CAUTÉRISATION DES GOITRES INTRATHORACIQUES
Parfois les goitres, en se développant, glissent au devant de la trachée et derrière le sternum, de manière à produire une dyspnée extrême. Si quelque opération doit être tentée pour les goitres, c'est assurément pour cette espèce. M. Bonnet a imaginé de les porter en haut, et de les détruire en partie par la cautérisation, qui a pour second but de fixer ce qui en reste au-dessus de la cavité thoracique. Pour relever la tumeur, M. Bonnet se sert d'une broche ou fourchette, longue de 15 centimètres, garnie près de sa pointe d'un renflement qui l'empêche d'aller au delà de la peau à plus de 2 centimètres et demi. A l'union du manche avec la pointe, s'adapte un coussin, épais de 1 centimètre, qui sert à favoriser la bascule, lorsque la tumeur étant traversée, on ramène contre la poitrine la plaque de l'instrument.
Les doigts de la main gauche tenant la tumeur soulevée, on la ti'averse de bas en haut et d'avant en arrière avec l'aiguille, que l'on pousse jusqu'à ce qu'elle ait pénétré à 3 centimètres ou 2 centimètres et demi de la pointe. La tumeur traversée, on ramène la plaque de l'instrument contre la poitrine, ce qui.
grâce au coussinet sous-sternal^ porte le goitre en haut et en a-vant. La fourchette est maintenue dans cette position à l'aide d'un grand nombre de bandelettes de linge trempées dans du collodion^ et qui appliquent le manche de l'instrument contre la poitrine.
11 ne reste plus qu'à détruire la peau par le caustique de Yienne et à appliquer sur l'eschare de la pâte de chlorure de zinc^ qu^on laisse en place pendant quarante-huit heures ; au bout de ce temps^, l'eschare a^ant été fendue^ une nouvelle couche de chlorure de zinc est appliquée et laissée le même temps que la première. Après ces quatre jours de cautérisation^ la tumeur est assez fixée pour qu'on puisse enlever la fourchette.
Je ne puis pas me prononcer sur la valeur de la cautérisation employée dans le but de guérir les goitres. Il résulte seulement des faits consignés dans l'ouvrage de M. Philippeaux^ que ce moyen est loin d'être sans danger ; mais je croiS;, comme M. Bonnet, que l'idée du déplacement des goitres qui glissent dans la cavité thoracique est pleine d'avenir.