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MÉTHODE CURVILIGNE

vessie. Chaque opération doit être, d'après M. Civiale, de deux minutes au plus.

Cette méthode étant aujourd'hui généralement abandonnée^ je ne décrirai pas les nombreuses modifications qu'elle a subies; je me contenterai d'emprunter à Yelpeau un résumé des divers modes opératoires.

(( Dans un procédé^, celui qui a été mis le premier à l'épreuve sur le vivant à PariS;, on se borne à percer le calcul dans plusieurs sens^ à le réduire ensuite en morceaux pour les perforer ou les broyer l'un après l'autre, et les extraire par fragments quand la vessie ne parvient pas à les chasser elle-même avec l'urine.

» Dans un autre, on ne s'en tient pas à de simples perforations : le chirurgien cherche, au moyen d'instruments particuliers, à creuser le calcul du centre à la circonférence, à le transformer en une sorte de coque qu'on brise ensuite, qu'on réduit en parcelles, comme précédemment.

» Dans un troisième, l'instrument agit sur la pierre de la circonférence au centre, et tend à la pulvériser au moyen d'un véritable broiement concentrique.

» Une quatrième manière de faire est celle qui s'attache à gruger, à écraser les pierres sans les perforer préalablement, soit du centre à la circonférence, soit d'avant en arrière.

)) Un autre procédé a pour but d'écraser, de casser la pierre. On a proposé aussi de la faire éclater par le centre. » (Yelpeau, Méd. opér.)

§ 2. — Méthode eurviligise.

Cette méthode est à peu près la seule que l'on pratique, de-^ puis que Heurteloup a inventé son percuteur courbe. Nous dirons pourtant quelques mots de l'instrument de Jacohson, qui est infiniment supérieur à la pince de la méthode rectiligne.

Procédé de Heurteloup. — L'instrument de Heurteloup consiste en une tige d'acier, ayant à son extrémité à peu près la courbure de la sonde prostatique de Leroy d'ÉtioUes (fig. 279). Cette tige se compose d'une branche femelle creusée d'une rainure, dans laquelle glisse une branche mâle; parleur réunion, ces deux parties forment un cathéter arrondi. Le manche de la branche femelle présente une armure destinée à s'adapter à un support; la branche mâle se termine par un bouton sur lequel on frappe avec un marteau pour écraser la

pierre, quand on a réussi à la saisir entre les deux mors de l'instrument.

Percuteur courbe.

A. Boulon de la branche

mâle .

B. Ecrou servant à faire

glisser la branche mâle sur la branche femelle.

G. Mors de la branche mâle.

D. Mors de la branche femelle.

Sonde à double courant.

A et B. Orifices des deux tubes

Les deux mors du percuteur, par leur réunion à angle presque droit avec la tige, donnent à l'instrument la courbui'e indiquée plus haut. Le mors de la branche femelle est creusé d'une fenêtre, à laquelle correspond le bord antérieur denté de la branche mâle.

L'armure de la branche femelle éiant fixée par la main de l'opérateur ou par un support, on tend, par des coups de marteau appliqués sur le bouton de la branche mâle, à réunir les deux mor du percuteur à travers le calcul qui les sépare.

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Le seul temps difficile de cette opération est celui dans lequel on cherche à saisir la pierre. Il est encore plus aisé de l'exécuter que de dire et surtout de faire comprendre comment on opère. Je m'efforcerai pourtant d'indiquer les mouvements de l'instrument dans cette manœuvre.

Saisir la pierre. — Ce temps est exécuté de deux manières : dans l'un on tâche de prendre la pierre là où elle est, sans la déplacer; dans l'autre, on cherche à faire tomber le calcul entre les mors écartés de l'instrument.

