EXTIRPATION
Comme ce n'est que pour un goitre d'un grand volume qu'on extirpe le corps thyroïde, le chirurgien, pour être plus à l'aise, fait une incision cruciale comprenant la peau, le tissu cellulaire,
DU GOITRE. /i59
les muscles peauciers, sterno-hyoïdiens et sterno -thyroïdien s, et dont les extrémités dépassent les limites de la tumeur. Les quatre lambeaux qui résultent de cette incision ayant été disséqués, un aide saisit le corps thyroïde avec une érigne ou une pince de Museux, et le soulevant par des tractions modérées, il en rend la dissection plus facile. Dès qu'un gros vaisseau est ouvert, on doit s'empresser d'en faire la ligature , sous peine de voir le malade succomber avant la fin de l'opération, qui, comme je l'ai dit plus haut, porte sur un organe dont les vaisseaux nombreux et d'un gros calibre, à l'état normal, acquièrent dans le goitre un développement proportionné à celui du corps thyroïde.
Dans la crainte d'une hémorrhagie à laquelle le malade peut succomber, quelques chirurgiens ont pensé que la ligature des artères thyroïdiennes doit précéder l'extirpation du goitre. Dars ce cas, pour ne pas multiplier les incisions, je crois que ce qu'il y a de mieux à faire, c'est de chercher les artères sur les limites du corps thyroïde et de les lier l'une après l'autre, après avoir disséqué les iambeaux de l'incision cruciale. Dans cette dissection des lambeaux et du goitre, le chirurgien doit toujours se souvenir des rapports du corps thyroïde avec les artères carotides primitives, les veines jugulaires internes, les nerfs pneumogastriques et grand sympathique qu'il recouvre d'autant plus qu'il acquiert plus de développement. Il doit se rappeler aussi qu'une pression exercéo sur la trachée ou sur le larynx ajouterait la suffocation aux angoisses de l'opéré.
Quoique je sois loin de conseiller l'extirpation du corps thyroïde, je pense que cette opération serait aujourd'hui moins dangereuse qu'avant la découverte des propriétés hémostatiques du perchlorure de fer.