ordinaire, puis de solidifier le bandage au moyen de deoi bandes dextrinéesou silicatées appliquées, l'une au-dessus, l'autre au-dessous do siège de la fracture, de façon que les deux moitiés de Tappaieil solidifié ne fii.sscm pas solidaires l'une de l'autre. La dessiccation obtenue, des tubes de caouictiouc seraient disposés comme nous l'avons indi(|ué pour faire l'extension et la contri*extension.

Appareil A extension de Henne^uln. — Dans ces dernières années, M. Ilennequin a proposé un appareil à extension continue qui diffère essentiellemeut (Io> antres appareils de ce genre. Il est applicable aux fractures do fémur et au traitement de la coxalgie. Partant de ce principe que la douleur déterminée par la pir:»sion aux points où .sont appliquées l'extension et la contre- extension dans lesauim appareils est le grand otK^tacle qui fait échouer dans leur emploi, M. Heuncqnio a cherché à répartir les points d'application de la contre-extension et de l'extension de manière qu'ils pussent se suppléer les uns les autres et que la pression fut facilement supportable.

Son appareil permet de mettre le membre dans trois positions diflérentes : 1*" la position en équerre (la jambe fléchie à angle droit sur la cuisse qui repose sur uo plan horizontal); 2° la position rectiiigne; 3"" la position en double plan incliné.

La première position est applicable au traitement des fractures du fémur et obligea laisser la jambe pendante hors du lit; mais l'expérience a montré que c'o:! là un très-léger inconvénient largement compensé par les avantages de l'extension. La deuxième position est surtout destinée h immobiliser le membre dans le traitement de la coxalgie. Quant à la position en double plan incliné, M. Hennequin la considère comme bien inférieure aux deux autres et ne devant être employée qm lorsque des circonstances particulières le commandent.

Le corps même de l'appareil se compose d'une gouttière crurale embrassant U cuisse h sa partie postérieure (A) et d'une partie répondant à la jambe et articuléi' avec la première au niveau du genou ; cette dernière pièce n'est utilisée que dans les cas où le genou ne peut être fléchi. Les attelles BB' qui limitent latéralement b gouttière sont beaucoup plus longues que le fémur, et sont munies de boutons a leur extrémité libre.

Les prolongements MM' de la pièce destinée à la jambe sont recourbés en de4uicercle à leur extrémité supérieure et réunis inférieu rement par un cadre 00' qui porte une pédale 1. Au moyen de boulons à écrou N,N', celte seconde pièce > articule à la première au niveau du genou, dans les rainures LL' et peut prendre n'importe quelle position angulaire par rapport à la gouttière crurale. La pédale s'incline à droite ou à gauche, suivant le besoin. Le cadre qui la soulienl porte des galets RR', qui servent de poulies de réflexion aux élastiques avec lesquels on pratique l'extension quand le membre est dans la position rectiiigne.

I^es pièces à l'aide desquelles se fait l'extension comprennent : i« qhc moBe-

TRAITBHENT U>CAL. 637

lii-re >i ligole e e* demi-cylindrîqne qui enloare le mcdlet sans comprimer ïvs virs-

Fiii. 58. — Appanil du doeleor Reiuequin ('). seaux poplilés. On 11 boucle aiisssi haut que possible sur les mosclet gaslro-cné-

«inelBiTJvdsprexuioD, FtrfBDIi arr^Eet Iah monTemdoli Ae rotalion eL de TA-eUvJfln1 lie k li|» «mjiM; H, tj|^ i-ond^v ]ATlaiil (ins eoqniUs «I pvnvabt >e pl*r«r k dni\9 on k ftaneht ds k ROtltllAn; E, roqllil]* biiT^TB * rhami^TV. reoreriauit nae iphirrn an Iriiiii ; F. f, ti^4 qni InTdivenl la fpK^TB al poiianl Isf »IoI» ; G, G, p«lnm ilLaqite"; Ht erniHin pnbi<^ ; 1» ronsaiD ÏKhiatiqna sa foraia da PnÏHHal ; L,L, «Hiliaaa» dvliil#«a à r«t4TDir ]e« botiLoDu tf,S', de rariDalim jur^tieiuv. — Fif^. !. V* U'. UanlflleLt» arquée* v'adfptaot i la çDnttLArr rnirala dam toiitai Im pnuliou. an moieo du bDitonn N. N"; o. O', «drei ptaete de tliai|ne 1.41* de 1* p«dale: P, p*l*le i H. R'> «l*t> enrul <le poidiia ds rûnniiui aiu èlaitiqnaa. lunjn'an fail rnUaiinn daai la poillioli

riears de la'miaee; A| ¥, poiiti farument rnbanjTN an rapport avre l« «ewifleathi ftDBr; C| f\Hiieële> enifiaal» termiDéF par de* luHâna HrcAn de tnjoi; tf,if ,nbeu gradoti iiHlidiuDt m IrilngruiiMni la furre Je tnHi«m — r«. t. •,•, nelktiént riiinla; ^, rigola dotbito k pmUav In tumh m In Mrfiih tn« l-iplil* : t, s, pftiue lanitrei maal h a»r bb bwelal, ani piiïnti d'ettacks daa —riei arijeoeir.

miens. A celle molleiière s'atlaclient des liens élastiques, sortes de muscles ailiûciels terminés par des lanières que l'on fixe aux boutons des attellos de la goDltière crurale ; 2*" un bracelot formé de deux demi-cylindres a a' réunis par un lacet à la partie postérieure. On le boucle à la partie inférieure de la cuisse inimédiaiement au-dessus des condyles du fémur. Il porte deux tracteurs élastiques que i*on fixe aux l)oulons de l'attelle longitudinale de la gouttière.

