‹ Eléments de cosmographie: Ouvrage rédigé conformémerit aux programmes officiels de 1866 pour lChapitre 53 sur 105 · MOUVEMENT DES PLANÈTES. — LOIS DE KEPLER · texte numérisé non relu

MOUVEMENT DES PLANÈTES. — LOIS DE KEPLER

Copernic n'eut pas le bonheur de contempler les magnifiques conséquences de la révolution que produisit dans l'astronomie la publication de son grand ouvrage sur les mouvements des corps célestes. La crainte des persécutions lui fit retarder pendant trente ans l'impression de son livre, et ce n'est qu'à son lit de mort, déjà frappé par Tapoplexie, qu'il put en toucher de ses mains défaillantes le premier exemplaire.

La nouvelle théorie se répandit lentement : condamnée par TËglise, elle trouva dans Kepler, dans Galilée, et enfin dans Newton, des défenseurs qui ne se contentèrent pas de l'adopter telle quelle, mais qui, par d*immortels travaux, la portèrent au plus haut degré de perfection et de certitude.

Copernic, en démontrant la réalité du double mouvement de la Terre et des révolutions des planètes autour du Soleil, n'avait pas déterminé les éléments des orbites de ces corps. C'est au grand Kepler qu'est due la découverte des lois qui régissent ^ces mouvements, découverte rendue possible par les nombreuses observations de Tycho-Brahé et les siennes propres.

Nous allons, après avoir rappelé quelques faits exposés dans l'Introduction, donner les nombres relatifs aux éléments des orbites planétaires; puis énoncer les trois grandes lois auxquelles Kepler a eu la gloire d'attacher son nom.

Toutes les planètes sans exception décrivent autour du So« leil des courbes fermées à peu près circulaires, dont le sens est le même pour toutes, et dont les plans sont peu inclinés les uns sur les autres*

Le sens de ces mouvements est le même que celui de la rotation de la Terre, et en général de la rotation du Soleil et des autres planètes ; ils s'effectuent donc tous d'occident en orient, ou de droite à gauche pour un observateur qui serait piacé au centre commun, de manière à avoir la tête dans l'hémisphère nord de la voûte céleste.

Enfin, le plan de l'orbite reste, pour chaque planète, ainsi que sa moyenne distance au Soleil, k peu près invariable.

La première loi découverte par Kepler est relative à la forme des orbites. Elle s'énonce ainsi :

Vortite de chaqvs planète est vm eUipsedont le Soleil occupe un des foyers.

Nous avons déjà vu que telle est la forme de l'orbite terrestre, déterminée par les variations de distance de la Terre au Soleil, ou ce qui revient au même, par les variations de grandeur qu'on observe, pendant le cours d'une année, dans le diamètre apparent du disque solaire.

La forme d'une ellipse dépend de l'élément qu'on nomme excentricité, qui est la distance du centre de la courbe à son foyer, exprimée au moyen du demi-grand axe pris pour unité. Une ellipse est d'autant plus allongée ou excentrique, que son excentricité est plus considérable ; d'autant plus rapprochée du cercle que cette quantité est moindre. Les orbites de Vénus, de Neptune, de la Terre, sont presque circulaires. Les plus allongées sont celles de Mercure et d'un grand nombre de petites planètes.

L'excentricité connue, ce qui achève de déterminer l'orbite d'une planète, c'est la position et la longueur de son grand axe. Ce dernier élément est donné par la troisième loi de Kepler, quand on a déterminé la durée de la révolution sidérale.

Il résulte évidemment de la première loi que la distance d'une planète au Soleil varie continuellement dans le cours d'une révolution, et prend toutes les valeurs possibles entre deux distances extrêmes qui correspondent aux deux positions occupées par la planète, lorsqu'elle se trouve à l'une ou à l'autre des extrémités du grand axe de l'orbite.

La second^ loi de Kepler est relative à la vitesse dont

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