MÉTHODE MIXTE
Sous ce nom on décrit une double opération pratiquée par Quadri. Pendant que l'abaissement se fait comme à l'ordinaire, une aiguille terminée par de petites pinces est introduite par une plaie faite à la cornée et sert à saisir et à enlever la capsule cristalline.
C'est encore un procédé mixte que Popération décrite par M. Laugier sous le nom de ?néthode par aspiration. L'instrument imaginé par ce chirurgien est une aiguille à cataracte, creusée d'un canal qui s'ouvre à la concavité de la lance; son manche est perforé et contient un piston que le pouce de Popréateur peut faire jouer. L'aiguille étant introduite dans la capsule du cristallin, comme dans rabaissement simple, le chirurgien peut aspirer la cataracte, si elle est molle, ou la déprimer, si elle est dure .
Appréciation. — On discute depuis bien longtemps la question de savoir si la méthode de l'extraction est supérieure à celle de Pabaissement, ou si celle-ci est préférable à Pautre. On a fait des volumes sans trouver une solution qui ait satisfait tout le monde. Je ne puis donc pas avoir la prétention d'établir une loi; je dirai seulement mon opinion.
J'ai cru pendant longtemps que chez les individus encore jeunes, et chez les vieillards dont les fonctions sont assez actives pour qu'on puisse espérer Pabsorption du cristallin repoussé hors de sa capsule, l'abaissement devait être pi'éféré, surtout quand les yeux du malade sont enfoncés dans leur orbite, parce que dans ce cas l'extraction est d'une exécution plus difficile. Mais Pexpérience m'a démontré que V extraction rend la vue à un plus grand nombre de malades que la méthode précédente; et, bien que les insuccès compromettent moins l'opérateur qui abaisse la cataracte que celui qui l'extrait, parce
OPÉRATIONS SUR LES MILIEUX DE l'œIL. /il 3
que dans le premier cas on peut quelquefois recommencer l'opération, tandis que^ dans le second^, il arrive souvent que Fœil se vide^ soit immédiatement, soit consécutivement à la suppuration de ses milieux, il ne faut pas craindre de préférer l'extraction.
Si, maintenant, nous jugeons les divers procédés de l'extraction, je n'hésiterai pas à me prononcer pour la kératotomie supérietire, parce qu'elle a sur les autres procédés l'avantage de ne point exposer au déplacement du lambeau par le mouvement des paupières. Dans ce procédé, la paupière supérieure recouvre, en effet, le lambeau et le maintient appliqué; tandis que le bord inférieur de la cornée n'étant pas recouvert par la paupière inférieure, le lambeau qu'on y pratique est sans cesse déplacé par le mouvement de cette paupière.
Quand on a recours à Y abaissement, je crois qu'il est utile de déchirer la capsule cristalline et même le cristallin.
L'opération vantée par M. Laugier n'a pas été assez souvent appliquée pour que l'on puisse la juger.
§ 2. — Pupille artificielle.
Cette opération, dont le but est de rétablir la pupille oblitérée par différentes causes pathologiques, peut être faite suivant trois méthodes : A. méthode par incision (corétomie); B. méthode par décollement ( corédialyse) ; G. méthode par incision (corectomie),
A. Méthode ipar incision (corétomie ou iridotomie).
1° Procédé de Cheselden. — Avec un petit couteau tranchant d'un seul côté, ayant la forme d'un scalpel, ponctionnez la sclérotique à un millimètre de la cornée ; poussez l'extrémité de l'instrument derrière l'iris, traversez cette membrane d'arrière en avant, et incisez-la transversalement, en ayant soin d'éviter la lésion de la cornée.
2° Procédé de Janin. — Faites à la cornée un lambeau semilunaire semblable à celui de la kératotomie, et introduisant dans la chambre antérieure de l'œil des ciseaux dont l'une des branches est terminée en pointe, traversez l'iris avec cette pointe, et par le rapprochement subit des lames des ciseaux, pratiquez sur cette membrane une incision verticale, en dedans
klk OPÉRATIONS qu'on PRATIQUE SUR LES YEUX.
