‹ Eléments de cosmographie: Ouvrage rédigé conformémerit aux programmes officiels de 1866 pour lChapitre 52 sur 105 · PLANÈTES SUPÉRIEURES · texte numérisé non relu

PLANÈTES SUPÉRIEURES

Renversons les rôles. Imaginons que l'observateur parcoure le cercle intérieur et qu'il poste son compagnon sur le cercle extérieur en Ty laissant d'abord immobile.

Si, sans cesser de tourner, il marque des yeux là position que ce dernier occupait au début de son mouvement en prenant pourpoint de repère le point de l'horizon qu'il masquait^ il verra qu'il semble se mouvoir d'abord dans le même sens que le poteau, puis peu à peu s'arrêter, devenir stationnaire, revenir à sa position primitive par un mouvement opposé, la dépasser, s'arrêter de- nouveau et reprendre enfin son mouvement direct et la position qu'il avait au point de départ.

Fig. 101. Stations et rétrogradation des planètes supérieures.

Cette fois-ci, c'est la personne se déplaçant sur le cercle intérieur qui représente la T«rre, et l'on voit que la Conjonction et l'opposition, les stations et rétrogradations devraient se reproduire à chaque révolution terrestre, c'est-k-dire chaque année. Gela vient de ce que nous avons laissé la personne placée sur le cercle extérieur immobile. Cette personne représente une planète supérieure. Si elle se meut elle-même sur son cercle ayant aussi le poteau pour centre, mais en se déplaçant avec une vitesse moindre que celle de l'observateur, ce dernier verra se produire les mêmes apparences et dans le même ordre.

Seulement les intervalles des divers phénomènes seront plus longs, et la période totale différera d'autant plus d*une année, c'est-à-dire d'une révolution de la Terre, que la planète extérieure se déplacera plus vite, on ce qui revient an même sera plus voisine de la Terre. Le tableau que nous avons donné plus haut montre eu effet que la durée dont nous parlons dépasse k peine 365 jours pour Neptune, la plus éloignée détentes les planètes connues.

La complexité des mouvements que nous venons d'étudier a été, pendant des siècles, la pierre d'achoppement des astronomes. Gomme la base de leur doctrine était l'immobilité de la Terre et le mouvement réel du Soleil, ils ne pouvaient rendre compte des stations et des rétrogradations des planètes, qu'en adoptant les hypothèses les plus compliquées pour le mouvement de ces astres. L'orbite de chacun d'eux était formée non d'une courbe unique , mais d'une série de cercles dont le centre de l'un se mouvait sur la circonférence de l'autre : c'est à ces cercles extérieurs qu'ils donnaient le nom d'épicycles.

Plus d'ailleurs l'astronomie d'observation se perfectionnait, plus les anomalies des mouvements devenaient sensibles, plus les théories astronomiques se compliquaient et s'embrouillaient.

C'est cet état de choses qui a donné lieu au mot bien connu, qu'on attribue h Alphonse de Gastille : « Si Dieu m'eût appelé à son conseil, au moment où il créa le monde, je lui aurais donné de bons avis pour l'ordonner d'une façon moins compliquée. »

G'esl à Gopernic, nous l'avons déjà dit, que revient l'honneur d'avoir découvert le véritable système des mouvements planétaires. En plaçant le Soleil au centre de notre monde, en faisant mouvoir autour de lui la Terre et les autres astres qui le composent , il réussit à expliquer avec une simplicité merveilleuse les circonstances les plus détaillées des apparences que nous avons décrites tout à l'heure. Les stations et rétrogradations des planètes, leurs vitesses alteruativemeût décroissantes, nulles et croissantes, sont donc autant de témoignages de la réalité du mouvement de notre globe. « Elles en

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