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CHAPITRE III

Les principaux accidents qui peuvent se produire pendant une opération sont : Vhémorrhagw, Ventrée de fair dans les veines et la syncope.

La syncope est un accident trop connu pour que nous ayons besoin de nous y arrêter. Ventrée de l'air dans les veines s'opère si vite et si inopinément, que le chirurgien n'a plus rien à faire quand elle s'est produite. On prévient cet accident en faisant exercer une compression entre le cœur et la partie sur laquelle on opère ; malheureusement cette compression n'est pas toujours facile, parce que l'entrée de l'air dans les veines ne se produit que très près du thorax, la où ces vaisseaux sont tenus béants par une disposition aponévrotique bien connue.

Les hémorrhagies peuvent être prévenues; elles peuvent être suspendues ou définitivement arrêlées. Nous traiterons successivement des moyens préventifs et des moyens suspensifs des hémorrhagies.

ARTICLE F'

IIKMOSÏATIQI r, IMÎKVENTIVK .

Pour prévenir les hémorrhagies qui |)euvcnt se manifester pon-

dant une opération, il faut susj)ciidre le cours du sang dans la ()artie malade. Pour cela, on peut recourir ;i la ligature préalable de l'artère principale (pii port(^ le sang à la région sur la(|uelle on opère; c'(;st ce (jui a été fait poiu' la désarticulalion de la cuisse,

pour l'amputation de la langue, etc. Mais c'est un moyen auquel on a rarement recours, et dans l'immense majorité des cas, on se contente d'exercer une compression médiate de ce vaisseau.

§ 16' . — Compreggion des artères.

Pour que la compression d'une artère soit efficace, pour ciue le cours du sang y soit arrêté, le vaisseau doit reposer sur un os, dans le point où il est comprimé. La compression peut être faite avec les doigts, avec une pelote ou un cachet, avec le garrot ou un tourniquet.

1° Les doigts. — Les quatre derniers doigts sont appliqués sur l'artère, parallèlement à sa longueur, pendant que le pouce repose sur une partie voisine. Avant d'exercer aucune pression, il imporle beaucoup de bien s'assurer que les battements de l'artère répondent à la pulpe des doigts, et il faut que la compression se fasse graduellement, de manière que le doigt indicateur du chirurgien, appuyé sur un point inférieur à celui de la compression, sente les pulsations artérielles faiblir peu à peu et disparaître. (Lisfranc.)

La pression exercée par les doigts doit être perpendiculaire au plan osseux sur lequel l'artère repose ; elle doit être modérée et seulement suffisante pour effacer le calibre du vaisseau. Quand on presse avec trop de force, les doigts s'engourdissent et ne peuvent plus retrouver les battements de l'artère, si un mouvement du malade vient à les déplacer.

2" Le cachet ou la pelote. — Quand l'artère est située profondément, on se sert d'un cachet de bureau matelassé, ou bien d'une pelote montée sur un manche ; mais cet instrument est susceptible de se déplacer facilement, par cela même qu'on appuie avec force sur un vaisseau recouvert ou entouré de muscles qui se contractent.

3° Le garrot. — Le garrot, inventé à la fin du xvii*' siècle, est encore employé dans le cas oi^i le nombre des aides est insuffisant et lorsqu'on n'a pas de tourniquet à sa disposition.

11 se compose: 4° d'une pelote qu'on applique sur l'artère: 2° d'une plaque de corne ou de cuir qui est placée du côté opposé ; 3° d'un lacs dont on entoure le membre et dont on noue les bouts ; 4° d'un garrot ou bâtonnet qui, au niveau de la plaque, est noué au lacs qu'il tord par des mouvements de moulinet, et exerce ainsi une constriction par laquelle la pelote, tendant à se rapprocher de la plaque, ne tarde pas à effacer le calibre de l'artère.

Quand le bâtonnet a été suffisamment tordu, on le fixe au lacs avec une corde.

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