OPÉRATIONS QU'0^' PRATIQUE SUR LE TESTICULE ET SES ENVELOPPES
A. Sarcocèle,
Plusieurs méthodes opératoires ont été mises en usage contre le cancer du testicule ; mais la castration est à peu près la seule à laquelle on ait habituellement recours.
Castration. — Procédé ordinaire. — Le malade étant couché sur le dos, ses cuisses étant écartées et maintenues fléchies par des aides, le pubis et le scrotum ayant été préalablement rasés, la verge étant recouverte d'un linge et abritée par la main d'un aide , le chirurgien, placé du côté du testicule malade, saisit et embrasse la tumeur par sa face postérieure avec la main gauche , et fait, sur sa face antérieure, avec un bistouri convexe tenu de la main droite, une incision qui s'étend de la partie la plus déclive du scrotum jusqu'au niveau do l'anneau inguinal externe.
Quand la peau, le dartos, la tunique fibreuse externe, le crémaster et la tunique fibreuse interne ont été incisés , on peut voir le cordon , en faire la ligature en masse, le couper d'un coup de bistouri audessous du point où il est lié , et , saisissant le testicule à pleine
main , l'enlever en divisant toutes les parties qui l'unissent aux téguments que le cancer n'a pas envahies.
Aumont a conseillé de faire l'incision sur la face 'postérieure du scrotum, pour dissimuler la cicatrice.
Pansement. — Le sang ayant été lavé, on réunit avec des serresfines les lèvres de la division , dont l'extrémité inférieure reste seule béante, pour donner issue à la sérosité sanguinolente qui s'épanche dans la plaie.
On reproche à la ligature en masse de causer une douleur excessive ; beaucoup de chirurgiens préfèrent confier le cordon à un aide qui le comprime doucement au-dessus du point où il doit être coupé, et lorsque la section est faite, le canal déférent étant éloigné, on fait la ligature des vaisseaux sanguins comme dans une plaie ordinaire.
Craignant que le cordon ne soit pressé d'une manière douloureuse, par l'aide auquel il est confié, quelques chirurgiens préfèrent le laisser libre , en diviser les éléments l'un après l'autre et lier les vaisseaux à mesure qu'ils sont coupés ; en opérant ainsi, on est sûr qu'un vaisseau divisé ne peut remonter dans le canal inguinal et se soustraire à la ligature , parce que la partie du cordon restée intacte offre toujours un moyen de le ramener au dehors.
M. Malgaigne pense qu'il ne faut pas se préoccuper du sang qui peut s'écouler après cette opération. Il se contente d'appliquer, sur le trajet du canal inguinal dans lequel le cordon s'est rétracté,* un bandage herniaire qu'il laisse en place pendant vingt-quatre heures.
Excision avec lambeau. — Procédé de Lafaye. — Le cancer s'étendant souvent au scrotum, au lieu d'inciser longitudinalement comme dans le procédé qui précède, on enlève toute la partie dégénérée au moyen de deux incisions semi-elliptiques qui se réunissent au bas du scrotum et près de l'anneau inguinal externe.
L'opération s'achève comme dans le procédé ordinaire.
Procédé de Rima. • — Le testicule étant soulevé par un aide , le chirurgien saisit de la main gauche les téguments qui recouvrent la tumeur en arrière, et plonge un long bistouri droit dans la base du pH qu'il forme ainsi, pour tailler un lambeau comme s'il s'agissait de l'amputation d'un membre.
Ce lambeau étant confié à un aide , l'opérateur tourne le tranchant de son bistouri en avant, vers le cordon qu'il coupe, en taillant un second lambeau semblable au premier.
Appréciation. — Le procédé de Lafaye est préférable au procédé ordinaire, parce qu'il enlève avec le testicule une partie des téguments presque toujours envahis par le cancer ; il est, d'ailleurs, supérieur au procédé de Rima par la facilité de l'exécution.