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PLAIES DE LA TRACHÉE

§ 3. — Plaies de la ti-achée et fistetles.

La trachée est souvent ouverte par le rasoir ou tout autre instrument tranchant dont se servent les individus qui veulent, dans une idée de suicide^ s'ouvrir les gros vaisseaux du cou, et comme presque toujours la douleur arrête la main qui coupe, les chirurgiens ont de fréquentes occasions de soigner les plaies de la trachée.

La première pensée qui se présente à l'esprit du chirurgien, c'est de tenter de rapprocher les lèvres de la plaie; mais l'expérience a démontré que la suture peut avoir^ dans ce cas, des conséquences fâcheuses; Il faut aussi se garder de tenter le rapprochement à l'aide de handelettes aggiutinatives.

La flexion de la tète sur le sternum suffit presque toujours pour amener la réunion par seconde intention des parties divisées. J'ai vu souvent, à l'hôpital Saint-Louis, des sections faites dans une tentative de suicide ou dans une intention criminelle, et j'ai toujours été assez heureux pour voir la cicatrisation s'opérer complètement, c'est-à-dire sans donner lieu à une fistule, quand les malades ont eu la bonne fortmie d'échapper à la mort.

Comme il peut se faire pourtant qu'il reste une solution de continuité^ une fistule plus ou moins large, on a cherché par divers moyens à remédier à cet état de choses.

Bronchoplastie. — Procédé de Velpeau. — Comme je l'ai dit, Velpeau a fait une heureuse application du procédé autoplastique de Jameson dans un cas de fistiile de la trachée. Yoici en quoi consiste l'opération :

Taillez au devant du cou un lambeau large de 1 centimètre 1/2 environ, mais assez long pour qu'étant enroulé sur lui-môme, il remplisse exactement l'orifice fistuleux de la trachée. Ce lambeau ayant été disséqué et séparé des parties sous-jacentes auxquelles il n'adhère plus qu'auprès de la fistule, retournez-le, et l'ayant roulé sur lui-même de manière que sa face épidermique étant interne, sa surface saignante soit externe et en rapport avec les bords avivés de la fistule.

Ce bouchon est fixé dans le trajet fistuleux, au moyen de deux points de suture entortillée qui le traversent en même temps que les bords avec lesquels il doit se souder.

Bronchoplastie par glissement (Dupuyiren). — Avivez les bords de la fistule, et les saisissant avec une pince, disséquez la peau avec laquelle ils se continuent, jusqu'à ce que vous puissiez en recouvriv la perte de substance que vous voulez réparer; il ne

510 OPÉRATIONS qu'on PRATIQUE SUB. LE COU.

reste plus alors qu'à réunir les bords de la plaie au moyen d'une suture entortillée.

Appréciation. — L'autoplastie par glissement ne peut réussir qae dans les cas où l'ouverture de la trachée est peu considérable^ et je doute que cette opération soit jamais d'une grande utilité. 11 n'en est pas de même de celle qui a déjà réussi entre les mains de M. Yelpeau. Quoiqu'il n'y ait pas dans la science un nombre suffisant de faits pour affirmer l'efficacité de cette autoplastie^ je crois que c'est à peu près la seule opération qui puisse guérir les fistules un peu larges de la trachée.

Moyens palliatifs. — L'inefficacité des moyens employés pour

A, Tube supérieur.

BetC. Double canule ordinaire.

D. Soupape qui s'a-

dapte à Torifice extérieur de la canule.

E. Canule montée.

FiG. 222.

la cure radicale des fistules de la trachée a inspiré à Auguste Bérard l'idée d'introduire dans la plaie une canule dont l'ouverture externe est munie d'une soupape qui permet l'entrée de l'air, mais qui^ s'opposant à sa sortie, le repousse vers la bouche par une ouverture pratiquée à la paroi supérieure de l'instrument.

CATHÉTÉRISME DE l'œSOPHAGE. 511

Cette pratique avait été abandonnée, lorsque, tout récemment, M. Richet a fait construire par M. Cliarrière un instrument très-ingénieux, dont je dois le dessin à Tobligeance du fabricant (fig. 222). La légende explicative suffira pour faire comprendre comment cette canule s'applique et comment elle fonctionne. Comme la canule de A. Bérard, elle a pour but de permettre à l'air expiré de passer dans le larynx et d'y produire des sons. Le malade présenté par M. Richet devant la Société de chirurgie pouvait proférer à voix basse des mots qu'on distinguait très-bien ; mais le contact de cet instrument avec la membrane muqueuse de la trachée ne sera-t-il pas une cause incessante d'inflammation? C'est ce que l'expérience seule pourra décider.

ARTICLE IL

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