‹ Éléments de chirurgie opératoire ou traité pratique des opérationsChapitre 99 sur 213 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

OPÉRATIONS qu'on PRATIQUE SUR LES ARTICULATIONS. ARTICLE P^ ^

HYDROPISIK DES ARTICULATIONS , OU HYDARTHROSE.

Quand l'hydropisie des articulations a résisté à tous les moyens résolutifs, tels que pommades fondantes , vésicatoircs, bains sulfureux, bains de vapeur, etc., il reste encore au chirurgien la ressource des opérations que r.ous allons décrire.

2l.\k OPÉRATIONS qu'on PRATiQUE SUR LES ARTICULATIONS-

Ponction. — ■ Un aide faisant par la pression refluer la pins grande quantité de liquide vers la partie supérieure de la synoviale qui est le siège de Tliydropisie, le chirurgien plonge dans le point le plus saillant de la tumeur un trocart à hydrocèle par lequel il fait écouler la totalité du liquide épanché.

Je choisis un point élevé pour plonger le trocart, afin qu'après l'opération la sérosité qui vient à se former plus tard ne presse pas contre l'ouverture faite à la membrane synoviale, et ne donne pas lieu ainsi à un trajet par lequel l'air extérieur puisse communiquer avec l'articulation.

Avant de retirer le trocart, on presse tous les points de la tumeur pour en exprimer la dernière goutte de liquide.

Le pansement consiste à mettre une mouche de taffetas d'Angleterre ou de sparadrap sur la plaie, et à couvrir l'articulation de compresses imbibées d'une eau résolutive.

Ponclion sous-culanée . — Un aide faisant à la peau voisine du point où la membrane synoviale doit être ponctionnée un pli dont il saisit un des côtés, tandis que l'autre est fixé par le chirurgien, celui-ci, armé d'un trocart dont il tient la boule dans la paume de la main, limite avec son doigt indicateur étendu sur la canule la partie qui doit pénétrer dans la tumeur; puis glissant la pointe de l'instrument dans la base du pli fait à la peau, il l'introduit parallèlement aux parties sous-cutanées, jusqu'au point où la ponction de la membrane synoviale doit être pratiquée ; quand la pointe du trocart est arrivée là , le chirurgien imprime un léger mouvement de bascule à l'instrument qu'il plonge ainsi profondément au centre de la tumeur.

En retirant le trocart de sa gaîne, il laisse écouler le liquide dont il facilite la sortie par une pression douce , mais toujours égale, des parois de la poche.

Quand tout s'est écoulé, l'opérateur retire la canule en ayant la précaution de presser avec un doigt l'ouverture faite à la membrane synoviale, pour empêcher les quelques gouttes de sérosité qui restent, quoi qu'on fasse, de se répandre dans le trajet de la plaie sous-cutanée.

Le pansement a plus d'importance que ne lui en accordent la plupart des chirurgiens. Si l'on se contente d'appliquer des compresses résolutives sur l'articulation, il y a de grandes chances pour que la plaie du trocart ne se réunisse pas par première intention, et, partant, pour que le but de la ponclion sous-cutanéo soit manqué. On doit, au moyen de compresses graduées, exercer sur ce trajet du trocart une compression qui, mettant ses parois

Page 1