Globes et sphère
On a cherché à représenter la Terre et la voûte du ciel par des globes et des sphères artificiels et par des cartes.
Les globes terrestres sont la plus exacte représentation de la Terre. On y trouve, outre le globe de la Terre lui-même, l'image matérielle des cercles que nous avons décrits : l'équ&teur, les méridiens, les tropiques et un certain nombre d'autres parallèles. Les méridiens sont numérotés à leur point d'intersection avec l'équateur ; les parallèles le sont à leur intersection avec le premier méridien,
L'écliptique est aussi marquée en général sur les globes terrestres ; mais il vaudrait mieux ne pas l'y tracer, parce qu'elle ne peut donner que de fausses idées : il n'est pas rationnel, en effet, de dessiner sur la Terre la route qu'elle parcourt ; l'indication de ce cercle ne peut même pas servir à marquer la route apparente du Soleil, car celui-ci frappe successivement tous les lieux de la zone torride, et non pas seulement l'étroite Buite de points par lesquels on fait passer Técliptique.
L'axe est formé par une tige de fer, sur laquelle le globe tourne ; les extrémités de cette tige représentent les pôles, et sont fixées à un cercle qui entoure le globe du nord sud, et qui s'appelle méridien général; ce cercle est mobile sur le globe, ou bien on peut faire mouvoir le globe sous lui; il porte numérotés les degrés de latitude, et, en faisant passer les lieux au-dessous, on peut lire leur distance à l'équateur.
L'axe est muni, au pôle nord, d'une aiguille qui parcourt
un petit cercle immobile, le cercle horaire^ divisé en 24 parties égales, correspondant aux 24 heures de la révolution diurne, et au moyen duquel on peut trouver les différences d*heures entre les différents points. Au lieu de mettre une aiguille, on préfère quelquefois rendre le cercle horaire mobile avec le globe, et, en en faisant passer les heures sous le méridien, on peut voir les différences horaires entre les divers lieux.
Le pied du globe supporte une bande circulaire qui coupe la Terre, dans quelque position qu'elle soit, en deux hémisphères, l'un supérieur, l'autre inférieur. Cette bande est Vhorizony représentant l'horizon rationnel. On a coutume d'y marquer les signes du zodiaque, les mois, les rumbs des vents. Une petite lame de cuivre, divisée en degrés, qu'on peut appliquer à la surface du globe, sert, au lieu de compas, à mesurer la distance et le gisement des lieux.
On met souvent au pied du globe une boussole^ qui doit être fixée dans la méridienne de l'horizon.
Pour placer sur le globe les détails géographiques,t)n peut les dessiner immédiatement sur la boule de cuivre, de car-« ton, de bois ou de toute autre matière, dont on veut faire l'instrument; mais, pour en multiplier les exemplaires par la gravure, on distribue sur du papier une carte générale du monde en fusedux^ c'est-à-dire en segments sphériques, dont on couvre ensuite la boule destinée à devenir un globe terrestre.
On peut résoudre, au moyen du globe terrestre, différents problèmes sur la longueur des jours et des nuits à toute latitude et en toute saison, sur les levers et les couchers du Soleil aux diverses époques de l'année ; etc. Nous' renvoyons pour ces problèmes aux traités spéciaux ^
Le globe céleste représente la voûte apparente du ciel, et Ton y décrit les différentes constellations ; mais on ne peut
I. Voir les trûtés de Rivard, de Jump, de Dien« de Delamarche.
iU COMPLÉMENT.
y mettre le Soleil et les planètes , à csuise des changements qu'éprouve constamment leur situation, soit par suite de la marche de la Terre , soit par Feffet de leur propre mouvement. On y indique les mêmes cercles que dans les globes terrestres, et l'on y résout des problèmes du même genre.
Les globes célestes présentent cet inconvénient, qu'il faut supposer l'observateur placé à leur centre même pour voir les constellations dans leur situation naturelle. Pour obvier à cet inconvénient, on a représenté la voûte céleste dans la concavité de certains globes terrestres qui se divisent et s'ouvrent de manière à laisser apercevoir facilement leur intérieur.
On donne aussi le nom de sphères aux globes artificiels ; mais on l'applique plus particulièrement aux globes évidés et découpés, composés des cercles propres à expliquer les principaux mouvements des astres. L'une de ces sphères est la sphère armillairet formée principalement de dix cercles : six grands passant par le centre de la sphère, savoir, l'équateur, le méridien, l'horizon, l'écliptique, les deuxcolures; et quatre petits, c'estrk-dire les tropiques et les cercles polaires. Le zodiaque est indiqué, avec ses constellations, par une large bande au milieu de laquelle est tracée l'écliptique. Une petite Terre est figurée au milieu de cette sphère, d'après le système de Ptolémée^ qui considérait notre globe comme le centre du système planétaire. Une sphère complète de Ptolémée porterait, en outre, les onze cercles que cet astronome croyait décrits autour de la Terre par les différentes planètes et la voûte céleste : ainsi, d'abord, le cercle ou ciel de la Lune, celui de Mercure, celui de Vénus, celui du Soleil, etc.; après les cieux des planètes, Ptolémée fait circuler le pre^ mier et le deuxième cristallin, puis un cercle qu'il nomme premier mobile, et enfin vient l'Ëmpyrée ou le séjour des bienheureux.
La sphère de Tycho^Brahé représenterait la Terre immo-
bile aussi au milieu de la machine céleste ; puis la Lunecir- Cttlant autour d'elle, et le Soleil tournant également autour de la Terre ; mais les planètes, dans ce système, tournent autour du Soleil.
La sphère de Copernic représente le Soleil au milieu, et les planètes décrivant leurs orbites autour de cet astre. C'est d'après ce système, le seul admis raisonnablement aujourd'hui, qu'une bonne sphère céleste doit être toujours faites