‹ Éléments de chirurgie opératoireChapitre 174 sur 263 · C. Muscle génio-glosse · texte numérisé non relu

C. Muscle génio-glosse

D. Muscle génio-liyoïdien.

E. Couche de tissu cellu-

laire.

F. Ventre antérieur du

muscle digastrique.

G. Section du maxillaire

inférieur sur la ligne médiane.

FiG. 201.

Section sous-cutanée des génio-glosses (M. Bonnet). — L'opéré étant placé comme nous l'avons déjà dit^ sa tête étant seulement plus renversée en arrière que dans le procédé de Baudens, le chirurgien glisse le doigt indicateur de sa main gauche le long de la face postérieure de la mâchoire inférieure^ jusqu'auprès des apophyses géni; puis, tenant de la main droite un ténotome pointu, il l'enfonce sur la ligne médiane de la région sous-mentale, à travers la peau, le muscle peaucier, entre les digastriques et les mylo-hyoïdicns, et les remplaçant par un ténotome mousse, il fait parvenir ce nouvel instrument sous la membrane muqueuse buccale, à travers laquelle on recon-

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naît son extrémité mousse avec l'indicateur de la main gauche (fig. 201).

Tournant alors le tranchant du ténotome à droite^ puis à gauche^ il coupe successivement les deux muscles génio-glosses. Il reconnaît à un petit craquement et à la sensation d'une résistance vaincue que cette section s'est accomplie.

La réunion de la plaie extérieure à l'aide d'une bandelette de sparadrap constitue tout le pansement. Comme à la suite de cette opération^ M. Bonnet lui-même a plusieurs fois observé des épanchements de sang assez considérables pour gêner la déglutition et la respiration,, je crois qu'il serait utile d'exercer sur le menton^ ou au niveau des apophyses géni, une compression à l'aide d'un tampon qu'on maintiendrait avec une fronde.

Appréciation. — Je suis trop convaincu que le bégayement est le résultat d'un trouble fonctionnel^ d'une manière d'être particulière du cerveau^ pour que je puisse penser que les sections des génio-glosses sont capables de le guérir. J'ai pourtant décrit cette opération, parce qu'il y a des individus dont le bégayement paraît dépendre d'un raccourcissement^ d'une contraction permanente des muscles génio-glosses. Dans ce cas, on reconnaîtra que la section est complète lorsque les malades pourront tirer la langue hors de la bouche^ ce qu'ils ne peuvent pas faire avant l'opération.

là. — iiblation partielle de la langue.

Anatomie. — La langue est un organe formé en grande partie de muscles qu'il est utile de connaître lorsqu'on veut pratiquer des opérations sur cet organe ; outre des faisceaux musculaires qui font partie intégrante de la langue, on y rencontre trois muscles pairs qui sont ; les génio-glosses, les stylo-glosses, et les hyo-glosses.

Les muscles génio-glosses, qui s'insèrent à l'apophyse géni^ s'étalent en forme d'éventail et sont composés de fibres dont les extrêmes vont^ les unes à la pointe de la langue,, les autres à l'os hyoïde. Ces muscles portent la langue hors de la bouche et l'y font rentrer suivant que ce sont les fibres postérieures ou les antérieures qui se contractent (fig. 201).

Nées à la base de l'apophyse styloïde, les fibres des muscles stylo-glosses se divisent en deux faisceaux^ l'un qui longe le bord correspondant de la langue, l'autre qui vient se confondre

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avec les fibres transversales des muscles Intrinsèques. Les muscles stylo-glosses^ quand ils se contractent ensemble, portent la langue en haut et en arrière.

Les muscles liyo-glosses, nés de l'os hyoïde, se dirigent en en haut et se terminent en dedans des stylo-glosses ; quand ils agissent ensemble, ils dépriment la langue et l'attirent vers leur insertion inférieure.

La langue n'est pas seulement un organe musculeux, elle reçoit une multitude de rameaux artériels et veineux qui expliquent la fréquence des hémorrhagies à la suite des opérations qu'on pratique sur cet organe. Les vaisseaux proviennent des branches linguales^ palatines et -pharyngiennes inférieures. \I artère linguale est de beaucoup la plus importante : née de la carotide externe au niveau de l'os hyoïde (voyez page 62), elle gagne la face inférieure de la langue où elle s'anastomose largement avec celle du côté opposé, et envoie un nombre considérable de gros rameaux qui pénètrent l'organe de bas en haut et se répandent en tout sens.

Le nerf lingual étant destiné à donner la sensibilité tactile à la langue, et le grand hypoglosse présidant à la myotilité, le chirurgien tiendra compte de cette différence de fonctions pour apprécier les troubles fonctionnels que causerait la lésion de ces nerfs que l'on voit sur le plancher inférieur de la bouche : le grand hypoglosse en dedans de la glande sous-maxillaire, et le lingual un peu au-dessus.