A. Préhension sans déplacement. — La vessie ayant été distendue par une injection d'eau tiède^, on introduit le litholabe courbe jusqu'à ce qu'il soit en contact avec la pierre. Il peut, dit Civiale, se présenter deux cas : le calcul est à l'orifice interne de Vuréthre, ou il est plus loin. Dans le premier cas, on le pousse doucement vers la face postérieure de l'organe, afin de se réserver un petit espace entre la pierre et le col pour ouvrir l'instrument. Dès que celui-ci est entré dans la vessie, on immobilise sa branche mâle et l'on pousse la branche femelle en bas et en arrière enti'e une paroi latérale de la vessie et le calcul que l'on applique facilement sur la paroi opposée de la vessie à l'aide des deux branches écartées du litholabe. En imprimant à cet instrument un mouvement de rotation, on saisit le calcul entre ses mors.

Dans cette manœuvre, qui n'exige qu'un peu de prudence, il n'y a en réalité, dit Civiale, que deux mouvements lents et un peu étendus. Par le premier, la branche femelle glisse entre la pierre et la face interne de la vessie ; et par le second, les deux branches de l'instrument écartées autant que le volume de la pierre Fa exigé, sont inclinées en même temps de droite à gauche et de gauche à droite,

B. Pour faire tomber la pierre entre les mors du litholabe, il suffirait d'introduire l'instrument dans la vessie, d'appliquer la face convexe de ses mors contre la paroi inférieure de la vessie pour la déprimer. Le litholabe étant alors ouvert, la pierre tomberait dans l'écartement de ses deux branches que l'on n'aurait plus qu'à rapprocher.

Appréciation. — On peut certainement, sur le cadavre, recourir à ce dernier moyen ; mais, sur le vivant, le premier procédé est le seul par lequel on saisira le calcul sans violenter les parois de la vessie. La pierre étant saisie, on la broie, en frappant sur la branche mâle avec un marteau de plomb, pendant que l'on maintient solidement la branche femelle; mais il

faut d'abord reporter le bec de l'instrument en avant, pour s'assurer que la membrane muqueuse n'a point été pincée.

Pour remplacer le marteau de Heurteloup, Gharrière a imaginé d'adapter au manche de l'instrument un pignon, espèce de clef, qui, s' engrenant avec les dents de la branche mâle, peut pousser cette partie du percuteur et mettre son mors en contact avec celui de la branche femelle; à l'aide de cet instrument, on écrase les calculs, tandis qu'avec un martear. on les fait éclater.

Leroy d'ÉtioUes a inventé un instrument dans lequel l'impulsion est plus forte qu'avec le pignon; mais comme sa description serait difficile et longue, et qu'on en comprena le mécanisme dès qu'on l'a vu fonctionner une fois, je me contenterai de le mentionner.

Procédé de Jacobson. — L'instrument de Jacobson se compos.3 d^une canule d'argent, ayant à peu près la forme d'une sonde de femme et dans laquelle passe une tige d'acier qui la dépasse du côté de la vessie et continue sa courbure, de manière que l'instrument entier représente une sonde ordinaire.

La tige d'acier est formée de deux moitiés articulées, qui, étant constituées par deux ou trois brisures, forment une anse, quand, au moyen d'une vis de rappel, on fait glisser l'une des branches sur l'autre.

Cet instrument est introduit fermé dans la vessie : on l'omTC dès qu'on reconnaît qu'il est en contact avec la pierre, et l'on cherche à engager celle-ci dans son anse ; lorsqu'on a réussi, on écrasé le calcul, en tournant la vis de rappel de manière à fermer l'instrument.

La poussière qui résulte de l'écrasement des calculs, sort avec l'urine. Quand on craint que la sécrétion urinaire ne soit insuffisante pour l'enlever en totalité, on peut faire des injections dans la vessie avec une sonde à double Courant qui résulte de l'adossement de deux tubes, dont l'un donne issue au liquide qui a été injecté par l'autre (fig. 280).

Appréciation. — L'instrument de Jacobson est généralement abandonné; moins solide que le percuteur, il n'a sur lui aucun avantage. L'instrument de Heurteloup, avec quelques petites modifications, est le seul qui soit resté dans la pratique. Personne ne se sert plus des pinces droites depuis qu'il est possible de pratiquer la lithotritie avec des instruments ayant à peu près la courbure des sondes ordinaires.

Lithotomieet lithotritie combinées. — Civialea imaginé de com-

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