Méthode expérimentale de Senarmont'. — La
» i)K Senakmont, Aint. de Ckiw. 1847, XXI, 457; 1848, XXII, 179; XXIII, 257: 1850, XXVIII, 27t).
CONDrCTIBILlTK POUR LA CHALËIR. 491
substance à étudier est taillée sous forme d'une lame mince, sutfisamment étendue pour pouvoir être considérée pratiquement comme indéfinie; elle est percée en son milieu d'un petit trou qui permet de l'enfiler sur une tige conique d'argent ; cette tige, chauffée à une distance suffisante de la plaque, apporte constamment au milieu de celle-ci de la chaleur qui se répand tout autour du petit trou. La plaque est couverte de cire qui fond jusqu'à une certaine limite, dont la forme, visible après le refroidissement, montre comment la conductibilité varie dans les diverses directions.
On peut également remplacer la tige d'argent par un petit tube où circule un courant d'air chaud ou de vapeur, ou, comme l'a fait M. V. v. Lang ', par une aiguille échauffée par un courant électrique qui la traverse. Pour éviter de percer la lame à étudier, M. Jannettaz* applique simplement contre sa surface une petite boule métallique travereée par un courant électrique. Ou peut aussi remplacer la cire par de la graisse, qui fond à une température plus basse, ou par un enduit de iodure de cuivre et mercure, qui passe du rouge au brun vers 70"^'. M. Rontgen * a employé un autre procédé, qui consiste à produire un léger dépôt de rosée en soufflant sur la plaque bien nettoyée, puis à la toucher pendant un temps très court avec une pointe chauffée. La rosée s'évapore tout autour de la pointe dans un espace nettement limité à chaque instant, et on
' v. V. Lang, Pogg. Ann, 1868, CXXXV, 29.
• E. Jannettaz, a B. 1872, LXXV, 940, 1082, 1501; 1874, LXXVIII, 41 S, 1202; 1875, LXXXI, 1254; 1882, XCV, 996; 1884, XCIX, 1019; 1892, CXIV, 1352; Bull Soc. géol. 1873, I, 117, 252; 1874, II, 264; 1876, III, 499; 1876, IV, 116, 553; 1877, V, 410; 1878, VI, 203; 1881, IX, 196; Bull Soc. min. 1878, I, 19; 1884, VIT, 469; J. de Phya. 1876, V, 150, 247; Ami. de Chim. 1873, XXIX, 5; — Notice sur les travaux de P.-M.-E. Jannettaz, Meulan 1882.
» A.-M. Mater, PhU. Mag. 1872, XLIV, 257.
♦ KôNTQEN, Pogg. Ann. 1874, CLI, 603; Zeitsch. f. Kryst. 1879, III, 17.
492 PtOPSIETE* THeSJIIQrE«.
fixe rimais en U unpoadniit rapidcmeot de lTC<^»ode, qui n'adbère qu'aux points encore humides.
I..es coarbes isothermes ainsi obtenaes sont des ellipses, an moins tant que la lame pent être considérée comme échauffée par on seal point : les ellipses se rêdaisent à des cercles si la «lyraétrie do cristal implîqae l'égalité de ctwdnctibiHté dans les diverses directions parallèles à la lame.
Ainsi (|ue Dnhamel ' Ta démontré, ces ellipses, lorsque les coefficients rotationnels sont nais, sont, dans chaqne cas, semhlables à l'intersection de l'ellipsoïde principal par le plMS de la lame.
390. Les ellipses sont orientées d'nne manière qaelconqae dans le système tricliniqne (tig. 473). Dans le prisme rhomholdal oktiqne elles sont symétriques par rapport an plan de
Kl);, ■llï. KiB. 474.
Hviiiétril' (fit,'. 474) sur une lame parallèle à l'axe, et ont sur les aiitren faces une orientation non assignable a priori. Dans le pi'iHme rlioinbdïdal droit elles sont symt^triquenient disposées sur les faces parallèles aux axes de symétrie.
Dans les cristaux ù un axe elles sont toujours symétriques
' DniAiiKf., ./. -/' rÉcol'- pi.hil. l.'*4a. ,\1X, 155.
CONUUCTlblUTb: fUCK LA (JUALEUU. 493
j»ar rapport à la section principale (âg. 475), et se réduisent à des cercles sur une face perpendiculaire à l'axe.
Dans les cristaux cubiques, enfin, on a des lignes isotherxnes circulaires, quelle que soit la face étn- <3iée'.
Il sera donc possible, par l'étude d'un nombre suffisant de lames d'orientations difléreutes et connues, de déterminer, non pas les dimensions absolues, mais la forme et la position de l'ellipsoïde principal. Les axes principaux de cet ellipsoïde ont la direction des axes de conductibilité et sont propor- "'^' *'^'
tiouDels aux racines carrées des conductibilités principales, qui pourront être mesurées ainsi en valeurs relatives.
