CHAPITRE X
OPÉRATIONS DYSTOCIQUES.
c 1. — Application du Torceps.
Le forceps est une espèce de longue pince dont les mors sont représentés par de larges cuillers entre lesquelles existe toujours un intervalle, alors même que l'instrument est fermé (fig. 284).
11 est constitué par deux branches, dont l'une, appelée branche mâle (fig. 285), porte un pivot destiné à s'articuler avec la mortaise de la branche femelle (fig. 286). Le manche des branches est légèrement recourbé en dehors ; les cuillers sont percées d'une large fenêtre qui diminue le volume de l'instrument, et dans laquelle les bosses pariétales du fœtus peuvent se loger en partie.
APPLICATION DU l'OUtitl'S.
A. Règles (jéiiéraJes.
J'emprunterai à rcxcellent livre de M. Cazeaux l énonce des règles générales de l'application du forceps.
« I ° L'instrument ne doit être appliqué que sur la tète du fœtus, ([ue celle-ci soit fléchie ou étendue, c'est-à-dire dans les présentations du sommet et de la face, ou bien que, restée seule après l'extraction du tronc, elle se présente par sa base.
Fio. !^8i.
Fio. a^'G .
)> 2" Il faut que les cuillers soièïU a ppliquées aiildiil que possible sur les cotés de la tète, et de manière que la concavité des bords soit dirigée vers le point de la tête qu'on veut ramener sous la symphyse dii pubis.
» 3" Là branche postérieure est celle qu'il faut, en général, introduire la première.
» 4" La branche màlc se tient toujours de la main gauche et s'applique toujours sur le coté gauche du bassin (fig. 279) ; ht branche femelle se tient toujours de la main droite, el s'ap]>li(pic toujours sur le côté droit du bassin.
" o" La main opposée a celle qui tient hi cuiller doit toujours* être introduite ;ivaiit elle pour la dirigeri »
OPERATIONS DYSTOCIQLKS.
B. Application du forceps dans les diverses présentations de la tête.
Cette application varie peu, suivant que la tête est arrêtée au détroit inférieur ou au détroit supérieur du bassin.
1° La tête étant au détroit inférieur.
a. Position occipito-antérieuro. — L'occiput est placé dans l'axe du corps de la mère, derrière ou sous la symphyse des pubis ;
chacun des pariétaux est par conséquent en rapport avec la fosse obturatrice interne de son côté.
Opération. — Les cuillers du forceps ayant été huilées ou cératées, la femme étant sur le lit préparé pour l'accouchement,
(1) Nous avons emprunté au livre de M. Cazeaux toutes les figures relatives aux opérations dystociques.
APPLICATION DU FORCEPS. f)25
mais son bassin en dépassant un peu le bord, le chirurg-ien glisse trois doigts de la main droite entre la lèvre du côté gauche et la tète du fœtus ; puis, de la main gauche, prenant comme une plume à écrire ou à pleine main le milieu de la branche mâle du forceps, il fait glisser la convexité de la cuiller sur la face palmaire des doigts, jusqu'à ce que la bosse pariétale droite de la tète du fœtus corresponde à la concavité de cette partie de l'instrument. Le manche de l'instrument qui, en commençant, était couché obliquement en avant delà cuisse droite (fig. 287), est abaissé peu à peu entre les deux cuisses, à mesure que la cuiller s'avance dans le vagin ; puis il est confié à un aide qui le tient abaissé!
Fig. 288.
La même opération ayant été faite de l'autre côté, avec la branche femelle portée par la main droite de l'opérateur sur la face palmaire des doigts de sa main gauche, il ne reste plus qu'à rapprocher les deux branches et à faire entrer le pivot de l'une dans la mortaise de l'autre. Cette partie de l'opération n'offre aucune difficulté, lorsque les deux branches sont bien parallèles. (La figure 288 représente le forceps appliqué dans cette position.)
Le chirurgien , saisissant d'une main l'extrémité des deux manches, et de l'autre le point d'entrecroisement des deux branches, exerce des tractions d'abord en bas et un peu en avant, dans l'axe du détroit inférieur, puis directement en avant, lorsque rocciput se dégage au-dessous de la symphyse.
{3"iG Ol'ÊUÂTiONS DVSlOClQUiiS.
On pourrait achever l' accouchement sans désemparer ; mais il vaut mieux que le chirurgien, désarticulant aussitôt le forceps, termine l'opération avec ses mains.
b. Position occipito-poslérieure . — La seule différence qu'il y ait entre cette opération et celle qui précède, c'est que, dans la position occipito-postérieure, il faut, lorsque le forceps est appliqué, exercer d'abord des tractions en avant et un peu en haut, pour que l'occiput soit la première partie qui apparaisse hors de la vulve.
c. Position occipito-iliaque gauche antérieure. — L'un des côtés de la tête regardant obliquement en avant et à droite, l'autre eri arrière et à gauche, la branche mâle sera appliquée en arrière cï à gauche, et la branche femelle en avant et à droite.
Fhî-. i>8d.
L'introduction dés cuillers subit, dans cette position, une modification qu'il est trop facile de comprendre pour que nous ayons besoin d'y insister.
Les branches du forcè^ ayant été articuléeâ, ôh imprime à là tète de l'enfant un mouvement de rotation, par suite -diiquel Focciput est amené sous la symphyse pubienne, c'est-à-dire dans la position occ-ipito-antéfieure dont nous avons déjà parlé.
<l. PosiMon occipilo-iliaque droite postérieure. — La seule différence qu'il y ait. pàin^ l'application du forceps, entre cette posi*