C. Selon
FiG. 199.
de manière à. faire un anneau dont une moitié est située dans la cavité de la grenouillette. Ce séton circulaire est abandonné dans la bouche pendant cinq à six semaines^ au bout desquelles la guérison est complète.
7° I/yec^io/2 (Bouchacourt). — Faites avec un petit trocart une ponction au centre de la tumeur, et lorsque le liquide s'est écoulé par la canule, injectez-y de la teinture d'iode au huitième, que vous faites sortir avec soin au bout de deux ou trois minutes.
Si un peu de teinture d'iode se répandait sur la membrane muqueuse buccale, le malade s'empresserait d'en atténuer l'action en se gargarisant avec de l'eau froide.
8° Bouton de Diipuytren. — Le malade étant assis et sa langue étant soulevée par un aide, le chirurgien fait au centre de la tumeur une incision longue d'un centimètre environ, par laquelle s'écoule le liquide visqueux contenu dans la grenouillette; puis, soulevant avec une pince à disséquer l'un des bords
Zlê>6 OPÉRATIONS SUR l'aPPAREIL DE LA GUSTATION.
de l'incision, pendant que l'autre est tendu par un aide, l'opérateur introduit entre les lèvres de cette plaie l'une des deux plaques d'un petit instrument qui ressemble beaucoup aux boutons doubles dont on s'est longtemps servi pour fermer le de-
A. Spatule relevant la
langue.
B. Pince lenanlleboulon.
G. Pince écartant la lèvre de l'incision du kysle.
FlG. 200.
vaut des chemises (fig. 200). L'autre plaque reste au dehors, et la partie moyenne de l'instrument correspond à la plaie qui se resserre sur elle de manière à empêcher la plaque sous-jacente de s'échapper.
9° Batrachosiopîastie. — Ce nom peu harmonieux est plus prétentieux encore ; car la batrachosiopîastie n'est autre chose qu'une excision de la membrane muqueuse, et l'accolement de ses bords avec les lèvres d'une incision que l'on fait au kyste.
M. Jobert est le parrain et l'auteur de la batrachosiopîastie.
Pour qu'on ne puisse pas croire que j'amoindris la batrachosiopîastie, j'emprunterai à l'un des amis de l'auteur la description qu'il en a donnée :
« L'opérateur commence par disséquer la muqueuse buccale sur la face antérieure de la tumeur, en faisant d'abord une incision transversale qui ne divise que cette membrane. On saisit
l'un des bords de l'incision avec des pinces à dents; quelquefois il suffit d'une traction légère pour la décoller; sinon on la dissèque avec le bistouri dans une étendue en rapport avec le volume de la tumeur, et l'on en retranche les lambeaux avec des ciseaux courbes. C'est là le premier temps.
» On ouvre alors la tumeur dans une direction transversale, en faisant une ponction avec le bistouri et achevant l'incision avec les ciseaux. Il en résulte deux lambeaux de la paroi du kyste. C'est le second temps.
» Enfin le chirurgien relève avec des pinces le lambeau supérieur^ et le réunit par deux ou trois points de suture entrecoupée avec la portion correspondante de la muqueuse buccale. Il en fait de même pour l'autre lambeau; il en résulte une large ouverture qui livre passage au liquide sécrété par le kyste. ))
Appréciation. — Quoique Isi ponction et l'incision aient donné un certain nombre de guérisons^, je ne pense pas qu'on puis.^e fonder de grandes espérances sur ces méthodes. 11 n'en est pas de même de l'injection àe teinture d'iode^ et de l'excision d'une portion du kyste, qui sont assurément les moyens thérapeutiques les plus rationnels. Le séton peut aussi servir à rétablir l'écoulement de la salive dans la bouche; je le préfère, pour sa facilité d'exécution, au bouton double de Dupuytren, qui cause au malade beaucoup plus de gêne qu'on ne le dit généralement. Quant à la batrachosioplastie, dont, avec quelque complaisance, on peut faire une autoplastie, c'est une méthode compliquée, douloureuse, et qui n'a aucun avantage sur l'excision simple.
ARTICLE IIL
OPÉRATIONS qu'on PRATIQUE SUR LA LANGUE»
§ l®'". — |i»ection du frein dé la langue.
Anatomie. — Le frein de la langue se prolonge parfois chez les nouveau-nés jusqu'auprès de la pointe^ de manière à gêner la succion. Dans ce cas, il faut l'inciser pour le réduire à ses dimeiîsions normales. Les veines ranines qui font saillie sous la membrane muqueuse, de chaque côté de la ligne médiane>
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pourraient être blessées dans cette petite opération^ si le chirurgien oubliait leur rapport avec le frein de la langue. Il faut aussi se rappeler que l'artère linguale envoie sous la muqueuse qui tapisse le plancher inférieur de la bouche deux ramuscules qui pourraient être ouverts dans une section qui s'éloignerait trop de la langue.
