ÉTOILES FILANTES
vérifier aisément cette circonstance. Mais il y a des exceptions à ce fait général, et Ton a vu des étoiles de ce genre décrire, avant de disparaître, des courbes sinueuses.
Leur éclat est aussi très-variable : quelques-unes ont surpassé en grandeur apparente les étoiles permanentes les plus brillantes, et mJme Vénus et Jupiter. Leur couleur varie pareillement. Sur un nombre donné d'étoiles filantes observées, on a trouvé que les deux tiers environ étaient blanches, tandis que le jaune, le jaune rouge et le vert caractérisaient l'autre tiers.
On a pu déterminer les hauteurs d'un assez grand nombre d'étoiles filantes au moment de leur apparition, et Ton a trouvé des nombres très-différents, depuis 8 jusqu'à 60 et même 100 kilomètres. Leur vitesse est aussi très-variable, mais en général elle est considérable, atteignant et dépassant la vitesse de translation de la Terre dans son orbite. L'observation a constaté un fait d'une grande importance, qui jette une vive lumière sur l'origine des étoiles filantes et révèle leur nature cosmique. En étudiant la direction des routes tracées dans la voûte céleste par les étoiles filantes, on s'est aperçu que le plus grand nombre rayonnaient d'un même point de cette voûte, en se dirigeant d'ailleurs vers les parties les plus opposées et les plus diverses de l'horizon. L'étoile Gamnia de la constellation du Lion est le point de départ des essaims de novembre, tandis qu' Algol^ dans Persée, paraît être le centre rayonnant des étoiles périodiques du mois d'août. De plus, ces points restent les mêmes pour tous les horizons de la Terre.
Il faut conclure de là que les étoiles filantes sont des corps lumineux dont le mouvement est indépendant de la rotation de la Terre , dès lors , généralement situés en dehors de l'atmosphère ; et cette conclusion est singulièrement cor-, roborée par cet autre fait, que les points rayonnants du Lion et de Persée sont précisément ceux vers lesquels se dirige notre globe dans son mouvement de translation autour du Soleil, aux deux époques de novembre et d'août.
Il est donc extrêmement probable que les apparitions d'étoiles filantes sont dues à la rencontre que fait la Terre
d'un ou de plusieurs anneaux composés de myriades de petits corps, circulant comme les planètes autour du Soleil, et dont les mouvements parallèles, vus de la surface de la Terre,
Fig* ^i. — Anneau de corpuscules météoriques circulant autour du Soleil.
semblent diverger du point même du ciel où notre planète ;se dirige. Telle serait, en effet, dans cette hypothèse Tapparence des trajectoires de ces corps, d'après Jes lois de la perspective.
Les bolides sont des masses lummeuses de forme circu^ laire ou plutôt sphérique, et d'un diamètre apparent et sen*
BOLIDES; AÈROLITHES. â55
sible. Gomme les étoiles filantes ils apparaissent tout à coup, mais en général ils se meuvent plus lentement et disparaissent au bout de quelques secondes. Leur lumière est ordinairement moins viv^, mais leurs dimensions apparentes beaucoup plus considérables suffisent pour compenser cette différence d'intensité. L'illumination du paysage due à la présence d'un bolide approche quelquefois de celle de la Lune. La plupart laissent derrière eux une traînée lumineuse , d'autres en outre se brisent en éclats, et parfois cette rupture est accompagnée d'explosions semblables k des décharges d'artillerie.
Les apparitions de boUdes sont beaucoup plus rares que celles des étoiles filantes; le nombre total des observations enregistrées s'élevant tout au plus à mille, en y comptant celles dont les annales des peuples anciens ont gardé le souvenir.
Circonstance curieusoi et qui semble prouver une parenté d'origine entre les étoiles filantes et les bolides, les apparitions de ces derniers météores sont plus fréquentes en ao6t et en novembre qu'aux autres époques de l'année, et le nombre total de juillet à décembre surpasse aussi celui des bolides observés de décembre en juillet.
Les hauteurs des bolides, mesurées au-dessus de la surface du sol, sont souvent très-considérables : elles varient entre 12 et 500 kilomètres. « Il faut donc en conclure — c'est Ârago qui parle — r que l'incandescence subite des bolides se produit bien au delà des régions où l'on suppose aujourd'hui que les couches de l'atmosphère terrestre sont tellement raréfiées qu'on doit y regarder comme impossible toute action de ces éléments sur la matière des globes filants. »
Les aérolithes ou pierres tombées du ciel , se rattachent intimement k l'apparition des étoiles filantes et des bolides. Un grand nombre de faits viennent à l'appui de cette manière de voir. Gilons-en quelques-uns. Le 26 avril 1803, àTAigle, département de l'Orne, quelques minutes après l'apparition d'un grand bolide, se mouvant du sud-est au nord-ouest et qu'oQ aperçut à Âlençon, à Gaen et à Falaise, une explosion effroyable, suivie de détonations pareilles au bruit du canon
et d'un feu de mousqneteriei partit d'un nuage noir isolé dans un ciel très-pur. Un grand nombre de pierres météoriques encore fumantes forent trouvées à la surface du sol, sur une étendue de terrain qui ne mesurait pas moins de 11 kilomètres, dans le sens de sa* plus grande longueur. La plus grosse de ces pierres pesait moins dô 10 kilogrammes.
