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Torsion

La torsion consiste à saisir l'artère qui donne lieu à T écoulement du sang et à la tordre sur elle-même de manière à rompre les membranes interne et moyenne.

Quelques chirurgiens^ Thierry entre autres^ se contentent de saisir le vaisseau avec la pince fixe et de la faire rouler sur elle-même une demi-douzaine de fois, comme s'il s'agissait de tourner une corde.

Les autres veulent que l'on fasse saisir l'artère avec une pince qui, en la serrant au point où elle se cache dans les chairs^

limite l'étendue de la torsion qui lui est imprimée par une.autre pince avec laquelle on tient son extrémité libre.

Amussat emploie jusqu'à quatre pinces pour opérer la torsion; mais cela étant superflu^ je ne décrirai pas son procédé.

§ 3. — Refoulement.

Amussat imagina de faire saillir l'artère en dehors des chairs au milieu desquelles elle se cache, et, pendant qu'une pince en tenait l'extrémité libre, d'étreindre la portion voisine avec une autre pince dite à baguettes, de manière à rompre les tuniques interne et moyenne. Quand il pensait que cette rupture était opérée, il pressait le vaisseau de bas en haut avec la pince à baguettes, refoulant ainsi dans l'intérieur de l'artère les tuniques rompues qui, se roulant sur elles-mêmes, opposaient un obstacle à l'écoulement du sang.

§ 4. — Acupressure.

M. Simpson (d'Edimbourg) désigne sous ce nom un mode de compression qu'il exerce sur les artères à l'aide d'aiguilles spéciales.

L'inventeur de cette méthode a décrit quatre procédés dont on aura promptement une idée exacte, en jetant les yeux sur les figures qui les représentent:

Premier procédé. — Ce procédé consiste à passer une longue aiguille deux fois à travers les tissus, de manière à croiser l'artère pour en comprimer l'orifice ; de même qu'en fixant une fleur à son habit , on en comprime la tige avec l'épingle qui sert à la fixer et qui traverse deux fois l'étoffe.

La seule portion de l'aiguille qui se montre à découvert à la surface interne du lambeau est celle qui passe à la manière d'un pont, au-dessus de l'artère, soit au niveau de l'ouverture de ce vaisseau, soit un peu plus haut.

Cette description que j'emprunte au livre de M. Simpson, suffira, je pense, pour faire comprendre ce premier procédé que je crois pouvoir me dispenser de représenter par un dessin.

Deuxième procédé. — Une petite aiguille portant un petit fil de fer destiné à l'extraire plus tard, est plongée dans les parties molles sur l'un des côtes du vaisseau; puis on la soulève, on la fait passer transversalement au-dessus de l'artère, pour la replonger ensuite dans les tissus.

ACUPRESSURE. 27

En passant au-dessus du vaisseau, il faut avoir soin de le comprimer avec assez de force pour fermer F artère et arrêter l'hémorrhagie; il est souvent nécessaire^ pour cela, d'appuyer le bout du doigt sur la pointe de F aiguille avant de la pousser de nouveau dans les chairs (voy. fig. M).

Troisième procédé. — On peut employer la même aiguille d'une façon peut-être plus simple et plus sûre pour fermer l'orifice des artères divisées. Il serait peut-être utile d'employer ici une aiguille plus forte; il s'agit de transpercer le point qui fournit l'hémorrhagie et d'imprimer aux tissus un mouvement de torsion d'un quart de cercle environ. En d'autres termes, l'aiguille passe, soit au travers du vaisseau, soit au-dessous de lui, de droite à gauche ; elle pénètre dans les chairs à quelques lignes de distance de l'artère ouverte (fig. N), et ressort à une distance égale du côté opposé. On peut en faire sortir la pointe à la surface cutanée ou à la surface saignante de la plaie, mais il s'agit d'imprimer au vaisseau lui-même et aux tissus ambiants une torsion suffisante pour fermer le calibre de l'artère; on plonge alors la pointe de l'aiguille à une grande profondeur clans les tissus, pour maintenir en place le vaisseau lui-même et les parties ambiantes.

Quatrième procédé. — Ce dernier procédé consiste à comprimer le vaisseau entre l'aiguille et un fil de fer flexible. La surface cutanée reste intacte, mais l'aiguille est passée derrière l'artère, au lieu de passer au-devant d'elle. La pointe de l'aiguille est plongée dans les chairs à quelques lignes en dedans de l'artère, puis elle passe derrière le vaisseau pour ressoilir

quelques lignes au delà. Le fil de fer plié en double vient alors saisir dans son centre la pointe de l'aiguille, et^ après avoir croisé l'artère^ s'enroule autour de son extrémité opposée. On le serre alors fortement pour fermer le vaisseau^ et enfin on lo

Fi^. N.

fixe en place en le tordant autour de Taxe de T aiguille. Un simple demi-tour suffit, en général;, pour fixer le fil ; mais, si l'opérateur le préfère, il peut séparer les deux bouts du fil, et les nouer ensemble sur la tige de l'instrument au lieu de les tordre (voy. fi g. 0 et P).