Opération. — L'ablation d'une partie de la langue peut être faite à l'aide d'un bistouri ou au moyen d'une ligature qui l'étrangle. Nous allons décrire successivement deux méthodes.

Première méthode. — Procédé de Louis. — La langue ayant été accrochée avec des pinces de Museux et attirée au dehors, le chirurgien la coupe simplement en travers, un peu au delà du point où existe la dégénérescence.

Procédé de Boyer. — Le malade étant assis sur une chaise, la tête appuyée contre la poitrine d'un aide qui la fixe avec ses deux mains, le chirurgien, placé en face de lui, passe une érigne dans la partie malade, et, saisissant la langue entre le pouce et l'indicateur de la main gauche, il l'incise avec des ciseaux droits obliquement de son bord vers l'axe prolongé de la tumeur. Une incision semblable, faite de l'autre côté et figurant un V avec la première, achève de circonscrire et de détacher la partie malade.

Les deux bords de la plaie ayant ensuite été mis en contact,

on les tient rapprochés au moyen de trois ou quatre points d'une suture entrecoupée que l'on pratique avec une aiguille courbe.

Dans l'observation rapportée par Boyer^ la guérison était,, dit-il^ parfaite le huitième jour.

Au lieu de faire la section de la langue avec les ciseaux, je préfère me servir d'un bistouri. Yoici comment je pratique alors l'opération. La langue ayant été accrochée avec une érigne et attirée hors de la bouche, je place au-dessous d'elle une plaque de liège sur laquelle je la fiche avec des épingles qui s'implantent dans la partie qui doit être enlevée; puis je circonscris le mal par une incision en V avec un bistouri droit dont je me sers sans craindre de dépasser les limites que j'ai fixées d'avance.

Deuxième méthode. — La ligature a inspiré à plusieurs chirurgiens des procédés ingénieux qui sont d'une exécution facile, quand une fois on les a vu exécuter.

Procédé de Mayor. — Le malade étant placé comme nous l'avons indiqué plus haut, le chirurgien incise la langue dans le sens de sa longueur, dans toute son épaisseur, de la pointe jusqu'au delà d'une ligne transversale qui passerait derrière la partie dégénérée ; puis il étrangle avec un cordonnet très-résistant la base du tronçon de la langue qui correspond au cancer. Comme l'organe sur lequel on place cette ligature est mobile, Mayor a imaginé d'augmenter sa striction à l'aide d'un serrenœud flexible qui occasionne àfopéré beaucoup moins de gêne que ne le feraient ceux de Desault, de Levret, etc. Ce serrenœud en chapelet porte le nom de Mayor; un petit treuil qui y est adapté est destiné à serrer la ligature.

Procédé de Maingaidt. — Le procédé de Mayor ne peut convenir que lorsque la dégénérescence a épargné un côté de la langue. Maingault a proposé, pour les cas où toute la largeur de l'organe est envahie, de supprimer fincision longitudinale, de porter une ligature double à travers la ligne médiane de la langue, de la face inférieure à la supérieure, et d'étrangler séparément chacune de ses moitiés.

Les procédés qui suivent ont pour but de porter la ligature près de la base de la langue, et pour cela ils l'introduisent par la région sus-hyoïdienne.

Procédé de M. J. Cloquet. — Ayant pratiqué une petite incision sur la ligne médiane de la région sus-hyoïdienne, le chirurgien y plonge une aiguille courbe montée sur un manche et

tiQU

OPÉRATIONS SUR L APPAREIL DE LA GUSTATION

dont la pointe est munie d'un chas; en la poussant de bas en haut, il la fait sortir par la région dorsale de la langue, et après avoir passé une ligature double dans le chas, il ramène l'aiguille de haut en bas et la retire au dehors par l'incision sushyoïdienne. On a ainsi passé à travers la langue une ligature double, dont deux chefs sont dans la bouche, tandis que les deux autres sortent par la plaie extérieure.

FiG. 202.

L'aiguille est introduite de nouveau par la plaie, de bas en haut, mais au lieu de traverser la langue, elle vient sortir entre son bord et le maxillaire inférieur (fig. 202). Alors les deux chefs restés dans la bouche sont passés dans son cbas et ramenés au dehors, de haut en bas, par la plaie du cou.

A ce moment de l'opération, il y a dans la bouche deux anses de fil, dont les chefs pendent au dehors. Pour étreindre la langue, il ne reste plus que peu de chose à faire.

La pointe de la langue ayant été incisée d'avant en arrière, l'une des anses y est passée de telle sorte qu'en tirant sur ces deux chefs, on exerce une constriction antéro-postérieure ; l'autre ligature, embrassant la moitié latérale de la langue, doit interrompre la communication vasculaire entre la partie antérieure et la portion restée derrière elle (fig. 203).

A. Ligature transversale.

B. Ligature serrant la langue d'a-

vant en arrière.

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