PEÎRFORATION DU SINUS MAXILLAIRE
par les lames osseuses qui constituent le maxillaire supérieur. Ses parois sont loin d'avoir la même épaisseur et la même solidité dans les différents points de leur étendue. Très- épaisses et très-résistantes au niveau de la tubérosité malaire^ elles sont extrêmement minces et friables à la face interne de l'os et dans la partie de sa face antérieure qui est au-dessous de la tubérosité. Les alvéoles des dents molaires ne sont séparés du sinus maxillaire que par une lamelle osseuse tellement mince, qu'on admet généralement que cette paroi du sinus peut être perforée par la racine des dents.
Opération. — Je crois qu'à l'exemple de Lamorier, cité par Boyer, il faut admettre pour cette opération un lieu d'élection et un lieu de nécessité. Disons tout de suite que ce dernier est indiqué par une fistule dans un point quelconque de l'os, et occupons-nous du lieu d'élection^ qui n'est pas le même pour tous les chirurgiens.
Perforation des alvéoles. — C'est le plus ordinairement par le fond d'un alvéole que l'on perfore le sinus maxillaire. On examinera toutes les dents molaires avoisinant cette cavité, et si l'une d'elles est cariée, c'est celle-là qu'il faudra enlever; dans le cas contraire, on extraira la troisième, qui est celle dont l'alvéole est le plus rapproché du sinus.
La lèvre supérieure étant relevée par un doigt qui se recourbe au-dessous d'elle, près de sa commissure, un trocart tenu à peu près comme un couteau à découper, mais son manche arrondi reposant dans la paume de la main (fig. 217), est alors enfoncé de bas en haut et un peu de dehors en dedans, jusqu'à ce que le chirurgien ait la sensation d'une résistance vaincue. En retirant le poinçon du trocart, on laisse sortir par sa canule le liquide qui distendait le sinus.
Comme un trocart ordinaire perfore difficilement les os, je lui préfère une espèce de carrelet sans canule qui, ayant une grande résistance, permet d'ouvrir largement le sinus, ce qui est indispensable pour empêcher la reproduction de la maladie pour laquelle on opère. Boyer veut que cette ouverture soit assez grande pour qu'on puisse y enfoncer l'extrémité du petit doigt. Aussi, à l'exemple de Desault, après avoir pénétré dans le sinus avec un perforatif pointu, il se sert d'un autre dont l'extrémité est mousse, mais dont la grosseur l'emporte de beaucoup sur celle du premier.
Le pansement consiste à faire des injections dans la cavité
OPÉRATIONS SUR l'aPPAREIL DE l'oLFACTIOX,
dilatée avec des liquides émoUients d'abord^ puis astringents. Boyer veut qu'on y introduise des bourdonnets de charpie qui s'opposent à ce que des parcelles d'aliments pénètrent dans la plaie. Comme ce dernier pansement a l'inconvénient de produire du gonflement et de la douleur^ je lui préfère les injections.
A. Main gauche de l'opérateur écartant la lèvre.
FiG. 217.
B. Main droite armée d'un carrelet.
Procédé de Bertrandi. — Dans un cas où la distension du sinus maxillaire coïncidait avec une fistule ayant son ouverture sur le plancher de l'orbite^ Bertrandi introduisit par cet orifice fistuleuxun perforatif qu'il dirigea de haut en bas contre la pa-