Ainsi, dans le quartz, l'ellipsoïde est allongé suivant l'axe principal dans le rapport de 1,3 à 1 ; la conductibilité suivant l'axe est à la couductibilité perpendiculairement à l'axe dans le rapport de (1,3)* à 1, c'est-à-dire de 1,69 à 1.
391. Nous donnons ci-dessous, à titre d'exemples, quelques chiffres empruntés aux travaux de M. Jannettaz :
a) Cristaux quadratiques.
k, et k^ sont les conductibilités parallèlement et perpendiculairement à l'axe principal.
Rutile /k^l/'k7 = 0,80 Cassitérite 0,71»
Zircon 0,90
' L> reUtion des figures isothermes aTec la symétrie des cristaux a été conitaLée par tous les auteurs cités au paragraphe précédent, par t>eDarmont et par M. Januettaz en particulier sur des cristaux naturels de tous les tys* tèmes, par M. v. Lang sur des cristaux artificiels uniaxes, par M. Pape sur le sulfate de cuirre triclinique. Pirs, Wied. Ami. 1S77, 1, 126.
4i»4 PR0PRIKTK8 THERMIQUES.
b) Oi'istaiix hexagonaux.
Antimoine \lï^l{ hr — 1,59
Quartz 0,76
Calcite 0,91
Sidérose 1,09
c) Cristaux rhomliques.
^**> K^ h se rapportent respectivement aux axes cristallographiques des X, des Y et des Z choisis d'après les conventions i\\x § 42.
Barytine /Av/V A*.. = 1,06 y Av /v X; = h03
Célestine 1,04 1,08
Anglésite 1,12 1,14
Stibine 0,69 0,54
d) Ciislaux clinorhombiques.
h'y se rapporte à Taxe de symétrie, li^ à celui des deux axes de conductibilité contenus dans le plans de symétrie qui est le plus rapi)roché de Taxe cristallographique vertical, et Tangle u qu'il forme avec ce dernier est considéré comme positif quand l'axe de conductibilité est compris dans l'angle obtus des axes cristallograpliiques (comme l'axe OB de la fig. 467, § 372).
Gypse t "â"; t h- = 0,8 \ a-, / v' l- = 0,65 a = + 17" Ei)idote 0,93 1,09 —14'^
M. Jannettaz a observé que, dans tous les corps qu'il a étudiés, les axes de plus grande conductibilité sont, pour autant que la symétrie le permet, parallèles aux clivages les plus faciles. La chaleur se propagerait donc plus facilement dans les directions suivant lesquelles les molécules sont plus rapprochées (§156j.
D'après de Senaimont ' , il n'en est pas de même dans an corps isotrope soumis à une compression; la conductibilité, étudiée bonjours par le même procédé des courbes isothermes, est dans <^e cas plus faible parallèlement que perpendiculairement à là compression. Matteucci a observé l'inverse dans le bismuth.
D'après M. Jannettaz, il existerait auâsi une relation entre la conductibilité et l'élasticité. Cet auteur a observé que, dans les cristaux clinorhombiques, la direction de l'élasticité maximum sur un disque dont on ébranle le centre est généralement parallèle à la direction de plus facile propagation de la chaleur.
392. Mesure des conductibilités normales. — Un second procédé d'étude consiste à réaliser autant que possible les conditions du mur de Fourier, dont nous avons parlé au § 379. Si l'on a une lame à faces parallèles, suffisamment étendue pour que l'on puisse négliger l'influence de ses bords, dont les deux faces soient maintenues à des températures diiférentes et connues, et si l'on mesure la quantité de chaleur qui la traverse dans l'unité de temps lorsque le régime permanent est établi, cette quantité de chaleur, rapportée à l'unité de surface de la lame, est la composante F,, du flux total estimée suivant la normale à la lame. La formule du § 380
permettra de déduire A:,,, et par suite le rayon vecteur correspondant à cette direction de l'ellipsoïde inverse. L'étude d'un nombre suffisant de lames d'orientations connues et difl'érentes donnera donc la position , la forme et les dimensions absolues de cet ellipsoïde, c'est-à-dire la position des axes de con-
* DE SiNARMONT, Ativ.de Clmu. 1848, XXIII, 257. — Matteucci, ibid. 185o, XLIII, 469.
«M^ir Âi^. .1^ .sku^ V^ '^^'^ y^^ •m9«rii?'îr lie «mc
fAïUif^ ^1^ ^ Û0inÂh: »j realiié. ha^^iu'ù j a on fliu de dukvr. I i'^iUtUSftH fU: t^rivip^b^ur^ 11^ peut |Hi£ s'tiablir. La fari^; f ap^U^tiêérfii ni d'mtt loanière qocm ne f&at 4m$^ la t'/nàthn ii/|aide tre^» miiiee qui est en contact innaMiat 4 ^w 1^ MÈrtswAcn. (aMh erreur e!$t sortoat à craindre si le liquide lié'Mt ini% \Hiknejfup meilleur condacteur qae la lame. Enfin la ifiemiie iUtn qiiantitéi^ de chaleur qui passent est une opération imluMét et exigi^iit des c^>rrectious délicates'.