‹ Eléments de cosmographie: Ouvrage rédigé conformémerit aux programmes officiels de 1866 pour lChapitre 76 sur 105 · COMÈTES REMARQUABLES · texte numérisé non relu

COMÈTES REMARQUABLES

La plus brillante de toutes, la comète de Donati, a fait son

apparition en 1858. Aperçue à Florence, pour la première

fois, le â juin, par l'astronome dont elle porte le nom, elle

^devint visible à Tœil nu vers les premiers jours de septembre

Tig. iW. — Comète de Donati ; octobre 1858, d'après Bond.

et bientôt se distingua, au milieu des constellations boréales,

par réclat du noyau brillant et le magnifique développement

de àa queue. Les comètes de 1861, 1862 et 1865 ont été

• auBsi fort remarquées. : ; I

- Les problèmes qui se rattachent à l'étude de la constitution physique deis comètes sont nombreux et d'une solution .difficile.

On peut se demander, en premier lieu , quelle est la nature de la matière qui les compose, si cette matière est entièrement gazeuze ou si les noyaux renferment des parties liquides ou même solides; quelle est leur masse, quelle est leur densité, si la queue est de même nature que la chevelure ou le noyau ; en vertu de.qj^eUe influence se forment ces appendices singuliers, qui, presque nuls quand la comète est éloignée du Soleil, se développent à mesure qu'elle s'en approche, pour diminuer ensuite, et finalement disparaître datis la seconde moitié de l'orbite de l'astre, mais en présentant toujours cette circonstance remarquable que leur direction est à l'opposé du rayon veQteu^. qui joint le noyau de la comète au Soleil.

Vient ensuite la question de la lumèr^ qui rend les comètes villes dans l'espace. Les comèites brillentrelles d'un éclat qui leur est propre ; empruntent-elles leur lumière au Soleil, où bien nous envoient-elles des rayons provenant à la fois de ces deux sources? D'autre part^ peut-on cpnjecturer quelque chose de plausible sur leur teippérature , subies changements qu'apportent à cet élément les prodigieuses variations de distance qui sont la conséquence deJ'extrënie allongement dé leurs orbites î

Enfin, quelle est la cause des modifications que subisaent ces astres étranges, non-seulemept d'une révolution à Taiitre, mais, sous nos yeux mêmes, pendant la courte durée d'une apparition unique? Non-seidement, la queue seforme^ se développe, diminue et disparaît^iiptais encore l'envelop^ même du noyau est sujette à de curieuses^ti^BsfermfttiflnSi: \

 ces questions d'un grand intérêt, et, il faut le dire, encore bien obscures, s'en joignent d'autres qui ont eu, à plu- ' sieurs reprisés, le privilège de captiver l'attention du publie. La comète périodique de Gambart a failli, en* 1832, rencontrer la Terre. Que fut-il résulté d'un pareil événement?

n y a un siècle, les savants considéraient encore les comètes con^me des astres dont la rencontre avec notre globe \ ou avec une planète quelconque pouvait amenw pour ces der-^ niers corps les plus funestes conséquences.

« Quand on considère le mouvement des comètes ^ dit

INFLUENCES DES COMÈTES. iU

Lambert dans ses Lettres eosmôlogiques^ et que Ton réfléchit sur les lois de la pesanteur, on s'aperçoit sans peine cpie leur approche de la terre pourroit y causer les événements les. plus sinistres, y ramener le déluge universel, ou ia faire périr dans un déluge de feu, la briser en menue pousuèrei ou du moins la détourner de son orbite, lui enlever sa lune, qui pis est, l'enlever elle-même, l'emporter au delà des régions de Saturne, et nous faire souffrir un hiver de plusieun siècles, auquel ni les hommes, ni les animaux ne seroienl capables de résister. Les queues mêmes des comètes ne seroient plus des phénomènes sans conséquence, si en s'éloi^ gnant de nous, les comètes les laissoient, en tout ou en partie, dans notre atmosphère. »

Aujourd'hui les astronomes semblent bien revenus de cet craintes. Non-seulement, selon eux, la probabilité du chou est si faible qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter d'un tel événement ; mais encore la masse des comètes parait une si petits fraction de la masse du globe terrestre, que le choc dont il s'agit serait tout à fait insensible.

Cette manière de voir s'appuie sur des considérations et sur des faits qui la rendent très-probable , du moins pour le plus grand nombre des comètes. Les perturbations énormes qu'elles subissent de la part des planètes, quand elles passent dans leur voisinage, sans influencer elles-mêmes les orbites planétaires d'une manière sensible, la diaphanéitéde leurs noyaux dont quelques-uns ne peuvent masquer la lumière des étoiles les plus petites, prouvent bien que les masses de ces corps sont excessivement faibles, si on les compare aux masses des autres corps du monde solaire.

Mais en serait-il de même de toutes les comètes? A notre avis, il est an moins prudent de ne pas trop généraliser en pareille matière. S'il existe des comètes dont la nébulosité parait entièrementgazeuze, et si diaphane que de petites étoiles sontrestées visibles au traversde la chevelure, il en est d'autres dontlenoyauestsansdoutefortdense, puisque leur lumière était assez vive pour être perceptible en plein jour, même dans le voisinage du Soleil. On a évalué la masse de la comète de Donati à environ la sept-centième partie de la masse de la

î272 CHAPITRE VII. LES COMÈTES.

Terre. « C'est, dit M. Faye, le poids d'une mer de 16 OOO lieues carrées de superficie et de 100 mètres de profondear ; ety il faut bien Favouer, une telle masse, animée d'une vi— tesse Considérable, pourrait bien produire, par son choc avec la Terre, des effets sensibles. »

De la chaleur propre aux comèles et de la nature de la lumière qu'elles émettent, on sait peu de chose encore ; mais ce qui est certain, c'est que la chaleur que ces astres peuvent rayonner vers la Terre est sans influence sensible sur la température , sur les éléments météorologiques terrestres. Le préjugé populaire, ainsi qu'il lui arrive souvent, a concla d'une simple coincidence à une relation de cause à effet ; on parle encore du vin de la comète^ comme si la brillante cb* mèté de 1811 avait été pour quelque chose dans rezcellence d'une récolte, dont an petit coin de notre globe a d'ailleurs seul joui.

Gmjjd

Page 1