C. Nerf lingual
D. Maxillaire inférieur réséqué.
La méthode à laquelle on a dû tout d'abord avoir recours consiste à détruire les brides et à rompre l'ankylose par l'écartement forcé du maxillaire inférieur. Mais ce moyen étant insuffisant, on a scié l'os au-devant des adhérences, et l'on est venu à réséquer une étendue variable du maxillaire, de manière à donner de la mobilité à la partie de l'os qui est antérieure h la section. Mais quoi qu'on fasse dans ce but, les fragments, d'abord éloignés, ne tardent pas à se rapprocher et à se souder.
262 DES RÉSECTIONS.
Jusqu'à présent j'avoue que les faits ne me semblent pas bien favorables à cette opération,
§ 5. — Résection des côtes.
La résection d'une côte serait une opération difficile dans les cas où la plèvre est saine^ parce que l'adhérence de cette membrane à l'os ne permettrait guère de faire l'opération sans courir le risque de pénétrer dans la cavité pleurale ; mais quand une côte sera assez malade pour être réséquée^ on trouvera toujours entre elle et la plèvre une couche de lymphe plastique qui rendra la résection beaucoup plus facile et moins dangereuse qu'on ne serait tenté de le croire, en répétant l'opération sur le cadavre.
Opération. — Une incision faite sur le milieu de la côte malade^ dans le sens de la longueur de l'os, permettra de séparer les parties molles et de couper la côte avec une cisaille de Liston.
Si l'on avait plusieurs côtes à -enlever, il faudrait faire autant d'incisions qu'il y aurait d'os malades; de cette manière, l'opération serait beaucoup plus facile et donnerait lieu à une perte de substance peu considérable,
§ 6. — ■ Résection dw sternum.
On fait cette opération au moyen de couronnes de trépan qu'on applique tout autour de la portion du sternum qu'on veut enlever. Quand on ne peut pas se servir du trépan, on a recours à la gouge et au maillet. Cet os est d'ailleurs assez mou pour qu'on puisse l'attaquer avec un fort scalpel et en détacher des parties.
L'incision de la peau est cruciale ou en T à deux têtes.
§ 7.— Résection des apophyses épineuses des vertèhres.
Il est bien rare que les apophyses épineuses des vertèbres soient malades sans que le corps de l'os participe à la maladie; aussi serait-il difficile de citer un grand nombre de cas dans lesquels il a été possible de songer à la résection de ces prolongements apophysaires.
L'opération est d'ailleurs d'une grande facilite' . Une incision longitudinale faite sur la ligne médiane met à nu l'apophyse qu'on résèque avec la pince de Liston, beaucoup mieux qu'avec les scies, qui ne peuvent agir profondément sans exposer le chirurgien à blesser les bords de la plaie faite à la peau.
Je pense qu'il n'est pas permis de réséquer les lames des vertèbres, malgré l'observation rapportée par M. Alb. Smith, chirurgien américain, parce que jamais on ne peut à l'avance assigner la limite d'une lésion qui affecte un os recouvert par des muscles, et parce qu'il y a témérité coupable à tenter une opération d'une aussi grande gravité, dans un but aussi incertain. Mais je crois, avec M. Sédillot, que dans les plaies par armes à feu compliquées de fractures vertébrales et de la présence de corps étrangers entraînant des accidents de nature à rendre la mort inévitable, il ne faut pas hésiter à enlever ces corps étrangers et à réséquer les parties d'os qui exercent une compression sur la moelle épinière.
Une incision cruciale suffira toujours pour permettre au chirurgien d'atteindre les fragments qu'il veut enlever.
§ 8. — Résection des os elw bassin.
On a réséqué des portions du sacrum et de l'os iliaque ; mais coaime cette opération ne doit être pratiquée que pour des cas de fractures compliquées, ou pour ceux dans lesquels une balle ou tout autre corps étranger s'est logé dans un de ces os, le chirargien s'inspire des indications de la lésion, de sa nature, de la cause qui l'a produite, et surtout de son siège.
ARTICLE III
L'application du trépan est une sorte de résection qu'on pratique avec des instruments spéciaux. Ceux dont on se sert habituellement en France sont :
1° Le trépcm, qui se compose d'une espèce de vilebrequin dont la partie inférieure [arbre du trépan) (fig. 134, C) s'adapte à une scie circulaire de grandeur variable, qu'on appelle couronne du trépan (fig. 13Zi, B).
Les lames, qui constituent par leur ensemble une couronne.
26^ DES RÉSECTIOxNS.
sont inclinées en sens inverse du mouvement qui doit être imprimé à l'arbre.
2° Le perforatif, dépendance de la couronne^ au centre de laquelle il s'adapte^ et qu'il dépasse en bas^ peut aussi être une pièce indépendante qui se monte sur l'arbre du trépan, et qu'on remplace par la couronne quand elle a tracé la voie que doit suivre celle-ci (fig. 135).
A. Vis fixant la couronne B à rarl)re du Irépan.
B. Couronne du trépan.