‹ Eléments de cosmographie: Ouvrage rédigé conformémerit aux programmes officiels de 1866 pour lChapitre 64 sur 105 · ANNEAUX DE SATURNE · texte numérisé non relu

ANNEAUX DE SATURNE

est loin d'être nulle, il en résulte que le Soleil éclaire tantôt l'une des faces du système, tantôt Tautre. En deux positions diamétralement opposées, le Soleil n'éclaire plus l'anneau que par sa tranche : c'est alors l'époque des équinoxes d^ Saturne

Fig. 116. — Phases des anneaux de SatonM.

Que résulte-t-îl, pour la Terre, de ces positions diverses? Évidemment que les anneaux, par des effets de perspective, dont la figure 116 peut rendre aisément compte, apparaissent tantôt plus, tantôt moins ouverts; pendant une moitié de l'année de la planète, la partie antérieure de l'appendice se projette sur l'hémisphère nord; pendant l'autre moitié, la ::ourbure est en sens inverse, et nous voyons le bord recou« vrir une partie de Thémisphère sud. Enfin, à deux époqnes, l'anneau n'étant plus éclairé que par la tranche, disparaît à peu près entièrement. Les instruments les plus puissants

montrent alors une légère ligne lumineuse dans le prolongement de Téquateor de Saturne, et sur le disque une ligne obscure.

Saturne, outre le système de ses anneaux , possède huit

Pig. 117. Orbites des satelUtes de Sttarne:

satellites ou lunes, dont voici les noms, les distances au centre de la planète et les durées des révolutions sidérales :

Distances

Durées

en kil.

des révolutions.

URANDS. 2^3

Distances en rayons de Saturne.

Mimas 3.36

Encelade.... 4.31

Telbys 5.34

Dione 6.84

Rhea 9.55

Titan 22.14

Hyperion.... 26.78 Japet 64.36

Le plus brillant et le plus volumineux de ces huit satellites est Titan, qui a l'éclat d*une étoile de 8* grandeur ; viennent ensuite Japet, Rhea et Mimas ; les 5 autres sont trop faibles pour qu'on ait pu mesurer leurs diamètres.

Titan a 5300 kil. de diamètre, ce qui lui donne un volume plus de trois fois aussi grand que le volume de la Lune.

UBANL'S.

Les anciens ne connaissaient pas d*autres planètes que celles que nous venons de décrire : ils ne connaissaient non plus ni les satellites de Jupiter, ni ceux de Saturne. En 1610, Galilée découvrait les satellites de Jupiter et en 1655, Huygens, le 4* satellite de Saturne. Mais il y a moins d'un siècle que le monde solaire s'est trouvé enrichi d'une planète nouvelle par la découverte d'Uranus.

C'est le 13 mars 1781, entre 10 et 11 heures du soir qu'Herschel, occupé à explorer avec son télescope la constellation des Gémeaux, y découvrit une étoile dont le diamètre considérable fixa son attention. XI recoBSUt bientôt que le nouvel astre se déplaçait, et le prit d'abord pour une comète. Les observations, soumises au calcul parles géomètres, finirent par démontrer qu'il s'agissait là d'un corps dont la grande distance au Soleil et l'orbite presque circulaire ne pouvaient laisser de doute sur sa nature : c'était bien une véritable planète.

Uranus a le plus souvent, — cela dépend de sa distance à la Terre — l'éclaf d'une étoile de sixième grandeur. Il «si

donc géoéralement visible à l'œil nu. C'est là du reste une petitesse toute relative qui tient à Timmense distance où il se trouve moyennement du Soleil et par suite de la Terre^ et à la faible intensité de la lumière que le premier de ces astres lui envoie. Mais si on l'examine avec une lunette d'un fort pouvoir grossissant, la forme circulaire du disque apparaît avec netteté , et son diamètre apparent devient susceptible de mesure.

L'orbite décrite par Uranus autour du Soleil enveloppe Torbite de la Terre à une si grande distance, qu'il est impossible d'apercevoir dans le disque de la planète aucune apparence de phases. Elle tourne pour ainsi dire toujours ver.s nous sa moitié éclairée.

Cette orbite n'est pas un cercle parfait, mais bien, comme celles des autres planètes , une courbe ovale , de sorte que, pendant tout le cours de sa révolution qui dure environ 84 ans — plus exactement 30688 jours -* la distance d'Uranus au Soleil varie sans cesse, s'élevant au maximum à 740 millions de lieues, au minimum, à 675 millions, en moyenne à 708 millions. C'est, on le voit, une différence de 65 millions de lieues entre ses distances aphélie et périhélie. De la distance d' Uranus et de ses dimensions apparentes,

on a conclu ses dimensions réelles, qui en font un corps sphéroïdal 72 fois aussi volumineux que notre Terre: le diamètre de son globe est 4.16, celui de la Terre étant pris pour unité.

C'est 13 000 lieues environ pour le diamètre, 41500 lieues pour la périphérie de

Fig. 118. Urano^eUa^Terre; dimcnsioni ^ planète. La figure 118

montre les grosseurs comparées d'Uranus et de la Terre.

Les astronomes ne sont pas d'accord sur la question de savoir si le globe d'Uranus est parfaitement sphérique on s'il est aplati à ses pôles de rotation. W. Herscbel affirmait ce

N£PTUN£. 245

dernier fait, et Mœdler a déterminé^ il y a quelques années, un aplatissement d un diiième, qui laisserait supposer une grande vitesse dans le mouvement de rotation d'Uranus sur son axe.

Quant à la durée de cette rotation, elle est inconnue, le disque d'Uranus ne laissant voir, à cette distance, aucune particularité, aucune tache.

Uranus est le centre des révolutions de 4 satellites ou lunes. On avait cru en voir 6 et même 8 ; mais des observations récentes dues à l'astronome Lassell ne paraissent pas laisser de doutes sur l'exactitude du premier nombre. Voici leurs noms, leurs distances au centre d'Uranus, et les durées de leurs révolutions :

Distances en rayons d 'Uranus.

Ariel 7.44

Umbriel 10.37

Titapia 17.01

Oberon .22.75

A une distance moyenne du Soleil de 1 107 000 000 de lieues, c'est-à-dire de plus de trente fois le rayon de l'orbite de la Terre, circule la plus éloignée. des planètes connues du système. L'orbite presque circulaire qu'elle décrit autour du foyer commun est si étendue, qu'elle ne met guère moins de 165 ans à accomplir sa révolution totale.

Cette planète est Neptune. Vingt ans à peine nous séparent de l'époque où elle a été vue pour la première fois, de sorte qu'elle n'a pas encore parcouru sous nos yeux la huitième partie de son orbite. La date récente de sa découverte et l'immense éloignement où la planète se trouve de la Terre expliquent donc aisément le peu de données qu'on possède sur Neptune. Mais un autre genre d'intérêt vient en partie compenser cette insuffisance : je veux parler de la méthode même qui a servi de base à la découverte de la planète et qui

rons Distances en kilomètres.

Durées des révolutions.

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