CONDUCTIBILITÉ ÉLECTRICITÉ
nomènes, a reconnu que la conductibilité est très variable d'un échantillon à l'autre d'une même substance cristallisée, et augmente rapidement quand la température s'élève, bien entendu tant qu'aucune modification profonde du cristal n'intervient. L'intensité du courant de charge ou de décharge (§ 422) varie avec le temps, mais à un instant donné elle est toujours proportionnelle à la force électromotrice et en raison inverse de l'épaisseur de la lame étudiée. Dans la plupart des cristaux, la conductibilité parait due en grande partie, si ce n'est en totalité, aux inclusions liquides qu'ils contiennent; elle disparait ou diminue beaucoup par la dessiccation.
Souvent aussi on observe une conductibilité apparente résultant d'altérations superficielles des lames étudiées ' .
Dans beaucoup de corps, le mica par exemple, le courant, intense au début, diminue d'abord rapidement, puis de plus en plus lentement; dans d'autres, tels que le spath d'Islande, le courant est très faible et à peu près constant dès le début, et pendant longtemps, puis diminue après un temps considérable.
Le quartz présente dans la direction de l'axe une conductibilité assez forte qui baisse progressivement pendant des heures et des jours entiers. Il perd cette conductibilité s'il a été chauffé au rouge pendant longtemps. Perpendiculairement à l'axe, sa conductibilité est très faible et tend rapidement vers zéro.
452. MM. Warburg et Tegetmeier* ont trouvé qu'une lame de quartz perpendiculaire à l'axe, à travers laquelle on fait passer un courant à l'aide d'une pile puissante, à une température de 200 à 300^, acquiert une force électromotrice inverse qui peut atteindre 150 volts; la lame peut ensuite se décharger comme
» BouTY, Afin, de Chim. 1891, XXIV, 425.
« Warburo et Tkoetmeikr, Wied. Ann. 1887, XXXII, 442; Gœtt Nachr. 1888, 210.
une pile secondaire, et reyient, au bout de plusieurs heures, à son état primitif. Toutefois, si la charge a été trop forte, le quartz est modifié, et ne laisse plus passer, après qu'il s'est déchargé, le courant fourni par une pile de faible force électromotrice.
Si la lame est placée entre deux électrodes de mercure, dont la positive contienne du sodium, la conductibilité ne diminue pas avec le temps, et lorsque l'opération a eu une durée su£Gisante, on retrouve, dans l'électrode négative, du sodium dont le poids correspond à la quantité d'électricité qui a traversé le quartz. MM. Warburg et Tegetmeier en concluent que le quartz contient un composé sodique qui s'électrolyse pendant le passage du courant, et auquel est due la conductibilité du quartz suivant l'axe. M. Beckenkamp ' attribue ce rôle au liquide alcalin contenu dans les inclusions, lequel serait aussi répandu moléculairement dans toute la masse du cristal/
453. Conductibilité superficielle des diélectriques cristallisés. — M. G. Wiedemann* saupoudrait de lycopode la surface du cristal, et appuyait en son milieu une pointe fine sur laquelle il déchargeait une bouteille de Leyde. La poudre était projetée par la décharge, et laissait une figure circulaire ou elliptique suivant la symétrie du cristal. Le grand diamètre de ces ellipsoïdes correspondait à la direction suivant laquelle la constante diélectrique a la plus grande valeur.
De Senarmont ' est arrivé à des résultats analogues par un autre procédé. La face du cristal était recouverte d'une feuille d'étain percée d'un trou rond de 15 à 30 millimètres de diamè-
' Beckexkamp, Zeitsch.f. Knjst. 1889, XV, 511.
* G. WiEDEMAXN, Popg. Atifi. 1849, LXXVI, 404; LXXVII, 534; Die Lchre (ier Eh'ctricitàt, Brunswick 1883, II, 67. » De Senarmont, C. K. 1849, XXIX, 750.