Dans l'un ou l'autre cas, qu'on ait noué ou tordu le fil, quand l'opérateur veut retirer l'appareil compresseur après un espace de temps quelconque, il suffit de retirer Faiguille en tirant sur le fil de fer doni elle est enfilée ; l'anse métallique se trouve ainsi libre et peut être retirée.

Bien que M. Simpson ait eu l'obligeance de m'adresser les instruments qui servent à l'acupressure, je n'ai pas eu recours à cette méthode d'une manière suffisante pour la juger définitivement.

CAUTÉRISATION. 29

J'ai élë élevé dans la doctrine qui fait dépendre l'hémostase

« Fig. 0.

de la rupture des tuniques artérielles^ et j'ai grand'peine à

Fig. P.

abandonner, même momentanément, les ligatures^ qui déterminent si sûrement l'oblitération des artères.

§ 5. — Cautérigatîoïï.

Percy cautérisait les artères avec un fer chauffé à blanc ; mais les expériences de M. Bouchacourt ont démontré qu'en opérant ainsi, il reste au centre du vaisseau un pertuis qui suffit pouidonner lieu à une liémorrhagie . D'après ce chirurgien^, quand on croit devoir recourir à la cautérisation^ il faut que le fer soit chauffé jusqu'au rouge obscur, porté sur l'orifice du vaisseau, afin de le retourner par recroquevillement, puis retiré et réappliqué de nouveau à de courts intervalles;.

30 ACCIDENTS QUÏ PETAIENT SURVENIR PENDANT UNE OPÉRATION, § 6. -— Styptiques et agents chimiques.

La glace a été, jusque dans ces derniers temps, le styptique le plus sûr pour arrêter une hémorrhagie. L'amadou, i-ecouvert ou non de colophane, surtout quand on y joint une légère compression, a souvent réussi à arrêter un écoulement de sang modéré.

Il en est de même de l'eau de Brocchieri et de quelques autres agents astringents.

Mais, depuis que M. Pravaz a attiré l'attention des chirurgiens sur la propriété que possède le perchlonire de fer de coaguler le sang, nous devons considérer cet agent comme un des plus énergiques auxquels on puisse avoir recours. ^ans doute il serait extravagant d'employer le perchlorure de rer quand on aperçoit dans une plaie un vaisseau d'où le sang s'écoule et que l'on peut saisir ; mais lorsque plusieurs artérioles donnent lieu à une hémorrhagie, ou bien lorsque celle-ci se produit dans une cavité trop profonde ou trop étroite à son entrée pour que la ligature soit facile, le meilleur agent hémostatique est le perchlorure de fer en dissolution marquant 30 degrés à l'aréomètre. Il suffit de barbouiller la surface saignante avec un pinceau ou un peu de charpie imbibée de cette solution, pour arrêter l'hémorrhagie. Quand on se sert avec modération du perchlorure de fer, son mélange avec le sang qui s'écoule l'empêche d'agir comme caustique.

Appréciation. — La torsion peut suffire pour les petites artères ; mais la ligature a sur toutes les autres méthodes une supériorité incontestable; elle n'a d'autre inconvénient que de gêner la réunion par première intention.

La cautérisation doit être définitivement abandonnée, elle perchlorure de fer en solution concentrée, dans tous les cas, sans exception, réussira plus sûrement et sans produire autant de douleur.

Quelle que soit la cause qui suspende l'écoulement du sang pendant une opération, il arrive souvent qu'on ferme une plaie en croyant avoir lié ou tordu tous les vaisseaux et qu'une hémorrhagie se produise lorsque le malade a été reporté dans son lit. Pour obvier à cet accident, Dupuytren a donné le conseil d'attendre qu'une demi-heure se soit écoulée depuis le moment où l'on a fait les ligatures, avant de procéder au pansement et à la réunion définitive des lèvres de la plaie.

ANÉVRYSMES. 31

Je crois qu'il n'est pas nécessaire d'attendre aussi longtemps : mais je pense que dix ou quinze minutes ne sont pas de trop, surtout quand on s'est servi du chloroforme, agent sous l'influence duquel le cours du sang est sensiblement ralenti pendant quelques instants.

ARTICLE III

HÉMORRHAGIES VEINEUSES.

Pour arrêter l'écoulement du sang veineux qui se fait par la surface d'une plaie, il suffit le plus souvent que l'opéré respire à pleine poitrine ; mais si ce moyen est insuffisant, on ne tarde point à réussir avec la solution de perchlorure de fer. Quand un tronc veineux d'un très-gros calibre est ouvert, on doit exercer la compression sur son bout périphérique.

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