OPÉRATIONS QU'ON PRATIQUE SUR LES ARTICULATIONS. ARTICLE PREMIER
IIYDROPISIE DES ARTICULATIONS, OU IIYD ARTHROSE.
Quand l'hydropisie des articulations a résisté à tous les moyens résolutifs, tels que pommades fondantes, vésicatoires, bains sulfureux, bains de xapeur, etc., il reste encore au chirurgien la ressource des opérations que nous allons décrire.
Vomtion. — Un aide faisant par la pression refluer la plus grande quantité de liquide vers la partie supérieure de la synoviale qui est le siège de Thydropisie, le chirugien plonge dans le point le plus saillant de la tumeur un trocart à hydrocèle par lequel il fait écouler la totalité du liquide épanché.
Je choisis un point élevé pour plonger le trocart, afin qu'après l'opération la sérosité qui vient à se former plus tard ne presse pas contre l'ouverture faite à la membrane synoviale, et ne donne pas lieu ainsi à un trajet par lequel l'air extérieur puisse communiquer avec l'articulation.
Avant de retirer le trocart, on presse tous les points de la tumeur pour en exprimer la dernière goutte de liquide.
Le pansement consiste à mettre une mouche de taffetas d'Angleterre ou de sparadrap sur la plaie, et à couvrir l'articulation de compresses imbibées d'une eau résolutive.
fonction sous-cutanée. — L'n aide faisant à la peau voisine du point où la membrane synoviale doit être ponctionnée un pli dont il saisit un des côtés, tandis (|ue l'autre est fixé par le
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chirurgien, celui-ci, armé d'un trocart dont il tient la boule dans la paume de la main, limite avec son doigt indicateur étendu sur la canule la partie qui doit pénétrer dans la tumeur; puis glissant la pointe de l'instrument dans la base du pli fait à la peau, il l'introduit parallèlement aux parties sous -cutanées, jusqu'au point où la ponction de la membrane synoviale doit être pratiquée; quand la pointe du trocart est arrivée là, le chirurgien imprime un léger mouvement de bascule à l'instrmnent, qu'il plonge ainsi profondément au centre de la tumeur.
En retirant le trocart de sa gaine, il laisse écouler le liquide, dont il facilite la sortie par une pression douce^ mais toujours égale, des parois de la poche.
Quand tout s'est écoulé, l'opérateur retire la canule en ayant la précaution de presser avec un doigt l'ouverture faite à la membrane synoviale, pour empêcher les quelques gouttes de sérosité qui restent, quoi qu'on fasse, de se répandre dans le trajet de la plaie sous-cutanée.
Au lieu de ponctionner directement avec le trocart, il vaut mieux commencer par faire à la peau, avec le bistouri, une petite incision d'un centimètre de longueur; la peau ayant été incisée, l'introduction du trocart devient tellement facile, que l'on peut le glisser dans le tissu cellulaire, sans l'intervention d'un aide."
Le pansement a plus d'importance que ne lui en accordent la plupart des chirurgiens. Si l'on se contente d'appliquer des compresses résolutives sur 1" articulation, il y a de grandes chances pour que la plaie du trocart ne se réunisse pas par première intention, et, partant, pour que le but de la ponction sous-cutanée soit manqué. On doit, au moyen de compresses graduées, exercer sur le trajet du trocart une compression qui, mettant les parois de la plaie sous-cutanée en contact, en produise la réunion immédiate et s'oppose à ce que la sérosité vienne mettre obstacle à l'agglutination.
Appréciation. — La ponction sous-cutanée, quand elle est bien faite, a sur la ponction simple l'avantage de rendre plus sûre la réunion immédiate de la plaie, et de s'opposer ainsi plus sûrement à la communication de l'air avec la cavité qui est le siège de l'épanchement.
Injections. — Depuis longtemps on fait des injections dans les articulations qui sont affectées d'hydarthrose ; mais ce n'est que depuis une douzaine d'années que Yelpeau et Bonnet
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ont fait entrer définitivement ce moyen dans la pratique générale.
Après avoir essayé beaucoup de substances médicamenteuseS;, on a donné la préférence à la teinture d'iode qu'on étend de quatre à huit fois son poids d'eau, avant de l'injecter.
L'injection se fait au moyen d'une seringue à hydrocèle, dont on adapte la canule à celle du trocart qui a servi à faire la ponction.
Avant de faille sortir le liquide de l'injection, on tâche de le mettre en contact avec la surface de la membrane synoviale, en malaxant la tumeur.
Après l'opération, le membre est maintenu dans Timmobilité sur un coussin de paille d'avoine ; on applique sur l'articulation malade des compresses trempées dans la teinture d'iode, et, par une diète sévère, on tâche de s'opposer aux accidents inflammatoires.
Incision, — « L'incision sera faite sur un des côtés de l'articulation, dans l'endroit le plus saillant et le plus déclive ; elle doit être d'une étendue médiocre, et, en la pratiquant, il faut tendre la peau en sens contraire du trajet que le bistouri doit parcourir, afin qu'après l'opération, cette membrane, en revenant sur elle-même, puisse couvrir l'ouverture de la capsule. » (Boyer.)
On ne réunit pas les lèvres de la plaie; un plumasseau enduit de cérat et maintenu par des tours de bande constitue tout le pansement.
Si un épanchement se forme de nouveau, on en facilite la sortie en introduisant un stylet dans la plaie.
Incision sous-cutanée. — Goyrand a pratiqué l'incision souscutanée de la capsule synoviale qui était le siège d'une hydropisie. Pour cela, faisant un pli à la peau à quelque distance du point où il voulait ouvrir la capsule, il plongea un ténotome à plat dans la base de ce pli, et, arrivé au niveau de la collection séreuse, il tourna de ce côté le tranchant de l'instrument, avec lequel il fit une large incision qui laissa le liquide s'épancher dans le tissu celhûaire ambiant, où il fut résorbé au bout de quelques jours.
Appréciation. — Ce n'est que dans les cas où la collection de liquide est très-considérable qu'il est permis de recourir à une opération pour guérir rhydartlirose, et lorsque tous les moyens médicaux ont échoué.
La, ponction sous-cutanée, par l'évacuation complète du liquide,