‹ Éléments de chirurgie opératoire ou traité pratique des opérationsChapitre 142 sur 213 · C. Bec-de-^lièvre compliqué · texte numérisé non relu

C. Bec-de-^lièvre compliqué

Dans le bec-de-lièvre compliqué, l'os intermaxillaire est séparé du reste de la mâchoire supérieure par des intervalles dont la largeur et la longueur varient.' La partie intermédiaire a la forme d'un tubercule qui complique sérieusement l'opération, lorsqu'il forme en avant une saillie qui , en outre de la ditformité , empêcherait de réunir les parties molles qui sont situées de chaque côté de lui.

1° Mélliode ancienne. — Avec un sécateur ou de fort ciseaux on enlève le tubercule intermédiaire dans sa totahté, parties molles et osseuses, et l'on procède ensuite à l'avivement des lèvres de la division et à leur suture, comme dans les cas de bec-de-lièvre simple.

2" Méthode moderne. — Au lieu d'enlever le tubercule médian, les chirurgiens ont cherché, depuis Desault, à l'utiliser en le repoussant en arrière. Les moyens auxquels on a eu recours pour atteindre ce but, sont : la compression, la fracture de la base sur laquelle repose le tubercule, la résection de la cloison des fosses nasales, et V excision de la partie qui dépasse le niveau des maxillaires.

a. Compression (Desault). — IJne petite compresse pliée en plusieurs doubles ayant été appliquée sur la partie cutanée du tubercule, on la recouvre d'une bande étroite dont les deux chefs sont attaches en arrière, de manière à exercer une compression ([u'on augmente de jour en jour, jusqu'à ce que l'on obtienne le refoulement en arrière de la partie saillante. Lorsque cette réduction est

obtenue, on procède à l'opération comme dans les cas de bec-delièvre double non compliqué.

b. Fracture du tubercule. — Cette compression, qui s'exerce sur une peau très fine, pouvant y produire des excoriations, étant d'ailleurs très gênante, et quelquefois insuffisante, M. Gensoul a pensé qu'il serait plus sûr de saisir le tubercule avec de fortes pinces, de le fracturer à sa base, et de le repousser ensuite dans la direction qu'il doit avoir naturellement.

c. Résection d'une partie de la cloison des fosses nasales. — Dans un cas où Blandin trouvait une grande résistance de la part du tubercule intermédiaire, aux efforts qu'il faisait pour le fracturer, il imagina d'emporter un segment triar^gulaire de la cloison des fosses nasales au moyen de deux coups de ciseaux qui formèrent une section en Y renversé, dont le sommet était, par conséquent, tourné en haut. La figure 1 93 donnera une idéo suffisante de cette opération.

FiG. 193.

A. Ciseaux,

B el C . Points où les ciseaux coupent la cloison.

AjDrès cette résection de la cloison, il ne reste plus qu'à rcpous ser le tubercule osseux au niveau du plan antérieur des maxil laires, et à le maintenir au moyen d'un bandage légèrement compressif.

Cette résection donnant souvent lieu à une liémorrhagie qui est toujours grave à cause de la débilité de l'enfant, le chirurgien doit se munir d'une solution de perchlorure de fer dont il bar-

Donillerii a surface saignante jusqu'à ce que l'écoulement ait complètement cessé.

d. Excision de la partie osseuse du- tubercule (Dupuytren). — Ce procédé consiste à séparer par la dissection les parties molles du tubercule osseux, à exciser avec un sécateur ou de forts ciseaux toute la portion d'os qui déborde le plan antérieur des os maxillaires (fig. '194), et à réunir les parties molles situées des deux côtés de ce tubercule, comme si cette saillie osseuse n'avait pas existé.

Fig. 194.

A. Doigt d'un aide.

B. Pince ayant servi à disséquer

la peau qui recouvre la parlic osseuse du tubercule.

Page 1