XII INTRODUCTION HISTORIQUE
Sous la dynastie des Ptolémées, de 323 à 30 aiis avaul Jésus-Christ, florissaieoi les écoles qui ont accueilli ou formé les Euclide(320), lesHipparque(200aT.J. C.), et même Arcliimède^ dont la vis servit à dessécher les marais du Nil.
A Alexandrie, on faisait de l'anatomie humaine et de l'anatomie comparée; Hérophile, florissant de 323 à 3^6, s'illustre comme anatomiste; les sciences se spécialisent, et les écoles d'Érasistrate et d*Hérophile discutent Hippocrate et la philosophie de Platon et d'Arisiote.
> Il est malheureusement fort difficile d'apprécier les travaux de l'école d'Alexandrie; il semble cependant démontré que, h côté de la création de l'étude de l'anatomie et de la physiologie, le diagnostic anatomique, l'étude des maladies des organes y a été la source des progrès de la chirurgie. Les spécialités les plus diverses apparaissent et sont représentées par des professeurs et des praticiens dont le nom est arrivé jusqu'à nous.
Déméirius de Phalère, en 308 (av. J. C.)i donna la première impulsion au mouvement intellectuel; mais Hérophile et Érasistrate (305 à 280) furent les fondateurs des grandes sectes dominantes. L'une et l'autre apportèrent en chirurgie les enseignements de l'anatomie et de la clinique.
Simon, leur contemporain, donne un vif éclat à l'étude des maladies des femmes; Xénophon, Arthénion, Miltiade, Sérapion, progressent dans la môme voie (de 290 à 260 av. J. G). Enfin, de nombreux spécialistes, des professeurs de la secte empirique, développent les diverses parties de la chirurgie, appliquant les notions de l'anatomie à l'étude et à la thérapeutique des maladies des yeux, de la vessie et des oreilles, ou même se consacrent à l'étude des hernies, des tumeurs, de la médecine opératoire, des pansements et des bandages. C'est ainsi que^ de 270 à 260, florissaient les Apollonius, les spécialistes Molpis, Niceus, Nymphadore, Philoxène, Gorgias. Sostrate, Héron, enfin, l'empirique Héraclide, de Tarente. Ces noms célèbres ont été conservés par Galien, Aétius, Paul d'Éginc, et les Arabistes, qui les ont cités et souvent copiés, de sorte qu'il a fallu les études i}ersévéranles de Daremberg pour rétablir dans sa juste valeur la gloire de l'école que ces chirurgiens ont illustrée.
§ IV. — La ehlrorgle A Rome.
Pendant plus de cinq siècles depuis la fondation de Rome, la chirurgie resta empirique comme la médecine; et, s'il faut en croire Caton, la médecine était peu estimée à Rome; elle était laissée entre les mains des esclaves et des Grecs; mais on faisait beaucoup de médecine domestique, et Caton médicamentait lui-même toute sa famille; les médecins grecs a'en prospéraient pas moins; Celse et Pline nous ont conservé les noms des plus célèbres d'entre eux. Archagatus, qui parait avoir abusé du fer et du feu, au point de mériter le surnom de Camifex, vivait à Rome deux cents ans avant Jésus-Christ. Asclépiadede Bithyuie, qui fut Pami et le médecin de Cicéron, pratiqua le premier la trachéotomie. Après lui, il j y eut invasion des médecins grecs, à qui César donna le droit de cité.
Il ne parait pas que la chirurgie ait fait de sérieux progrès, jusqu'au moment où Celse produisit, sous Auguste, le Timté de médecine^ qui peut être considéré comme résumant l'état de la science médicale et chirurgicale suivant les enseignements d'Alexandrie, dont Celse a fait connaître les grands maîtres. C'est dans les VIP et VIII* livres du traité De re mcdicâ, que l'on trouve les connaissances cbi- a rurgicales au temps d'Auguste, c'est-à-dire avant l'ère chrétienne. Suivant l'école