CONSTITUTION PHYSIQUE DU SOLEIL
ces théories n'ont pas reçu encore la consécration d'un assen^ timent général, et les astronomes les plus éminents sont partagés sur ce point important.
D'après la théorie ébauchée par Wilson^ complétée par Herschel et Ârago, le Soleil serait formé d'un noyau relativement obscur, entouré wd'une atmosphère nébuleuse noii lumineuse par elle-même, laquelle serait enveloppée d'une couche gazeuse en ignition, source de la lumière et de la chaleur du Soleil.
Cette structure étant admise , voici comment on rend compte des phénomènes des taches : des éruptions volcaniques, émanées du noyau central font, de temps à autre, des trouées dans les deux atmosphères, mettent à nu le noyau obscur, et laissent voir sur les côtés l'atmosphère nébuleuse : et ainsi s'expliquent le noyau noir des taches, l'enveloppe grisâtre des pénombres, et les facules produites par l'accumulation de la matière sur les bords extérieurs de Torifice.
Cette hypothèse est aujourd'hui gravement atteinte par les résultats d'observations nouvelles, notamment de celles qui accusent des vitesses inégales dans la rotation des zones de latitude différentes.
C'est en discutant les observations dont nous parlons, et que nous avons dit plus haut être dues à M. Carrington, qu'un astronome français, M. Faye, a élaboré une théorie nouvelle dont voici un aperçu sommaire :
Selon M. Faye, le Soleil serait une sphère gazeuse, dont le noyau très-dense serait à une température excessivement élevée. Le refroidissement causé par le rayonnement externe amènerait les couches supérieures à l'état d'incan* descence complète, tandis que le noyau plus chaud resterait plus obscur. Des courants ascendants et descendants dus à la précipitation incessante des particules incandescentes, produiraient des éclaircies dans Tenvebppe lumineuse extérieure : de là les taches, qui ne sont autre chose que des portions du noyau moins lumineux vues à travers la photosphère.
L'analyse spectrale a fait connaître quelques-unes des sub* stances diimiques dont la masse du Soleil est formée : le so-
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dium^ le fer, le nickel, le cuivre^ le zinc, le banum y existent à rétat de vapeurs métalliques. ) : /
La lumière solaire, telle qu'elle nous arrive Va, la! surface de la Terre, est, selon Arago, au moins 15 000 fois, plus intense que la flamme d'une bougie. « Selon Ténergie de la pile employée, ajoute-t-il dans son^ Astronomie poptUaire^ on trouve que la lumière électrique varie de la cinquième partie au quart de celle du Soleil. »
Comparée à l'éclat de la pleine Lune, la lumière du Soleil est 800 000 fois plus éclatante que celle de la pleine Lune. Gela revient à dire qu'il faudrait 800 000 pleines lunes dans le ciel pour produire un jour aussi éclatant que celui du Soleil sans nuages.
On a calculé aussi la quantité de chaleur incessamment rayonnée dans tout l'espace par l'immense foyer de notre monde. Voici une comparaison qui peut donner une idée de son activité calorifique. Imaginons qu'une colonne cylindrique déglace de 18 lieues de diamètre soit incessamment lancée dans le Soleil, et que l'eau fondue soit aussitôt enlevée. Pour que toute la chaleur solaire fût employée à la fusion de la colonne de glace, sans qu'aucun rayonnement extérieur se produisît, il faudrait lancer cette colonne dans le Soleil avec la vitesse de la lumière. Ou si l'on veut la chaleur, du Soleil pourrait, sans diminuer d'intensité intrinsèque, fondre en une seconde de temps une colonne de glace de 4120 kilomètres carrés de base et de 300 000 kilomètres de hauteur!
Résumons en quelques lignes l'influence multiple et continue du Soleil sur les astres qui gravitent autour de lui et notamment sur notre Terre.
Il agit sur elle par sa masse, soit qu'il la maintienne dans son orbite à des distances dont la variabilité est réglée par des lois inflexibles, soit qu'il combine son action avec celle de la Lune pour produire le mouvenient oscillatoire semi-diurne des eaux de l'Océan. La chaleur des rayons solaires est la cause principale des perturbations d'équilibre des couches atmosphériques. C'est elle qui donne naissance aux vents, aux courants aériens et pélagiques, à la vaporisation de l'eau