PETITES PLANÈTES
l'existence d'une multitude de planètes fort petites qid séparent précisément le premier groupe du second.
LES PETITES PLANÂTES.— LES AÂROLITHES. — LA LUMIÈBE ZODIACALE.
Nous avons déjà dit qu'avant la seconde moitié du dixhuitième siècle, le nombre dés planètes connues n'était que de six. La découverte d'Uranus porta ce nombre à sept. Enfin, le premier jour du dix-neuvième siècle, le 1" janvier 1801, Tastronome Piazzi découvrit une planète nouvelle k laquelle fut donnée le nom de Gérés, et qui, circulant autour du Soleil à une distance comprise entre celles de Mars et de Jupiter, parut venir combler précisément la lacune signalée entre ces deux dernières planètes par Tilius et Bode ^.
La découverte de Gérés fut suivie, de 1802 à 1807, de celles de trois autres planètes, Pallas, Junon et Yesta, les deux premières situées, comme Gérés, entre Jupiter et Mars, et à des distances du Soleil peu différentes, paraissaient confirmer l'hypothèse, émise alors, que c'était les débris d'une plus grosse planète qui avait fait jadis explosion dans ces régions du ciel.
Jusqu'en 1845, le nombre des petites planètes se réduisit aux quatre que nous venons- de nommer ; mais depuis, les découvertes se sont multipliées, et il est rare qu'une année se
1. On nomme loi de Bode ou de Titius une relation empirique qui paraissait exister entre les distances des principales planètes au Soleil. Si l'on pose la suite des nombres : 0, 3, 6 ^ 12, 24, 48, 96, 192, et qu'on ajoute 4 à chacun des termes, on trouve : 4, 7, 10, 16, 28, 52, 100, 196, qui représentent à peu près les distances au Soleil de MeFCure, Vénus, la Terre, Mars, — Jupiter, Saturne et Uranus. On voit qu'entre Mars et Jupiter il y a une lacune, et c'est cette lacune que vint combler la découverte de Gérés. Mais la distance de Neptune est 300, tandis qu'elle devrait être 388, si la loi en question était autre chose qu'une relation fortuite.
passe, sana qu'on en trouve de nouvelles. On en connaît aujourd'hui 94 (octobre 1867).
Dans l'état actuel des connaissances relatives à ces petits astres, les 04 petites planètes forment une agglomération tout entière comprise dans une zone située entre Mars et Jupiter, mais principalement dans la moitié de Tintervalle la plus voisine de la planète Mars.
Leurs orbites sont tellement entrelacées qu'un astronome contemporain, M. d'Arrest, y trouve la preuve évidente d'une commune origine: t Un fait, dit-il, semble surtout confirmer l'idée d'une liaison intime qui rattacherait entre elles toutes les petites planètes; c'est que, si Ton se figure leurs orbites sous la forme de cerceaux matériels, ces cerceaux se trouveront tellement enchevêtrés qu'on pourrait, au moyen de l'un d'entre eux pris au hasard , soulever tous les autres. » A répoque oti ces lignes étaient écrites, on ne connaissait encore que 14 petites planètes; depuis, parmi les nouvelles planètes découvertes, 66 sont venues se placer dans l'intervalle des deux extrêmes. La comparaison de d'Arrest, et la conséquence qu'il en tire , acquièrent donc par cela même un nouveau* degré d'évidence.
La laideur de la zone qui comprend les orbites des petites planètes est d'environ ISO millions de kilomètres ou 45 millions de lieues. Dans cet intervalle même, les planètes sont très -irrégulièrement distribuées, puisqu'on en compte 71 dans la moitié de la zone située du côté de Mars, 18 seulement dans l'autre moitié. Il résulte de ces nombres que les orbites des 82 petites planètes les plus rapprochées du Soleil ne sont séparées en moyenne les unes des autres que de la faible distance de 320 000 lieues, un peu plus de trois fois la distance de la Lune à la Terre.
La forme de leurs orbites est elliptique, comme celle de toutes les orbites planétaires. Mais leurs excentricités sont pour la plupart assez considérables : ainsi l'orbite de la planète Polymnie est si allongée, que sa distance aphélie surpasse la distance . périhélie de plus du tiers de. la distance moyenne.
Les plans des orbites sont très-diversement inclinés les