DÉSARTICULATION DU COUDE
Anatomie. — Des deux condyles de l'humérus, l'interne descend un peu plus bas que l'externe, ce qui a fait croire à M. Malgaigne que l'épitrochlée est plus difficile -à recouvrir que l'épi condyle.
L'olécrane dépasse en arrière le niveau de l'articulation de 3 centimètres environ, ce qu'il importe de ne pas oublier pour la désarticulation. C'est à l'extrémité supérieure de cette apophyse que s'insère le tendon du muscle triceps.
L'apophyse coronoïde du cubitus dépasse, en avant, le niveau du reste de l'articulation, mais de 3 millimètres seulement (fig. 75), dans sa partie la plus élevée, ce qui suffit encore pour gêner beaucoup les chirurgiens qui ont oublié cette disposition anatomiquc.
La partie interne do l'articulation est beaucoup plus serrée que l'externe, ce qui rend la désarticulation plus facile en dehors qu'en dedans.
Les muscles de la partie interne s'insèrent à lépitrochléo, tandis
que le long supinateur et le premier radial externe s'insèrent au bord externe de l'humérus (fig. 75); ce qui explique comment, par leur rétraction, ces muscles tendent toujours à découvrir la partie correspondante des surfaces articulaires.
Fig. 75.
A. Muscle biceps.
B. Brachial antérieur. G. Long supinateur.
D. Nerf radial.
E. Rond pronateur.
F. Muscles grand et petit palmaire.
G. Gondyle de l'humérus.
H. Apophyse coronoïde du cubitus.
L Tête du radius.
Méthode circulaire. — Le cliirargien étant placé, comme pour toutes les désarticulations, de manière à tenir dans la main gauche la partie qu'il va enlever, fait une section circulaire de la peau à trois travers de doigt au-dessous de lépitrochlée, dont la saillie est toujours un guide facile. La manchette ayant été disséquée et relevée, l'avant-bras étant dans la supination, on coupe transversalement toutes les chairs qui recouvrent l'articulation en avant et en dehors. Le couteau pénètre alors entre l'épicondyle et la tête du radius, en coupant le ligament externe ; puis, contournant la saillie de l'apophyse coronoïde du cubitus, il vient inciser le ligament interne. Le chirurgien, au lieu de chercher à luxer l'olécrane par un mouvement de bascule, se contente de tirer sur l'avant-
FiG. 7(3.