Opération. — L'enfant étant tenu sur les genoux de sa nourrice^ sa tête étant un peu renversée en arrière, le chirurgien glisse le pavillon d'une sonde cannelée au-dessous de la langue, de manière que la fente de cet instrument reçoive le frein ; puis, repoussant la langue avec cet instrument en haut et en arrière, il tend le filet qu'il coupe alors d'un seul coap avec des ciseaux courbes, dont la convexité repose sur la plaque de la sonde cannelée.
Une fois cette section faite, l'enfant commence à teter, et la petite plaie se guérit d'elle-même. On réservera la cautérisation avec le nitrate d'argent, vantée par M. Hervez de Chégoin, pour les cas où une veine aurait été blessée et donnerait lieu à un écoulement de sang un peu considérable. Pour ce cas-là je préférerais encore l'application d'un pinceau de charpie préalablement trempé dans une dissolution de perchlorure de fer.
Il résulte d'observations faites par J. L. Petit, et depuis par M. Cross, que lorsque le frein est incisé trop profondément, la langue peut être portée convulsivement assez en arrière pour fermer le larynx et asphyxier l'enfant. Mais je crois qu'il faut que cette section ait été portée bien loin, pour qu'un pareil accident ait pu se produire.
§ 2. — Adhérences ile la langue.
En mettant de côtelés cas dans lesquels l'enfant nouveau-né a la langue appliquée sans adhérence sur le plancher de la bouche d'une manière si intime, qu'on serait tenté de croire à l'absence de cet organe, on rencontre parfois des adhérences organisées entre la langue et la membrane muqueuse buccale qui correspond à sa face inférieure ou à ses bords; ces adhérences sont congénitales ou la conséquence d'une inflammation adhésive.
Lorsque la langue n'est unie à la paroi inférieure de la bouche que par des fausses membranes ligamenteuses, un coup de ciseaux suffit pour rompre cette union ; mais parfois ces parties
OPÉRATIONS SUR LA LANGUE. Zt59
sont si intimement adiiérentes, que pour les séparer il faut en quelque sorte sculpter la langue dans le plancher buccal^, et ce n'est que par une dissection souvent très-difficile qu'il est possible de détruire ces adhérences. La tête du malade étant solidement fixée^ sa bouche tenue ouverte au moyen d'un coin de bois ou de liège placé entre les deux mâchoires; ses lèvres, qui tendraient à se rapprocher, étant écartées par un aide, le chirurgien, placé au-devant du malade, saisit la langue avec des pinces à griffes, et la soulevant avec vigueur, il s'efforce de l'éloigner du plancher de la bouche. Les fausses membranes étant ainsi tendues, on les incise avec un bistouri pointu et légèrement convexe, qui est porté à plat, c'est-à-dire parallèlement aux parties qu'il doit désunir.
Pendant cette dissection, il peut se faire qu'une grande quantité de sang s'écoule; un aide épongera, et de temps en temps on laissera au malade quelque répit pour qu'il puisse respirer largement et se gargariser. S'il y avait hémorrhagie, on appliquerait une solution de perchlorure de fer sur les surfaces saignantes.
Pour s'opposer au recollement des parties séparées, on devra provoquer des mouvements étendus et fréquents de la langue. C'est dans le même but que l'on promènera le doigt sur tous les points de la plaie.
§ 3. — Opération pour le toégayement.
Quand, il y a quelques années, on annonça que des bègues avaient été débarrassés de leur infirmité par la section des muscles génio-glosses, les journaux se remplirent de descriptions de procédés nouveaux et d'observations recueillies pour la plupart la veille de leur publication. Aujourd'hui que le temps a permis de voir ce qu'il y avait de vrai au milieu de tout ce bruit, quand l'exaltation des inventeurs des procédés s'est un peu calmée, je me bornerai à décrire la section directe et la section sous-cutanée des muscles génio-glosses.
Section directe des génio-glosses (Baudens). — L'opéré étant assis, un aide fixant sa tête et écartant les commissures de ses lèvi-es, le chirurgien tend les génio-glosses à l'aide d'une érigne qu'il enfonce profondément sur la ligne médiane, près de la face postérieure du maxillaire inférieur ; puis, tenant de la main droite des ciseaux coudés sur leurs bords, il les introduit a moitié ouverts à 2 ou 3 centimètres de profondeur, tout près
OPERATIONS SUR L APPAREIL DE LA GUSTATION
des apophyses géni^ et il incise d'un seul coup les deux muscles ge'nio-giosses.
Le pansement consiste à introduire dans la plaie une boulette de charpie^ un morceau d'épongé ou d'amadou^ pour s'opposer à l'hëmorrhagie. On n'enlève ce tampon qu'au bout de deux ou trois jours.
A. Indicateur de la main
gauche.
B. Ténolome introduit entre
les muscles génio-glosses, jusque sous la muqueuse buccale.