Les pièces destinées à la contre-extension sont représentées par des poiot ^ rembources, de forme variable et au nombre de trois : une pour la fosse iliaque externe, Tautre pour la branche horizontale du pubis, la dernière pour la tnhvn)* site de rischion.

La pièce qui prend son point d*appui sur la fosse iliaque externe est une pelote ovalaire G G', supportée par une lige coudée à angle droit. Celle <|ui ré|K)nd au pubis a la forme d'un boudin H. La troisième I qui s'appuie sur l'ischion est in forme de croissant à concavité supérieure.

Grâce à la disposition de la pièce E que traverseut les tiges F F' qui porte.it les deux premières pelotes, on peut donner à ces tiges la position que Ton veut sàii> déranger la gouttière crurale à laquelle est reliée la pièce E par la tige condéo I), en acier.

L'ensemble de ce mécanisme, ainsi que le dit M. Hennequin, forme une sorte do collier qui embrasse la racine du membre en s'appuyant sur Tos des iles. Ijes pièces mobiles peuvent être arrêtées dans une position donnée et p>erniettent de soulager un des points d'appui en reportant sur les autres toute la conlre-extcDsiaii.

Gel appareil a donné de bons résultats pour le traitement des fractures de cuisse. iM. Désormcaux et M. le professeur Gosselinont constaté que dans plusieurs cas la consolidation s'est ciïcctuée sans raccourcissement ou avec un raccourcissement extrêmement faible et môme avec allongement. Nous avbns nous-meme, à plusieurs reprises, utilisé cet appareil avec d'excellents résultats.

APPAREILS A PRESSION LIMITKE.

Les appareils à pression limitée ont été construits pour corriger les déplao*ments latéraux des fragments dans certaines fractures difficiles k maintenir. — Ce n'est guère que dans le traitement des fractures de jambe et contre la saillie d'un des fragments du tibia qu'ils peuvent être efficaces. Souvent lorsque celle sailli^^ existe plus prononcée que d'habitude, le chirurgien se contente d'appliquer, an niveau du fragment saillant, une compresse pliée en plusieurs doubles ou un lampon d'ouate qu'il ï\\ç avec une bandelette de diachylon. Lorsque ce moven n* suffit pas, il faut alors avoir recours à l'un des appareils imaginés pour comlMitrc ces déplacements exagérés.

Appareil de MaïKaigne. — Vappareil à pointe de Malgaigne applicable seiilrmeni à la saillie d'un des fragments du tibia, se compose d'un arc métalliciue embrassant à distance les deux tiers antérieurs de la jambe au niveau de la fracture; cet arc est fixé au moyen d'une couiToie qui passe au-dessous de la gouttière dans laquelle le membre est couché. I^ partie moyenne'de l'arc métallique porte uii écrou dans lequel s'engage une vis terminée par une pointe. Cette pointe vieut presser en perforant la peaustir la face antérieure du fragment saillant* \ Taidede la vison règle la pression de façon à opérer la réduction du fragment, sans fatiguer trop le malade. Cet instrument a donné à !\lalgaigoe quelques résultats

silisfaisants ; la pression de cette pointe n'est pas aui pas autant d'inconTémcnts qu'on pourrait le supposer.

d douloureuse et n'entraine

Appareil dr Lanilcr. — L'appareil de Laugier est moins ciïrayaiil; il consiste simplement dans un tourniquet de J. L. Tetil que l'on ajoute à un appareil ordinaire. La courroie du touiiiiquci passe au-dessous du mt inbre et de ra|)parcil ; la pelote presse sur le fragment saillant; i l'aide de la \is uii K-glc la pression jusqu'à ce que la réduction paraisse sulTisanie. M. Laugicr employait Fouvcnt ce touriii[[uet concurremment avec un appareil i extension continoc, qui rappelle celui de Boycr, mais qui n'agit que sur la jambe. C.ei appareil se comjwse d'une pl»nclic placée sous le membre; k l'extrémité est une semelle qui peut se moutoir au moyen d'une vis. Le membre, placé dans un appareil de Scultet, est Hté en haut à l'aide d'une genouillère lacée et de liens à ta partie supérieure de la planche; c'est là la ccntre-exlension ; l'extension est faite parla senielle fixée au pird par des liens et réglée au moyen de la vis. Le tourniquet de J. L. Petit complète ra[^reil.

.tpparell dr B. Anger. — Conslruit par Cliarriére, il est formé par une gnut-

Fic. 60. — Appareil â'pTeuioa aUerniUTB de BEnjumin Anger, pour le traitement de* fracturai oblique» de la jambe.

tière solide dans laquelle le membre est Gté; deux demi-arcti mËlalliques s'élèvent de cliaque côté de la gouttière et peuvent fitr« amenés iiMleins de II nillie do fragment ; ils portent i lenr extrémité libre une IJfl feitin itt

6^0 CHIRURGIE CLLMQUE.

h fait celle qui sert à opérer la compression dans les appareils poar anémsmes. Ces liges se icrniinent inférieurement par nnc plaque métallique rembourrée, qoi appuie sur la saillie du fragment par une ceriaine surface. On peut à Taide de cet appareil exercer sur les fragments une compression limitée et intermittente, ck manière à prévenir la mortification de la peau.

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