OU en dehors de la pupille naturelle, de manière que ses fibres convergentes soient coupées perpendiculairement.
3° Procédé de Guérin. — Le procédé de Guérin est la combinaison de ceux de Cheselden et de Janin; il consiste dans une incision cruciale. Parfois^ joignant la corectomie à la corétomie^ Guérin excisait la pointe des lambeaux résultant de cette incision.
U° Procédé de Pellier. — Dans les cas où la pupille naturelle est masquée par une tache de la cornée, incisant cette membrane comme pour l'extraction de la cataracte, le chirurgien passe une sonde cannelée dans le champ de la pupille pour guider de petits ciseaux avec lesquels il divise le bord papillaire de l'iris.
5° Procédé de Maimoir. — La cornée ayant été incisée comme nous l'avons indiqué pour les procédés de Janin et de Pellier, Maunoir divise l'iris avec des ciseaux comme dans le procédé de Janin; mais au lieu d'une incision simple, il fait une plaie composée de deux incisions qui se réunissent en Y.
6° Procédé de Velpeau. -^ Avec un couteau à cataracte en forme de lancette, un peu plus long, mais un peu moins large que celui de Wenzel, auquel il ressemble d'ailleurs, traversez d'abord la cornée et l'iris obliquement d'avant en arrière, puis d'arrière en avant, de manière à tailler sur l'iris un lambeau de Zi- à 6 millimètres à sa base : puis, poussant le couteau comme lorsqu'il s'agit d'opérer la cataracte par extraction, achevez la section de la cornée. « Le morceau de membrane qu'on a taillé, dit Yelpeau, ne peut pas tarder à se rouler sur lui-même, et doit finir par se perdre dans l'humeur aqueuse. » (Yelpeau, Médecine opératoire.)
7° Procédé de Junken. — Applicable seulement au cas de persistance de la membrane pupillaire, ce procédé consiste à pratiquer sur cette membrane, à l'aide d'une aiguille à cataracte, une incision cruciale dont les extrémités aboutissent au bord de l'iris, sans l'intéresser.
B. Méthode par décollement (corédialyse ou iridodialyse) .
1° Procédé de Scarpa. — Après avoir ponctionné la sclérotique avec une aiguille à cataracte, comme dans la méthode de rabaissement, portez la pointe de l'instrument à la partie interne et supérieure de la grande circonférence de l'iris, et faites-la passer à travers le bord de cette membrane, de ma-
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nière qu'elle ne fasse que paraître dans la chambre antérieure ; puis, pressant sur ce bord de haut en bas et de dedans en dehors, détachez-le du ligament ciliaire dans une étendue un peu supérieure à celle d'une pupille naturelle.
Plusieurs oculistes (Himly, Béer, etc), s' appuyant sur la difficulté de guider l'instrument en arrière de l'iris, veulent qu'on attaque cette membrane en avant, en portant l'aiguille d'avant en arrière à travers la cornée, et non à travers la sclérotique.
2° Procédé de Langenbeck. — Une ouverture de 2 à 3 millimètres ayant été faite à la cornée, on y introduit un petit tube métallique renfermant une érigne très-fine, que l'on fait sortir de sa gaine par la pression, et qui sert à saisir l'iris près de sa circonférence, à le décoller et à amener le lambeau qui résulte de ce décollement dans la plaie de la cornée, où on l'abandonne.
Les adhérences qui s'établissent entre l'iris et les lèvres de la cornée s'opposent à l'oblitération de la pupille artificielle résultant du décollement de l'iris.
Au lieu de l'instrument de Langenbeck, on peut se servir d'une pince que l'on introduit fermée, et que l'on ouvre quand elle est parvenue dans la chambre antérieure.
L'ouverture de la pupille artificielle est proportionnée à la distance qui existe entre la plaie de la corliée et le point de la circonférence de l'iris où l'on a fait le décollement.
3° Procédé de Donegana. — Après avoir décollé l'iris à sa circonférence, par le procédé de Scarpa, Donegana incisait les bords de la partie décollée.
On voit qu'il s'agit ici d'un procédé mixte tenant tout à la fois de l'incision et du décollement.