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C. Contention de la hernie inquînak

Les iwndages herniaires dont on se sort habituellement n'ont pas besoin d'être décrits. Voici comment on ai)plique coiixdontle ressort l'ait i)artie de la ceinture, et qu'on nomme bandages fran-

69/l UFÉRATIOxNS QU ON PRATIQUE SUR L'aBDOiMÈN.

çais. La ceinture est d'abord passée autour du bassin, de manière que la partie moyenne du ressort soit un peu au-dessous de la crête iliaque ; alors on fait rentrer la hernie, et la maintenant réduite avec les doigts de la main gauche, qui pressent sur la partie interne du canal inguinal, on saisit la pelote du bandage avec l'autre main, et on l'applique sur toute l'étendue du canal, en évitant toutefois de la faire appuyer sur l'anneau inguinal externe, parce qu'une pelote qui comprimerait cet anneau ne pourrait pas exercer une compression suffisante sur l'interne, dans lequel il importe surtout d'empêcher l'intestin de s'engager.

Le bandage franc-comtois^ dont la ceinture est molle, est bien inférieur au bandage français, dont le seul inconvénient est d'être gênant. Le bandage anglais a un ressort plus long que le bandage français, et il entoure le côté du bassin opposé à la hernie. Sa pelote est mobile sur le ressort, et, suivant moi, c'est là un inconvénient réel.

Je ne veux pas parler plus longuement des bandages, parce que leur application ne touche que d'assez loin à la chirurgie opératoire. Avant d'en finir avec ce chapitre, je signalerai, pourtant, au public médical, un appareil très ingénieux imaginé par M. Bourjeaurd, ancien chirurgien de la marine. Les bandages ordinaires n'exerçant pas la même compression pendant la station assise que pendant la station debout, et étant souvent déplacés dans les divers mouvements que fait le malade, M. Bourjeaurd a cherché un moyen d'augmenter la compression sur le canal inguinal, lorsque la masse intestinale est poussée avec plus de force vers cette région.

L'appareil dont il se sert consiste en une ceinture de caoutchouc vulcanisé qui exerce sur le ventre une constriction modérée, mais constamment la môme. A cette ceinture s'adapte un système de pelotes des plus ingénieux, composé de deux vessies de caoutchouc vulcanisé, pleines d'air, qui communiquent l'une avec l'autre par un tube de même substance. L'ulie de ces pelotes appuie sur le canal inguinal, et y est maintenue d'une manière assez solide pour l'affaisser; l'autre ceinture correspond à la fesse. Lorsque le malade est debout, la pelote antérieure exerce une compression qui Suffit pour empêcher la hernie de s'engager dans le canal inguinal, et lorsque le malade monte à cheval ou s'assied, le poids de son corps, pressant sur la pelote postérieure, en chasse l'air vers l'antérieure, dont elle augmente par conséquent la force, proportionnellement à la résistance que celle-ci doit opposer.

Cet appareil m'a semblé préférableà tous les bandages employés jusqu'ici lorsque la hernie n'est pas très difficile à contenir.

HERNIE INGUINALE. /l95

D. Cure radicale de la hernie inguinale.

Procédé de Gerdij. — Le malade ayant été purgé la veille, pour qu'il n'ait point d'efforts de défécation à faire après l'opération, on le place transversalement sur son lit, comme pour l'opération de la taille, confiant à des aides ses cuisses fléchies sur le bassin, et élevant sa tête au moyen d'un oreiller. Le chirurgien, placé entre les cuisses du malade, réduit la hernie, et, la faisant maintenir par un aide qui presse sur l'anneau inguinal interne, il introduit dans le canal inguinal son indicateur gauche, qui pousse au-devant de lui la peau de la partie supérieure des bourses.

Ce doigt, dont la face palmaire est tournée en avant, est porté dans le canal aussi loin que possible ; mais Gerdy tient à ce qu'au lieu de se coiffer du sac herniaire, comme il fait du aerotum, // passe au-devant de lui, de manière qu'il n'y ait au-devarit du doigt c{ue la partie antérieure du scrotum invaginé, le fascia transversalis, le muscle transverse, le petit oblicpie, l'aponévrose du grand oblique et la peau de la paroi abdominale antérieure. Les parties situées derrière sont : la partie postérieure du scrotum invaginé. le sac herniaire, le cordon, l'artère épigastrique.

Le chirurgien prend alors une aiguille engainée, représentée figures 234, 235 et 236, qui porte près de sa pointe deux trous destinés à laisser passer les deux chefs d'un fil double dont l'anse correspond à l'espace intermédiaire à ces deux ouvertures. Les extrémités de ce fil pendent et flottent du côté de la concavité de la gaîne dans laquelle est cachée l'aiguille, et dont la convexité répond à la face palmaire du doigt.

Cet instrument, glissé sur la face antérieure du doigt invaginateur, étant arrivé jusqu'au fond du cul-de-sac formé par le scrotum, le chirurgien, en poussant le curseur, fait sortir l'aiguille en avant et l'enfonce à travers la paroi abdominale antérieure. L'aiguille faisant une convexité en arrière et sa pointe se portant en avant, Gerdy pense quelle ne peut, dans aucun cas, blesser le péritoine.

« Dès que la pointe apparaît en avant, on retire l'extrémité .supérieure du fil du trou supérieur : on le confie à un aide, on fait rentrer linstrumont dans sa gaîne. et l'on ramène le tout au dehors, sauf le bout supérieur du fil. On retire alors le bout inférieur du 111, puis on le repasse par les trous de l'aiguille, comme il était auparavant, de manière que l'anse correspondant à la rainure de la convexité do l'aiguille, les deux extrémités du fil aillent de

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la convexité à la concavité de rinslrument, et flottent de ce côlé. Pour obtenir ce résultat, on passe Texlrémité du fil, qui est pendante par le cul-de-sac invaginé, de la concavité de l'aiguille à sa convexité, par le trou supérieur, puis par l'inférieur en sens inverse ; puis on invaginé ensuite de nouveau la peau dans le canal ino'uinal, et l'on pratique un second point de suture, comme le premier, à 1 centimètre à côté de celui-ci. Alors le fil, tiré en haut par ses deux bouts, forme une anse qui tient la peau invaginée, et a ses extrémités sur la région, inguinale. » (Gerdy, Archives de médecine^ '1 855.)

FiG. 234,

FiG. 235.

Celle figure représente le porte-aiguille dans lequel l'aiguille est cachée.

A. Manche de l'instru-

ment.

B. Curseur avec lequel on fait sortir l'aiguille de sa gaîne.

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