‹ Éléments de chirurgie opératoireChapitre 145 sur 263 · KYSTES · texte numérisé non relu

KYSTES

On distingue les kystes d'après leur siège. Nous nous occuperons successivement: 1° des kystes du tissu cellulaire; 2° des kystes des membranes synoviales des tendons; 3° des kystes hydatiques; U° des kystes sébacés,

§ 1^^. — Kysteisi du tissu^cellnlaire.

Ces kystes consistent dans une collection de sérosité transparente ou trouble, rarement colorée, le plus souvent incolore. Comme ces poches n'ont pas toujours une paroi distincte des parties voisines, et comme il est toujours difficile de disséquer leur enveloppe, quand elle existe, il n'y a que deux manières rationnelles d'en débarrasser les malades.

1° Incision. — Incisez largement le kyste avec la peau qui le recouvre, et, quand le liquide qu'il contenait s'est écoulé, introduisez dans sa cavité de la charpie sèche que vous y laisserez jusqu'à ce que la suppuration l'en ait chassée.

2° Injection. — Ponctionnez la tumeur avec un trocart à hydrocèle, faites écouler la sérosité par la canule de l'instru-

KYSTES. ÔDÔ

meiit^ et injectez dans la cavité du kyste de la teinture d'iode au huitième;, du vin chaud ou tout autre liquide qui soit de nature^ par ses qualités stimulantes^ à prévenir une nouvelle sécrétion de sérosité. Il est bien entendu que l'on fait sortir le liquide de l'injection avant de retirer la canule du trocart.

Appréciation. — L'incision expose à l'érysipèle, elle donne lieu à une longue suppuration et à une cicatrice toujours plus ou moins désagréable. L'injection est un moyen presque infaillible et qui n'offre aucun danger.

§ 2. — Kystes synoviaux.

Les kystes synoviaux comprennent l'hydropisie des bourses séreuses sous-cutanées et celle des gaines tendineuses; mais comme les premières ressemblent en tous points aux kystes du tissu cellulaire, nous n'ajouterons rien à ce que nous avons dit du traitement de ces tumeurs. Nous ne nous occuperons donc que des kystes provenant de l'hydropisie des gaines tendineuses^ que l'on appelle ganglions synoviaux. Ces kystes ont le plus souvent leur siège au poignet; mais ils peuvent exister partout où il y a une gaine synoviale. Ordinairement, ils sont constitués par une enveloppe fibro-séreuse contenant une substance qui ressemble à du blanc d'œuf liquide; quelquefois de petits corps allongés ayant l'aspect de la graine des cucurbitacées sont contenus dans le kyste avec le liquide dont je viens de parler, et qui n'est autre chose que de la synovie ayant une consistance un peu supérieure à celle de l'état normal.

Opération. — 1° Co7npression. — Portant le membre malade dans une position qui distende les parois du ganglion, le chirurgien cherche avec ses deux pouces placés l'un surFautre à faire éclater le kyste en le comprimant de toutes ses forces. Lorsqu'il réussit, la synovie se répand dans le tissu cellulaire voisin, où elle ne tarde pas à être résorbée.

L'immobilité de la partie qui est le siège du kyste est indispensable pour que la guérison définitive ait lieu. Des mouvements imprimés au membre malade suffisent pour que le ganglion se reproduise très-promptement.

2° Incision directe. — Incisez le ganglion dans toute sa longueur et pansez avec de la charpie sèche, comme s'il s'agissait d'un kyste du tissu cellulaire.

3" Incision sous-cutanée, — Un pli ayant été fait à la peau

voisine du ganglion^ introduisez à sa base un bistouri de la largeur d'un ténotome^ qui, passant à plat dans le tissu cellulaire sous-cutané, pénètre dans l'intérieur du kyste, incise ses parois, et permette au liquide de s'écouler au dehors, en suivant la lame de l'instrument. Poui' faciliter l'issue du liquide, un aide comprime la poche qui se vide alors complètement.

U° Injection. — Après avoir vidé le ganglion avec un trocart, on a encore injecté du vin chaud ou de la teinture d'iode pour obtenir l'adhésion des parois du kyste, ou au moins pour s'opposer à un nouveau dépôt de synovie.

Appréciation. — L' écrasement est le moyen le plus simple, le plus facile et le moins dangereux. Il réussit quand on a le soin, après l'opération, de tenir le membre malade dans une immobilité complète.

L'incision simple doit être proscrite à cause des accidents auxquels elle expose. Il n'en est pas de même de l'incision souscutanée, qui n'a d'inconvénients que lorsqu'elle est mal faite.

Enfin l'injection d'iode pourrait convenir si le kyste se reproduisait après l'écrasement ou l'incision sous-cutanée.

Mais je dois ajouter, pour rassurer les personnes affectées de ganglions synoviaux, que ces kystes se rompent souvent spontanément, et qu'ils se guérissent alors sans l'intervention du chirurgien.

§ 3, — Kystes hydatîques.

Incision. —- Incisez le kyste dans toute son étendue et faites suppurer ses parois en introduisant de la charpie sèche dans sa cavité.

Extirpation. — Il vaut mieux encore disséquer la poche et 'enlever en totalité. Si les adhérences ne permettent pas de aire cette dissection dans toute la périphérie de la tumeur, la partie qu'on sera forcé de laisser dans la plaie n'empêchera pas de réunir par première intention, et d'éviter ainsi tous les accidents auxquels expose toujours la suppuration d'une plaie, surtout si elle est large et profonde.

§ A. — Kystes sébacés.

Ces kystes, qu'on désigne encore sous le nom de tannes, proviennent du développement anormal des follicules sébacés, dont l'ouverture s'est oblitérée, ce qui donne lieu à une accu-

Page 1