Plus récemment, dans la soirée du 15 mai 1864, l'identité des aérolithes et des bolides a été mise hors de doute par l'apparition, l'explosion et la chute d'un splendide météore qui a pu être observé sur une grande étendue de la France. Un globe d'une lumière éclatante, laissant derrière lui une traînée blanchâtre, se sépara en plusieurs fragments semblables aux étoiles d'une fusée et disparut. Un bruit pareil au grondement prolongé du tonnerre suivit l'explosion de quelques minutes, et une pluie de pierres qui eut lieu sur* une région d'environ deux lieues carrées permit d'examiner la nature de la substance d'origine extra-terrestre qui composait le bolide.
Les minéralogistes et les chimistes ont fait l'analyse des aérolithes avec un grand soin , et il a été reconnu que leur composition est à peu de chose près la même, quelle que soit la différence que présente leur aspect extérieur. L'oxygène, le soufre, le phosphore et le carbone, la silice et l'alumine, la potasse, la soude, des sulfures de fer, des parcelles de fer à l'état métallique et magnétique, d'autres métaux tels que le nickel, le cobalt, le manganèse, l'étain, le cuivre, etc.,^etc., ont été reconnues parmi les substances dont les aérolilhes sont formés.
Il est digne de remarque qu'aucun des corps simples trouvés dans les pierres météoriques n'est étranger à notre planète. Les combinaisons chimiques de ces corps ne diffèrent pas non plus de celles que nous connaissons, si l'on en excepte toutefois deux ou trois composés, dont l'un, le schreiberzite, a été reproduit récemment par les procédés du labo* ratoire.
Nous avons encore à parler, pour achever la description
lumière: zodiacale* 257
des corps qui composent le monde solaire, d'un phénomène dont la nature est évidemment cosmique et qui accuse aussi Teiistence, autour du Soleil,. d'un immense anneau de ma-* tière nébuleuse.
C'est principalement dans les soirées voisines de Téquinoie du printemps, en mars ou avril, ou bien dans les matinées de réquinoxe d'automne, avant le lever de l'astre, qu'on aperçoit une large lueur s'élevant en forme de cône dans le ciel étoile.
C'est ce qu'on nomme la lumière zodiacale.
L'éclat dont brille cette lueur est comparable à celui de la Voie lactée, ou encore à la queue de certaines comètes, laissant voir au travers, par sa transparence, jusqu'aux plus petites étoiles. Cependant, selon Mairan qui s'est beaucoup occupé du phénomène, dans les jours les plus favorables k l'observation, sa lumière est plus intense que celle de la Voie lactée et plus uniforme; moins blanche toutefois, et tirant un peu sur le jaune ou le rouge dans les parties les plus voisines de l'horizon. Ce n'est alors que vers les extrémités qu'il put apercevoir les petites étoiles sur lesquelles la lueur se projetait.
Parmi les explications qu'on a données de ce phénomène singulier, la plus vraisemblable est celle qui fait de la lu* mière zodiacale un anneau nébuleux aplati, ealourant à une certaine distance le Soleil. Il est remarquable, en efl'et, que la direction de l'axe du cône ou de la pyramide, prolongée sous l'horizon, passe toujours par le lieu du Soleil. La figure 122 rend compte de l'apparence du cône lumineux audessus de l'horizon de nos climats.
On a cru d'abord que cette direction coïncidait précisément avecl'équateur solaire; mais il parait plus certain que c'est avec le plan de l'orbite de la Terre, ou de l'écliptique.
L'amplitude du grand axe de l'anneau est variable, ou si l'on vent, la distance du sommet du cône au milieu de sa base à l'horizon est plus ou moins considérable suivant les époques. Des considérations géométriques fort simples permettent d'en conclure que l'anneau lumineux tantôt s'étend c usqu'àForbite de la Terre, et même la dépasse, tantôt est ren<
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fermé à rintérieur doucette même orbite. Ce qu*on peut expliquer de deux manières, soit en admettant que la forme de Tanneau est elliptique ou .ovale, soit, s'il est circulaire, en supposant qu'il est excentrique au Soleil. Maintenant, de quelle nature est cette masse lumineuse?
Fig. 132. — Direction de l'axe de la lumière zodiacale»
Faijt-il la considérer comme une zone de vapeurs abandon* nées k l'origine par le SoleU, alors que notre étoile centrale
Sassait de l'état de nébuleuse à celui d*une sphère fluide conensée? C'était là l'opinion de Laplace.
Une autre hypothèse, qui se rattache d'ailleurs à cette dernière, considérerait la lumière zodiacale comme formée de myriades de corpuscules solides, analogues aux aérolithee,
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circulant dans un mouvement d'ensemble, mais séparément, autour du foyer de notre monde solaire. La lumière de l'anneau serait produite alors par l'accumulation de cette multitude de points brillants, réfléchissant vers nous la lumière empruntée par chacon d'eux au Soleil.
Cette explication rendrait compte de la variation d'intensité de la lumière zodiacale, à des époques différentes ; il suf* firait d admettre que la condensation des corpuscules ou la densité de l'anneau, n'est point la même dans toute son éten* due, et que son mouvement de circulation autour du Soleil en présMUte successivement à la Terre les diverses parties. Dans ci. cas, il resterait à examiner si cet anneau lenticulaire de matière est distinct de la zone d'aérolithes dont nous venons du parler, et dont l'existence parait décidément admise dtus la science.
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