ACCOUCHEMENT PRÉMATURÉ ARTIFICIEL
Les accoucheurs se servent d'une espèce de sonde à dard^ dont ils font saillir la lance quand ils ont reconnu que l'instrument est arrivé sur l'œuf.
M. Mesner (de Leipsick)^ dans le but de modérer l'écoulement du liquide amniotique, a proposé de ponctionner l'œuf dans sa moitié supérieure. Pour cela^, il a inventé un instrument qui consiste en une canule courbe à laquelle s'adaptent deux mandrins, dont l'un est terminé supérieurement par un bouton olivaire, l'autre par un trocart. La canule est introduite dans le col, puis dans l'utérus avec le mandrin mousse, et lorsqu'elle a dépassé le col, on la dirige de bas en haut vers la moitié supérieure de l'œuf, entre ses membranes et la paroi utérine. Tournant alors l'extrémité de l'instrument vers l'œuf, on tâche de l'appliquer sur un point fluctuant pour ne pas s'exposer à blesser Fenfant, et, remplaçant le mandrin mousse par le mandrin qui porte le trocart, on pousse la pointe de ce dernier instrument contre les membranes, et on le retire après qu'il les a perforées. Une cuillerée de liquide amniotique s' étant écoulée par la canule, on retire cet instrument et Fon attend que les contractions utérines expulsent l'enfant.
Décollement des membranes. — Ce moyen, auquel on n'aura que rarement recours, consiste à introduire une sonde métallique entre l'œuf et les parois de l'utérus. M. Dubois, en pratiquant le décollement des membranes, a décollé le placenta sans qu'aucun accident se soit produit, mais cette pratique pourrait donner lieu à une hémorrhagie et aux conséquences les plus graves.
Injections vaginales. — Les injections d'eau dans le vagin sont aujourd'hui considérées comme suffisantes pour provoquer l'avortement. On comprend, d'après cela, quel abus on peut faire d'une pratique considérée par quelques médecins comme tout à fait inoffensive.
Injection utérine. — M. Cahen, qui a eu recours à cette méthode, en donne la description suivante : « Je me sers, dit-il, d'une petite seringue contenant de 60 à 80 grammes d'eau do goudron, et dont la canule, longue de 20 à 22 centimètres, a de 3 à 5 millimètres de diamètre à son extrémité, et présente une courbure semblable à celle d'une sonde de femme. Je fais coucher la malade à plat sur le dos, le siège élevé ; puis, glissant deux doigts jusqu'à la lèvre postérieure, je m'en sers pour guider la canule que j'introduis entre l'œuf et la paroi antérieure de l'utérus. Je pousse alors l'injection doucement et avec
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lenteur^ ayant soin de relever un peu la seringue pour éviter que l'ouverture ne s'applique sur la paroi utérine^ et de varier au besoin la direction de l'instrument toutes les fois qu'il y a quelque obstacle à la sortie du liquide. La seringue est retirée^ et dix minutes après la femme peut se lever et marcher; si^ au bout de six heures, il n'y a pas de signe de travail^ on renouvelle l'injection.
Appréciation. — La méthode de M. Gahen paraît très-inoffensive ; il y a lieu d'espérer qu'elle sera aussi efficace que peu dangereuse.
La ponction de l'œuf est la méthode la plus sûre et peut-être la moins douloureuse ; mais elle expose à des dangers trèsgrands^ tant pour la mère que pour l'enfant.
La dilatation du col me semble devoir être beaucoup moins dangereuse que la méthode précédente^ elle est d'ailleurs d'une exécution facile et provoque sûrement des contractions de l'utérus.
§ 3. — §fyitiphyscotoiiiie.
Lorsque la cavité du bassin est insuffisante pour le passage de la tête du fœtus^ dans le but de l'agrandir^ on sépare les os iliaques droit et gauche, en incisant le cartilage qui les réunit sur la ligne médiane. Cette opération est appelée symphyséotomie.
Procédé ordinaire. — La malade étant couchée en supination^ après avoir vidé sa vessie^ la région pubienne ayant été rasée, le chirurgien fait, avec un bistouri, au milieu de l'intervalle qui existe entre les deux épines du pubis, une incision commençant 1 centimètre au-dessus de la symphyse et allant jusqu'auprès du clitoris.
Comme il n'y a aucun vaisseau important à ménager, on arrive très-vite sur le cartilage de la symphyse. Portant le tranchant d'un fort couteau en ce point, on incise départ en part le cartilage, et prolongeant la section en bas, on divise les ligaments sous-pubiens. Quand cette division est complète, on confie le reste de l'opération à la nature, si les forces do la femme sont suffisantes et si les contractions utérines sont assez énergiques. Dans le cas contraire, on termine l'accouchement à l'aide du forceps.
Section sous-cutanée (Imbert, de Lyon). — Faites une ponction de la peau entre le clitoris et la symphyse; puis, passant par