‹ Eléments de cosmographie: Ouvrage rédigé conformémerit aux programmes officiels de 1866 pour lChapitre 90 sur 105 · NAVIGATION · texte numérisé non relu

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lears sont obligés d'avoir recours, du moins pour contrôler, toutes les fois que le ciel et le temps le leur permettent, les résultats de Testime. Toute la question, pour eux, est de pouvoir déterminer la latitude et la longitude du navire.

£n observant, à l'aide d'un instrument particulier appelé sextanty soit une étoile, soit le centre du Soleil, ils obtiennent la distance zénithale de l'astre, et par des formules connues en déduisent à la fois la latitude et l'heure du lieu où ils se trouvent. Il faut, pour cela, observer une des étoiles dont la position est donnée par les tables de la Connaissance des temps.

L'heure du lieu étant connue, en observant celle que marque un chronomètre réglé sur le méridien de Paris, la différence de ces deux heures donne la longitude.

Gomme les chronomètres sont des instruments très-délicats, sujets à se déranger, les marins obtiennent l'heure de Paris en observant certains phénomènes astronomiques dont l'instant est calculé d'avance, pour Paris même, dans la Connaissance des temps. Ce sont, par exemple, les éclipses de Soleil, — celles de Lune seraient excellentes, s'il était possible d'observer avec quelque précision le moment où l'un des points du disque entre dans l'ombre; — ce sont encore les éclipses des satellites de Jupiter et les distances d'étoiles connues au bord du disque de la Lune.

Les tables de la Lune, perfectionnées par les progrès successifs des théories astronomiques, ont permis aux astronomes de calculer d'avance les distances d'un certain nombre d'étoiles remarquables au centre de la Lune, pour tous les jours de l'année, et telles qu'on les observerait du centre de la Terre. Les heures précises où ces distances ont lieu sont données en temps vrai de Paris, et la Connaissance des temps les marque de trois en trois heures.

Après avoir réglé son chronomètre sur le temps vrai du lieu où il se trouve, le marin observe la distance angulaire d'une des étoiles au centre de la Lune, et il la réduit, par des formules connues, à ce qu'elle serait s'il observait du centre de la Terre. Consultant ensuite la Connaissance des temps, il trouve l'heure de Paris correspondante, et en faisant la

différence avec l'heure du lieu, en déduit la longitude du navire.

On peut aussi arriver au même résultat en mesurant la distance des deux centres du Soleil et de la Lune, le commencement ou la fin d'une éclipse, enfin les occultations des étoiles par la Lune.

Quant aux éclipses des satellites de Jupiter, dont nous allons parler bientôt à un autre point de vue, ce sont aussi des phénomènes dont les instants précis sont calculés d'avance par les astronomes et insérés dans les tables à l'usage des navigateurs. Gomme ils ont nécessairement lieu au même instant physique pour tous les points de la Terre, le marin qui les observe et qui consulte en même temps les tables, peut donc trouver l'heure correspondante de Paris. En comparant cette heure à celle du lieu, il a aussi sa longitude.

Telles sont les principales applications de l'astronomie à la navigation. Grâce à elles, le marin peut déterminer sa route avec une exactitude que les moyens ordinaires ne comportent pas, et qui sert d'ailleurs de contrôle à ces moyens euxmêmes.

LES UARéES. — BATITES ET BASSES MERS. — PÉRIODICITÉ DES MARÉES COMPARÉE AU MOUVEMENT DE LA LUNE. — MARÉES DES STZYGIES. — CAUSES DES MARÉES. — HAUTEUR DE LA MARÉE DANS UN UBU DONNÉ; ÉTABLISSEMENT DU PORT.

Nous venons de voir quels services l'astronomie rend chaque jour à l'art de la navigation, en permettant aux marinsde fixer avec exactitude la position de leurs navires à la surface des mers. Elle leur rend encore des services d'un autre ordre en calculant à l'avance l'intensité des marées, et en indiquant les heures où l'entrée et la sortie des ports sont plus ou moins favorisées par ces phénomènes.

Tout le monde sait que deux fois par jour, & 12 heures 25 minutes d'intervalle environ, les côtes de l'Océan offrent .

le spectacle de la marée moDtante : le flot peu à peu s'élèvei envahit la plage qu'il recouvre k une hauteur de plus en plus grande, et après 6 heures d'intumescence atteint son maximum. C'est d'ailleurs un beau tableau que celui de ces lames frémissantes qui viennent, avec une croissante fureur, battre les galets et le pied des falaises, en projetant dans l'air leur écume salée.

A peine l'instant de la haute mer est-il atteint ^, que le flot ou le flux cesse; la marée descendante commence, et le jurant ou le reflux succède au flot, La mer abandonne alors la plage qu'elle avait envahie, et peu à peu redescend jusqu'à son point de départ : on s^ alors la basse mer ou la marée basse. Puis recommence une nouvelle marée montante, suivie d'une basse mer, et ainsi de suite.

11 faut dire que l'instant de la basse mer n'est pas au milieu de rintervalie qui sépare deux pleines mers consécutives, le flux éiant d'une durée plus courte que celle du reflux, ou, si l'on veut, la m?r mettant plus de temps h. descendre qu'à monter. Cette différence varie suivant les ports : de 16 minutes seulement à Brest, elle est, au Havre, de 2 heures 16 minutes.

Tel est, en gros, le phénomène des marées. Si Ton s'était borné k l'observation de cette périodicité des mouvements de la mer, la science n'eût pas pénétré bien profondément dans le mystère de leurs causes; elle ne pourrait prédire, comme el'e le fait sûrement aujourd'hui, l'intensité des marées pour les différents ports, les époques précises des plus hautes mers, offrant ainsi à la navigation des indications précieuses.

Avant d'aborder l'exposé des causes, nous allons donc, pour nous conformer à la marche naturelle de la science, préciser davantage les faits.

L'intervalle de deux pleines mers, avons-nous vu, est de 12 heures 25 minutes. Il en résulte que, d'un jour à l'autre, la pleine mer retarde de 10 minutes. Ainsi, la période journalière du phénomène est précisément égale au jour lunaire, qui dure aussi 24 heures 50 minutes. En djautres termes,

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